‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 2)Chapitre 142 sur 356 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

!>• Ilionnear de la croix lesmoigné parles anciens. Preuve neurvie^oio.

f*9yditcy-deBSUs que les anciens avoient en usage le bois de la saincte croi^ , pour boRorer en icoluy Jésus- Christ crucifié : d'autant quo riionncur de la croiy se rapporte tout ou prucifix. Or cccy a esté tesmoigné en Tanliqui lé par plusi(Mirs moyens.

El |»remierement par les lieux honorables dans lesquels ils logcoicnt les pièces de la croii. Nous avons vcu quelVmporeur Constantin en mit une dans sa propre Statua, en un lieu fort honorable de Constantinople , comme une sainptc défense c)e toute la ville. S. Chrysostomo nous a tesmoigné qu'on enchassoit les autres en or, et (es pendpit-on au col, par honneur.

S. Uri'goire de Nissene nous a dit quo 6ta Macrine en porloit une dans unccpoix d*argent. Theodoret, Ruflln ,S. Paulin, et Jti autres, raconte quMlclone Ht dresser un magnifique temple sur le mont de la croix, lout lambrissé en or, dans la sacristie du-

2uel estoit précieusement gardée une pieco c la croix. S. Paulin envoya une pelilc pièce d'Icelle à S. Sulpicc, pour la consécration d'une église : « Nous avons trouvé, » dîtril , dequoy vous envoyer pour la sanc- » tiûcatiOD du temple et pour combler la

» heufidicUon ^es idinctes reliqii^ : c'est

» à sçavoir, uno partie d^une petite pièce D du buis de la divine croix. » Et le mesme Paulin mitparhonneur, en une belle église de Noie , une pieco de I4 croix , avec les Hiliques dos Saincts dans le maistre-autel| avec ces vers :

Hir pieiat, hie a'ma /Met, hiegloria ChriiH^

Hic Cil martyt (but cf ux tocîata $ms. Ifam erueit è ligno, magnum brecis Kailulm

pignuif

Tolaqm in exiguo tegmine, 9ix erwia eit. Ooc êttlanœ «aif/fli deli^tum munere Noiûmj

Summum Jerotolimœ renit ab urbe bonum, Sanrta l)eo geminum vêlant allaria honurem^

Ctim rrure apnflolirot quœ Moriant einerêt t Quémbenejunguntur, lignoerueii onQpiorumB

Pro cruce ul oecms in crucê iil rtquiêi.

C'est-à-dire,

Ici la piété, la foy, la gloire encore De noire Redempifur «e irt>uveni assembleii Iry la Sdincle cruii à soy tient accouples Les corps des saincis martyrs, que pour siens ellf

honore I Car pour peu qu'il y ayt de ce bois admirable, Le gage en est irés-grand, et le moinifre fesio De touie la grand'croii tient toute la Tenu , l<I'esiaut Qioins que sou tou^ à nous fous veQS-

rable.

Cest de Jérusalem qu'un bien sf grand et rare Nou5 arriva jadis par le devost bien-f.iit De Meieine qui fui Ue nom saionie, etd'elTel; Qui d'un si riclie doi} ne nous fui point avare; Ces grands ||i saincis autel», quoy que couverle-

ment, Présentent au grand Dieu double honneur doq-

bjemen^.

Ayant aveo la crpix les cendres glorieuses Des aposires aussi, reliques précieuses , Qui sont bien à propos joiiitei» en me»me lieu : Cy la croix , là le» os des serviteurs di* Dieu , Lesquels 4mre»rois iports pour la croix en ce

monde, Ore en la mesme croix prennent leur paix profonde.

Et S. Ambroise dit qu'IIelcne fit sagement, laquelle leva la croix sur le chef des roys , QÛn que la croix fust adorée des rovs.

%. Par les pèlerinages que Ton faisoit en Ilierusalcm pour visiter la saincte croix, a Uolcno laissa une partie de la croix en » une chasse d'argent , pour souvenance et » monument à ceux qui seroicnt conduits » du désir de le voir. » Ce sont les parolles de Socrato : et S. Paulin dit quo celte picrc-là n'cstoit monslrée sinon les Testes de Pasquos. « Horsmis à la requosie de » quelques devostes personnes qui alloient » seulement en pèlerinage en Uierusalmn f

L*ESTEI«DART Ml LÀ BàmOÈ^Mm.

