‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 2)Chapitre 141 sur 356 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

irta de la croix tesmoignée parles andens. Preuve huiciiesme.

anciens ayant considéré les raisons ous avons tirées cy-devant de l'Es- 3 saincte , pour Thonneur et vertu du 3 la croix , et ayant esté asseurez de nombre de miracles que Dieu avoil 1 iceluy, ils Tont employé comme fensc et rempart contre toutes sortes irsitez. Ils sça voient que la conserde ce sainct bois avoit esté toute miuse , en ce qu'elle avoit esté cachée c qui l'eussent abolie, s'ils Teussent e; et mcsmement aux Gentils qui int beaucoup la terre oi!i elle estoit» diûcr le temple de Venus.

li d'avoir esté trois cent trente ans n dans la terre sans pourrir.

Is avoient veu les miracles de son ion : 4 . En ce qu'elle avoit esté rek Hélène pardivine révélation. 2. En ! par l'attouchement d'ia^llo , la maincurable de cette dame avoit esté , et UQ homme mort ressuscité. Gela

fut cause qu'ils la mirent en usage comme un grand remède et préservatif.

Et partant Hélène envoyant un des doux de la croix , pour mettre en la c4)uronQe de Constantin son ûls , afm qu'il fust en ayde et secours , pour la teste de son Gis , et en repoussast les flesches des ennemis , Qui prœsidio eêsetcapitifiliiêui, et hostium telà repellerel (ce sont les parolles de Theodoret) , elle envoya encore à l'empereur une pièce de la croix , < laquelle in » continent qu'il eut receuë', estimant que » la ville où elleseroit gardée seroit main- » tenue saine et sauve, il l'enferma dedans » sa propre statue', laquelle futcolloquée » à Constantinople , en la place nomiaée » de Constantin , sur une grande colomne » faite de pierre de porphire. » Voilà comme parle Socrate.

De-là est arrivé c Que tout le monde s'est » efforcé d'avoir ce bois : si que ceux qui » en ont quelque peu l'enchâssent en or » » et la mettent à leur col , estant par-là » beaucoup honorez et magnifiez , munis » et contregardez , quoy que ç'aye esté » le bois de condamnation. » S. Chrysostome parle ainsi. Et S. Cyrille de Hienisalem parlant des tesmoignages de Jésus* Christ : < Le bois de la croix en tesmoi » gnage , dit-il , qui apparoist entre nous, 9 jusques aujourd'hui, et entre ceux les* » quels prenant d'iceluy selon la foy , en » ont remply, dès ce lieu , presque tout le » monde. » Et ailleurs parlant de la passion : « Si je la niois , dit-il , le Qilvaire » duquel nous sommes tout proches me » convaincra : le bois de la croix me con- » vaincra , lequel dès icy a esté espars en » tout l'univers par petites pièces. » Et S. Grégoire Nissene raconte que Ste Maori ne avoit accoustumé de porter une pièce de la vraye croix enchâssée dans une petite croix d'argent.

Toutcecy se rapporte à ce que S. Paulin en dit plus expressément, escrivant à Severe, là où ayant dit qu'on ne pouvoit avoir aucune pièce de la vraye croix qui estoiten Hierusalem , sinon par le congé de l'evesque, il continue en cette sorte ; « Par » la seule faveur duquel on a cebiend'a- » voir de petites pièces et particules de » ce bois sacré , pour une grande grâce de » foy et bénédiction : laquelle croix mesme » ayant une vive vigueur en une matiera

L*ESTElftf AAf tffS lA 8AlWStfe*GR0nr.

» insffftsîWe, elle prwle dès ce trmp«-là, » et fournit de son bois aux désirs prcsqne » tons les jours infinis des hommes. Et » pour tout cela elle n'en amoindrit point i ji et n'en sent point de perte, et demeure » comme si on n'y avoit point touché ; les » hommes prenant tous les jour» d'icelle, » partagée et divi<ée Thonorant tousjours » neantmoins tout entière. Mais cette • vertu incorruptible et indommaj^eable, » ou imperissablesoliditt^f a esté imbeu{^ et » tirée du sang de la chair , laquelle ayant » souffert la mort , n'a point vcu la cor- » ruplion. »

Le latin est plus beau : Cnjus Episcôpi lantum munere de eadem eruee , pars fTiftfttfa sacri H y ni , ad magnant fidei el henedicdonis gratiam haberi dalur : qnœ guidem crux in mateHa in$en8ata , vim vivam lenrns , ita ex illo tempore innufneriê pêne quoiidie hominum votis , /ignum $UHm eommodal , ut deirimentum non nentiat , et quasi intacta permaneat guotidie dividuam sumeniibtuf, et semprr totam venerantihus , sed istam imputribiletn virtntem , et indelebilem solidilatent , de itiius profeeto earnis sang^iine bibit , quœ passa mortem, non vidit corruplionem.

