‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 2)Chapitre 156 sur 356 · Pareilles inepties et blasphesmes se · texte numérisé non relu

Pareilles inepties et blasphesmes se

• commettent autour de la lance; de la-

> quelle saincte lance la feste se célèbre -le vendredy après les octaves de Pas- -queSy et luy est adressée la prière suintante : Bien te soit , for triomphal ! qui ,

• entrant en la poitrine vitale , outres les

• hais du ciel ; heureuse lance , navre- *aou9 de l'amour de celuy qui a esté

• Ueasé par toy. »

Tailà les subtiles recherches que fait ce

plaisant f raitteur pour convaincre les catholiques d'cstre « Forcenez, rendus pu- » nais par l'idohistrie , et plus stupides » que lu bois ; » car c'est ainsi qu'il nous traitte. De Bcze lui avoit ouvert le chemin en ses marques de l'Eglise, que ce grand esprit do Sponde luy a si bien effacées, qu'il m'cust oslé l'cnnuy de respondre à ce poinct , si Dieu ne l'eust voulu lever des ennuis do ce monde , avant que son œuvre fust achevée.

Je responds donc au traitteur, à de Bcze , et à leurs semblables, cottant par ordre les griefs qu'ils ont peu prétendre en cet endroit, et les raisons pour les* quelles ils no sont recevables,

4 . Ils trouvent mauvais que Ton parle à la croix , qu'on la salue', et beaucoup plus qu'on l'invoque , puisqu'elle n'a ny sentiment, ny entendement : mais a ce compte, il se faudroit mocquer des saincts proph^ tes, qui en mille endroits ont adressé leurs parolles aux choses insensibles. « (0 0 » cieux , jeltez la rosée d*en haut , et que » les nuées pleuvent le juste , que la terre » s'ouvre , et qu'elle germe le Sauveur 1 » 0 cieux ! oyez ce que je dy, j'invoque à » tesmoin le ciel et la terre. (2) Bénisses , » soleil et lune , le Soigneur, loiiez-le , sevieil et lune; qu'as*tu, à mer, qui ta » fasse fuyr, et toy, ô Jordain , que tu 4 sois retourné en arrière? »

5. André ne vit pas sitost la croix en laquelle il devoit estre cruciûé, qu'il s'ea^ cria sainctement : a 0 bonne croix qui as » reccu ton ornement des membres de » mon Seigneur, long-temps désirée , soi- » gneuscment aymée , cherchée sans re- » lasche, et enfîn préparée en mon esprit, » reçoy-moy d'entre les hommes , et ooe » rends à mon maistre , afin que oeluy-lè » me reçoive par toy , qui par toy oi*a r»- » cheté. B

La dévote Paula , entrée dans l'estable où Nostre-Scigneur nasquit, avec des larmes entremeslées de joye , soupiroii en cette sorte : « Je te saluô , ô Bethléem \ » maison de pain, en laquelle est né œ » pain qui est descendu du ciel. Je te sa* » lue, Ephrata, région tres-fertile et porte- » fruict , de laqucUo Dieu est la fertilité. »

Lactance parlant du jour de I9 resurreo tien : « Salve » [esta die$ (dit-il) Mo v#»

(1) Istja , UT, t. — (!) PsaL euTiu.

L'ESTENDART DE Là SAHIGTB GROOL

» nerabUii œvOy Je te salue, à jour, en tout » temps vénérable. » Ce sont des façons ordinaires aux araes vivement esprises de quelque affection. Qui ne sçayt combien les apostrophes et prosopopées sont en commun usage à toutes sortes de gens ? Et quelle plus grande ineptie que de faire le Gn à reprendre semblables termes? et quel danger y peut-il avoir en ce langage :

Donne aax bons accroUt de JaiUee, Pardonne aux pecbeara leur malice*

qui a son patron et modèle en l'Escriture saincte , et mille traits des plus anciens pères pour garants? La rosée qu'Isaye demande aux cieux n*est autre que le Sauveur. Et David demande au feu , gresie , neige , glace , qu^elles louent Dieu ; et S. André à la croix, qu'elle le rende à son maistre. Mais ces choses leur sont autant impossibles que de pardonner aux pécheurs.