» pour voir cette saincte relique, en re- » compense de leur long voyage. » Et tesmoigne que Ste Hélène a voit este en Uierasalem à cet ofTcct , et en avoit apporté une petite pièce du sainct bois. Ainsi Jean Moscus , Eviralus, ou Sophronius , racontent que Tabbé Grégoire avec Tallelœus firent ce pèlerinage ensemble , et que Tiibbé Jean Anachorète avoit accoustumé de le faire bien souvent.

3. Par Tadoration solemnelle de cette mesme croix qui estoit en Hierusalem « La- » quelle ( et ce sont les parolles de S. Pau- » lin ) l*evesque de cette ville-là produit » toutes les années à Pasques , pour eslre » adorée du peuple, lui estant le premier à » rhonorcr, » Fpiscopus urbis ejuê quo^ lariniê, cum Pascha Domini agilur, adorandam populo^ princeps ipse veneraniium promit. El ceux qu'Eviratus raconte y avoir fait pèlerinage y alloienlpour adorer la saincte croix , et les lieux vénérables, comme dit expressément l'histoire.

4. Mais il y a bien plus; car auparavant mesme que la croix fust trouvée par Hclene, les chrestiens monstroient en quel honneur ils avoient ta croix , honorant mesn^e le lieu où elle avoit esté plantée. Ce qui est touché pcir tous les autheurs; mais beaucoup plus expressément par Sozomene , qui dit : < Que les ennemis de la croix » avoient dressé un temple à Venus, dans » lequel ils avoient mis Tidole d*icelle , à » celte intention , que ceux qui adoreroient » Jesus-Christ en ce lieu-là , semblassent » adorer Venus , et qu*à la longueur du » temps la vraye cause vinst en oubly , » pour laquelle les hommes honorent ce 9 lieu-là.» Donc les Gentils virent que les chrestiens honoroient ce sainct lieu , auquel Nostre-Seigneur avoit esté cruciGé.

Combien plus eussent-ils honoré la saincte croix?

5. Et partant Lactance Firmien , avant que la croix fust trouvée, avoit déjà escri t :

FUcte genu , Ugnwmque cnteii venerabih odora.

Plie les genoux , et adore le bois vénérable de la croix.

oozomene, après avoir raconté l'histoire de rinvention de la croix, et les merveilles qui 8*y firent : c Et cela, dit-il, n*est pas » tant esmerveiilabie, principalement puis-

» que les Gentils mesme conlM » cecy est un vers de la sybille :

» 0 lignum felis in quo Deui ipi9 ;

» 0 bois heureux qui tiens Dim » en toy pendu ? car personne > qu'on voulust par tous rooye » battre contre cecy) ne le sçaur » donc le bois de la croix, et sa vei » a esté presignifié par la sybille ses mots.

6. Parce que les anciens eslim beaucoup de s'enlre-honorer, qui donnoient les uns aux autres de de la croix par présent, comme no veu d'Helene et Constantin, de Sli et de Paulin , et de Snipice. Ainsi goire-le-Grand envoya à Reccarc des Visigoths, une particule de comme un grand présent : comi mémoire de nos pères, le roy desi envoya par honneur un pareil pr roy Emmanuel de Portugal , par 1 Arménien , son ambassadeur, coi gage de la fidélité de son alliance.

7. Les anciens ont honoré h luy attribuant [Plusieurs noms hou conime Hélène et S. Ambroise Tonl « Estendart de salut, triomphe d » Christ , palme de la vie eterni » demption du monde, espée de » le diable a esté tué, renicde de i » talité, sacrement de salut, boi » rite. » S. Paulin l'appelle « De; » la vie présente, gage de letcrnel » de très-grande bénédiction. » 1 evesque de Hierusalem , rappelle » bien-heureux , croix qui a esté » gloire du Seigneur. » Justinian reur : Sacrum christianorum i « Signe sacré des chresliens. » Et S. Cyrille, au récit du traitteur rappelle ce Bois salutaire; » et il Trophée du roy Jésus. » Euseb< » très-heureux. » Lactance, « Bois » ble. » Ainsi Pantiquité Ta non cent noms Ires-venerables.

8. Quelques-uns des anciens p estimé que ce mesme bois de I croix seroit reparé , et comparoi:

ciel le jour du jugement , selon U de Nostre-Seigneur (i) : a Alors a » Ira le signe du Fils de l'homme «

(1) MtUh. xxiT.

Page 1