CHAPITRE m
Bi tequent et divers asage du ligne de la ereiz en l'ancienne loy.
On peut faire la croix, ou pour lesmoî- IBer que Ton croit au crucifix, et lors c'est iÊÎn profession de la foy; ou bien pour monslrer que l'on rsperc et qu'on met sa confiance en ce mesme Sauveur, et lors «•est invoquer Dieu à son aydc , en vertu de la passion de son Fils. Le traittcur veut iaire^roire que l'antiquité n'cmployoit le signe de lu croix , sinon pour le premier eflect : mais au contraire elle no rem-
intention ; maia aon plus ordinaire vs&ie estoit d'estre employée à demander ayde à Dieu.
S. Hierosme escrivant à Eustochium :
c A toute CBuvre , dit*il , à tout aller et re- 9 venir, que ta main fasse le signe de la s croix. »
S. Ephrom : a (4) Soit que tu dormes, ou » que tu voyages, que tu t'eveilles , ou que » tu fasses quelque ouvrage , on que tu «manges, ou que tu boives, ou que tu » navigues en mer, ou que tu passes les » rivières, couvre-toy de cette cuirasse, » pare et environne tous tes membres du » signe salutaire , et les maux ne te join- » dront point. »
TcrtuUien : é (2) A tout acheminement » et mouvement, à toute entrée. et sortie, » en nous vestant, en nous chaussant, aux » bains , à table , quand on apporte la lu- » miere , entrant en la chambre , nous as- » séant, et par toutou la conversation nous » exerce, nous louchons nostre front du » signe de la croix. »
» Fais ce signe , dit S. Cyrille (3) , man- » géant , beuvent, assis, debout , partant, » promenant, en somme on toutes tes af- » faircs. » Et ailleurs : a (4) N'ayons dune » point honte de confesser le crucifix : mais » imprimons asseurement le signe de la » croix avec les doigts sur nostre front, et n q ue la croix se fasse en toute autre chose, » mangeant, beuvant, entrant, sortant, » avant le sommeil, s'ussoant, se lovant , » allant et chômant. C'est icy une grande ndoffense, laquelle a cause des pauvres 1* est donnée gratis , et sans peine pour les » foibles , cette grâce estant de Dieu , le » signe des iideiles, et la crainte des dia- » bles. » S. Chrysostome : « (5) La croix y> reluit par tout es lieux qui sont et ne » sont habitez. > S. Ambroise : « (6) Nous » devons faire toute nostre œuvre au signe 9 du Sauveur. >
Or sus cet usage si libre et si universel de ce sainct signe peut-il estre réduit à 1& seule profession de foy? En toute œuvre, se levant le matin , se couchant le soir, la nuict en l'obscurité , et 6s lieux non habitez , à quel propos feroitron cette profes-
(1) De vtra pmnit., o. t. — (f) De cor. milidi.mm (a) Calfc. IV, illtim, - (4) Catk. xiii, illum, - (B,^ Qinèd Crittui iit Dtu». — (6) Serin, xliii.
VESnnDUT Mt Lk SUilCR CftOB;
rie» de Ibf où penonne ne laroUf maisil ▼ B plus ; ces peras qui recommande ot tant l'uKigc de ce signe, n'apportent jamais pour raison le seule profession de foy, mais e:>core la defTen^ et protection que nous en puuvoDS recevoir, comme d'une cuirasâe et corcolet à l'épreuve, ainsi que S. Hphrem i'uppclle. Or quoyque les anciens ayent rendu si gênerai le signe de la Cioix pour toutes les rencontres et actions de nubtre vie , comme une briefve et vive oraison extérieure, par laquelle on invoque Dieu ; si est-ce que je diray seulement comme elle a esté employée aux bénédictions, consécrations, sacremens, aux esorcismea , tentations , et aux miracles.