Voilà pas de grands tesmoignnges de la vertu de la croix? Tout le christianisme en vouloit avoir en co temi»s-là; et Dieu, se montrant favorable à cette dévotion , multiplioit le bois de la croix , à mesure que l'on on Icvoit des pièces; signe évident que l'E<;lise de ce temps-là avoit une autre forme que la reformation des novateurs.

Le me.-me S. Paulin , envoyant à S. Sulpîce une petite pièce de la croix : a Recc- » vez, dit-il, un grand présent, en peu de » choses, et en une roigneure presque in- » divisible d'une petite bûchette, recevez » une défense pour la vie présente, et un » » gage de reternello. »

Ainsi lui-mesme raconte que voyant brusler à NoiJl , par un embrasement presque incroyable, une maison qui ostoil visà-vis do Tegliso de S. Fclix, il s'eslança contre le feu , et Tesleii^nit par la vertu d'une pièce de la croix qu'il tenoit.

J)$ €rucis œlemw tumptum miki frtiçminê

Ugnum,

fr^mo^ iènentque manu, adversii procul inyero

fîûmmism

Profit , «I noittûm eôpiôvii flamimë sàkkm, Itêe mêa «o», mil dêmtrm Ulmm^ $êé «ié ffwii

Gomme seroît à dire :

Je prends de ce tainct bois de la eroix, tt m Jiii Un Keuf eschanliTTon k travers de re feo ; L*on connut (ont soudain fombien il «▼oilpeir La flamme respeeunt notre saint, a'érrMie. Ce ne fui point rot voix ny ma nain plus

Terruil : 4nque Iotq de qu9 mrr^xtrmf #fM«, Ul efrrumtepiam pnrtrHpto Hmine /fimiau* Sidéré , et exHnffui, fremiln moHente ro^Wf, Ht rtnere esportam rineri rêwuare prottHimi Quanta erueii rtr/tia, ut $e naiwm rêNn^mal^ Omnia ligna voranM, ligno cruHg uriiurignUX Vieerat igniê aquam, nos ligno extinriwm

Mal^ refTorl de ta rroîx qui îiil fli cette peor, Kt qui U oontraiffnitde perdre sa fureur. Là m^ame où elte «voit esté plus violent«i f E» comme l'on n'eutl peu M rage confiner. On la vil de la cendre en cendre retourner. Quelle est donc, 6 cliresUens! de cette crofi li ^ . forei?

Puisque contre elle en vain la naiare t'effWree, S'abandonne soy-mesme et lui quitte ses droitai Puisque le feu bruslanl iou»e sorte de bois, Par le bois de la croii brusie de telle sorie: Tcsmoignant que le feu avant aurmonté l'eau, Pouvoil esire vaincu , quel rdmA«lt nouvtai » Par le seul bois, pourveu que de la croix il sorte.

Evagrius récite que la ville d'Apamée estant reduile à rexlresmité par le siège de Cosroas, les habitans prièrent leur ereèque, nommé Thomas, de leur monstrer une pièce de la croix , qui estoit là. Ce qu'il fît, la jïortant autour du sanctuaire : « Et alon » une flamme du feu resplendissant, et doq «brusiant, suivit Thomas, allant de lin » en lieu , si que toute la place , en laquella » s'arrestimt , il monslroit la veneraWê » croix au peuple, sembloit brusler: et » cecy fut fait non une fois ou deia, mail » plusieurs : chose laquelle présagea le» » lut d'Apamée, qui s'ensuivit depuis.! Ce sont presque les parolles d'Evagrius, qui recite cecy comme tesmoin oculaire.

Ce n'est donc pas merveille si S. Aa« broise, parlant du bois de la croix, dit «Que c'est un remède pour le salut» et » qtie par une puissance invisible il toiuw » mente les diables. » Et S. Cyrille , qiie, ju^ques à son temps , le bois de la croii qui estoit en Iliertisalcm guerissoil les toa* Intlos , chassoit les diables et les charmes. Et S. Oreioiro-lc-Grand , livre 3 de ses epistres, episire 3^ , parle de l'huile de I4 saincle croix, laquelle en touchaut gueria*

UfWlf qiAVITHKX,

nili El B0d« lemoig^e que e*e$toit une bnile qui sortait de soy-mesme du bois de b croix. Voyez le grand cardinal Daronius, sous l'an 598.

Qu'est-ce que re<ipondra a toutcccy le tniitteur, dira-l'il que les tesinoins que je produits sont roprochablos? Mais certes ce lont tous aulhcurs graves : pcutt-estrc respMidrn-t'il que ce|)emianl ils n*allribuoienl rien à la sainrie croix , ou au seul signe dicelle. Mais nous avons dosja proleslé que la croix n'est que Tinslrument de Dieu èi œuvres miraculeuses , si que d*ellemesme elle n*a point do proportion avec telles opérations , le cas est lout semblable en la robbe de Nostre-Seigncur, et es os d'Hclîsë**. Je conclueray donc avec Justinieii l'empereur, que c'a estoit pour nous que la croix a esté retrouvée : liulene, ditil , mers de Constanlin-le-Grand , femme kres-devotc, nous a trouvé le sacré signe des chrestiens.

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