CHAPITRE VU
arle&quelles on fait le signe de la croix )Qt de ceux qu'on baplise , et en d'auUes f.
soit anciennement le signe de la tous les membres generulenient :
)s celte enseigne vivilianle en nos
dit S. Ephrem , en nos fronts »
touche, en la poictrine, et en s membres. x> Neuntmoins pour e, on signoil sur le front , comme isscz recueillir de ce que j*ay dit cy. Mais en voicy quelques faillit s'en faut que j'ayo honte de
de Jesus-Christf que je ne Tay \m litii secret ; mais ja ia porta
» au front. Nous recevons plasieara sa- » cremens en diverses manières, nous efi » prenons quelques - uns en la bouche • » comme vous savez, et quelques-uns en » tout le corps. Or parce qu'on a la honte » au front, celuy qui a dit : De ccluy'qui » a honte de mo^ devant les hommes, s j'auray honte de luy devant mon Père
> qui est es cieux ; il a mis sur le liea » do la honte et pudeur ki mesmc igno» » minie que les payena mesprisent. Vous » oyez un homme tançant quelque impa*
> dent dire : Il est effroolé , qu'est-ce à » dire cela : Il n a point de front, c'est* » à-dire f il e^it oshonté* Or ça donc, que » je n'aye pas Io front nud , que la croix » de mon Seigneur le couvre. » Voilà à la vérité une belle raison produite parles propres mots de S. Augustin , le traitteur citant à ce propos un autre lieu du mesnie docteur ;
â. Voicy la seconde raison : « (4) Les » posteaux des maisons d 'Israël estoient » oingis et enduits do sang , pourchasser » le mal-encotttr« ; les peuples chrestii^ns » sont signez du aîgna de la passion du » Sauveur, pour un préservatif de salut, s Ce sont encore porolles de S. Augustin , par lesquelles il monstre que comme les enfans d'Israël marquoient du sang de Tagaeau paschal lea posteaux et surseuils de leurs domiciles, pour estre garantis de l'exlormînation ; ainsi les cbresticns sont signez au £roB4, comme nu surseuil de tout l'homme , du signe du sang et de la passion de ragncuu , qui lave le péchez du monde , pour et«tre en aeaeurance contro tous les onnojnis do son salut. Lactanca dit le mesme en tre»-boilc façon. S. Ephrem le touche au livre de la vraye pénitence, et S. Cypricn le dit tout exprès en son livre second à Quirinus.
Le traitteur reconnoist cette raison couuno partie do S. Augustin et de Laft« tanc«, et tout ausaitost y joint ceUe censure : a Quoy que ce soit , c'a esté une fa- » çon introduite par imitation judaïque, et » non par commandement. Or jamais on na » se doit fonder sur le seul exemple de» » hommes, ains sur les règles générales 3> tirées du commandement de Dieu. Les » laraëliteauvoicntoommanâementdeDieu » de faire ce qu'ils ont fait aur l«iff)»auiw
4DSMé.lll,(
TESTENDART DE LA SAIUCTE CROIX.
» sentis , mais les cbrestiens n'ont point > esté commandez de se signer sur le >» front. Aussi en est procédé une tres- » pernicieuse erreur, naye premièrement » de simplicité, accreuë depuis par igno- » rance , et à présent débattue par opi- » niastreté, d*attribuer au bois de la croix » ce qui est propre au seul crucifié. » Voilà ie dire du petit traitteur, sur lequel j*ay à redire plusieurs choses.
4 . Que ce traitteur voulant censurer les anciens, de ce qu*ils approuvent une cérémonie non escrite, il ne met en avant aucune authoriiéescrite, pour preuversa censure : ny ayant point de commandement escrit de faire le signe de la croix , il ne le veut pas faire , ny ayant aucune prohibition escrite de le faire, je ne cesseray aucunement de le faire.
2. Que c'est une expresse ignorance ou beslise de dire que jamais on ne se doit fonder sur l'exemple des hommes : ains sur les règles générales tirées du commandement de Dieu. Où est-ii commandé de prier le genoiiil en terre ? Pour vray, Calvin ne Ta jamais sceu trouver en autre lieu , que là où Tapostre dit : « (4) Tout se » fasse honnestementet par ordre. » Mais, je vous prie , voyez cette conséquence : Tout se fasse honnestement et par ordre; donc il faut s'agenoililler en priant? Et quoy 1 ne seroit-ce pas honnestement et pîir ordre , d'estre assis , debout , ou du tout prosterné en terre? Pourquoy n'estce pas honnestement fait de se signer au front?
Quel commandement avoient Isaac et Jncob de bénir leurs enfans , S. Jean de porter des habits si grossiers, habiter es déserts, et non en la maison de son père, ne boire ny vin , ny cervoise , ne manger que locustes et miel sauvage, et porter cette ceinture de peau? Quant à la ceinture, il imitoit S. Helie (2) ; mais sans commandement : et cependant ce sont choses que les evangelistesont estimées remarquables , aussi les ont-ils remarquées. Quand Helisée (3) frappoit sur les eaux avec le manteau de son maistre, quel commandement en avoit-il? n'estoit-ce pas pour imiter ce que son maistre avoit fait peu auparavant? Lever et imposer les mains pour bénir , comme nous avons desjà remarqué
A) X Gw. ut, 4«..(i) IV. Uf . I, •.« (^ ili a, • «C M.
cy-dessus, où fut-il commandé? et neantmoins la practique en est tesmoignée par toute PEscriture.