Or quoy qu'en toutes ces manières de dire ses parolles s'adressent à la croix, au ciel , à la neige , et semblables choses inanimées , si est-ce que Tin vocation passe plus outre, et se rapporte à Dieu rt au crucifix. Voicy un exemple signalé : Josué desire que le soleil et la lune s'arrestent et partent au milieu de leur carrière. A quoy, je vous prie , &*adresse-t*il pour en avoir reflet? Quant à Tintention , pour vray il fait sarequesteâDieu : (1) Tuncloculus est Jotue Domino , in die qua tradidit jimorrhdeum in conspectu filiorum Israël; « Alors Josué parla au Seigneur en » la journée que Dieu livra TAmorrheenà » la veuë desenfans d'Israël.»

Voilà son intention qui va droict à Dieu ; mais quant à ses parolles, elles n'arrivent que jusques au soleil et h la lune : (2) Dixit que coram ei$ : Sol^ contra Gabaon ne moveaiis^ et luna, contra vallem Jjalon^ cEt dit devant iceux : 0 soleil , > n'avance point contre 6a baon , et toy, 6 » lune , contre la vallée d'Ajalon. » Voilà les parolles qui sont adressées au soleil et à la lune , et voicy l'effet qui ne part que de la main de Dieu : (3) Stetit itaque sol in medio cœli , et non festinavit occumbere spatio nnius diei r non fuit poslea et antea tam longa dies » obedienfe Deo voei hotniniss c Donc le soleil s'arresta au

(DM»ft,x,ls.-WlbM.-.mJeiié,T.l»,i4,ele.

» milieu du ciel , et ne se coucha » l'espace d'un jour : jamais auf »ny après, jour ne fut si grai » obeyssant ou secondant & la » l'homme. »

Cette prière donc (donne aux croist de justice) n'a que le son des parolles qui va à la croix , rintention se rapportent du tout fix. Quand Josué demande au g cesse son mouvement, c'est p qu'il l'arreste,: quand nous den la croix qu'elle pardonne aux ] c'est prier le crucifié qu'il nous par sa passion. Et si les paroîles mal adressées quant à leur prop cation , elles sont neanlmoins r par l'intention de ceux qui les p et n'y a aucune messeance , pan façons de parler sont ordinaires res , et bien entendues de ceux q pas chicaneurs et mal affectionne

2. J^ay donc assez respondu à que fait le traitteur touchant la :

et invocation de la croix, et par c< à ce qu'il peut alléguer de la pi en la rythme françoise, qu'il dl Heures faites à l'usage de Rome, seulement cette ame délicate , ayant dit que cette rythme se tn que en toutes les Heures, interpi coup son presque de celles seuli chel Jove, imprimées l'an 456) estre encore plus inepte, veut usage une vieille rythme platte 1 es Offices de Rome. Ne sçayt-il ne parle pas françois à Rome , offices? La médisance n'a soin qi 1er, sans se mettre en peine c comment. Or il veut faire passeï lomnie sous corde, parce que bic les libraires joignent avec les H un mesme volume, plusieurs 1 oraisons, aussi mal à propos congé ny raison.

Maisluy qui ose bien censurer l de S. Augustin, et en rejelter pièces , comme n'ayant le style vite assortissante aux autres, qu< soient comprises sous le mesme I t'il point connu que ces rythmes f et autres toiles oraisons , ne so appartenances de l'Office et des Boy? Il est sot s'il ne l'a oon

UTBE n, GHÀPITRB X.

ett impoBtenr s'il l*a considéré. Ce n*est pourtant pas pour absurdité que j'estime ettre en l'estofle de cette rylhme-Ià , que fen parie ainsi ; car elle ne contient rien qui n*aye une bonne intelligence , comme : S paroîst assez de ce quej*ay dit ci-devant. |

3. Autant en dis-je de la dévotion, dont le servent aucuns la semaine saincte , et des vendredis blancs , que le traitteur avance et tascbe de noircir. Ce sont observations dignes de luy, et ne touchent aucunement TEglise catholique; car ces dévotions n*ont aucune authorité publique, Vf ne sont jointes aux Heures , comme parties d*icelles. Nos calendriers approuva ne font mention ny des vendredis Uancs , ny des vendredis noirs. Une sot-. tiie ne laisse pas d^estre telle , pour estre imprimée, ou attachée au bout de quelques kiux livres. Si ne veux-je pas dire que la mbstance de ces dévotions soit mauvaise, n y a peut-estre quelques circonstances plus légères que vicieuses ; mais c'est une vanité intolérable, d'aller à la recherche de ces pointillés » au lieu d'une dispute sérieuse.

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