Que c'est une fausseté de dire que les chrestiens n'ont point esté commandez de se signer sur le front ; car 4 . Puisque lesi> gne de la croix est une profession de foyel invocation du cruciGx , il est assez corn- * mandé de se signer au front , par tout oè il est commandé de faire profession de foy et invoquer Jesus-Christ. Ouy , dira le trotteur, mais on peut prier Dieu en autre sorte : je le confesse ; mais je dy qu'os peut aussi prier en celle-cy, aussi bien que levant les mains et les yeux. Et puisqu*aux généraux commandemens de prier Dieu, confesser la foy, et faire profession de sa religion , le signe de la croix n'est point forclos, pourquoy est-ce qu'on le f(vclora ?
Calvin, confessant qu'on ne sçauroit monstrer par aucun texte exprez que jamais enfant ne fut baptisé par les apostres, dit neantmoins tout hardiment que : « Toutesfois ce n'est pas à dire qu'ils ne 9 les ayant baptisez , veu que jamais ils 9 n'en sont exclus, quand i! est fait meo- » tion que quelque famille a esté bap- » tisée. » On ne peut pas, diray-jo de mesme, monstrer expressément que Toraison qui se fait par le signe de la croix soit expressément commandée; toutesfois ce | n*est pas à dire qu'elle le soit, veu que jamais elle n'est excluse, quand il est commandé de prier.
%. Item , si la fîgure est commandée, la chose figurée est bien assez recommandée, puisque la figure n'a esté practiquée que pour recommander ta chose Oj^urée, et nousasseurer de fevenement d'icelle. Or s'il faut plus croire à S. Cyprion , S. Augustin , S. Ephrem , et autres tres-ancieoâ pères, qu'à ce petit traitteur, Tarrousement des posteaux et surseuiis a esté figure du signe que l'on fait sur le front des chrestiens. Si donc la figure en fut corn- mandée aux Juifs, les chrestiens en oot assez de fondement pour tenir la chose fi^ gurce pour toute commandée.
La circoncision , (igure du baptesme, fut commandée pour les petits enfans en l'ancienne loy. Calvin ne fait point de difficulté de fonder sur ce commandement âût en la figure une certaine preuve ôb l'artî*
LIYRK m, CHAPITRE YD.
ptesme des petits enfans contre iste : pourquoy ne sera-t*il loisi- Lugustin , et aux autres pères, de lonsequence la marque du sang au imprimée sur rentrée des maiir monstrer le devoir que nous ) marquer nos fronts, comme le )e cette habitation terrestre, du la saincte Passion? Voilà bien ;ommandement.
i parce qu*il n*est pas du toutex- Ecriture, lesapostres le laisse- 'essement en Tautre partie de la chrestienne et evangelique, apidition : c Quelle que soit la conon et action qui nous exerce, luchons nostre front du si^ne de c. Que si tu demandes le comment escrit de ces observations, treuvcras point : on te met au la tradition pour aulhrice, la ne conûrmatrice , et la foy obser-
t les parolles de l'ancien Tertul- I. Basile disoit peu après : a Nous uelques articles qui sont preschez lise, de la doctrine baillée en es- DUS en recevons aussi quelques de la tradition des apostres, lais-
mystère, c'est-à-dire en secret, s tous deux ont pareille force pour
, et personne n*y contredit pour 'il sache quels sont lesdroicts eciques ; car si nous taschons de re- Bscoustumes non escrites comme t gueres importantes , nous contons aussi imprudemment les choessaires à salut , qui sont en TE-
; mais plutost nous ravallerons la tion mesme de la foy à une parolle vaine. De ce genre est (afln que ; le premier ce qui est le premier vulgaire) que nous signons du siia croix ceux qui ont mis leur es- 3 en Jesus-Christ , qui Ta enseiir escrit. »
fousouy, petit traitteur, ce grand
maistre , comme il tient l'obsere se signer au front pour toute iée, quoy qu'elle ne soit expresscrito? Que luy sçauriez-vous opîon qu'il est homme à vostre achet Et certes il est homme , mais stien, et tres-en tendu en la loy
evangelique, re^itanten l'Eglise an temps de sa plus grande pureté. Cesloit lors, comme l'appelle S. Grégoire Nissene :
« Une voix et trompette magnifique et Toeil » de l'univers. » C'estoit un seul evesque; mais accordant et de très-bonne intelligence en la doctrine et discipline ecclésiastique , avec tous ses collègues.
i. Enfin je voudrois bien que le traitteur cottast le temps auquel est naye Terreur d'attribuer au bois ce qui est propre au crucifié. S*il entend parler de l'honneur de la croix , qu'il reprend en l'Eglise catholique, il ne sçauroist monstrer quand il est nay ; car il a tousjours esté : et est inepte , disant qu'il est nay de simplicité ; car S. Ambroise , S. Paulin , S. Augustin , et mille autres tels pères qui ont enseigné cet honneur, comme j*ay assez preuve es deux premiers livres , estoient à la vérité simples comme colombes; mais ils estoient aussi à Tesgal prudens comme serpens : si que leur saincte simplicité ne pouvoit enfanter aucune erreur.
Voilà l'injure que ces novateurs font à l'antiquité , bien mal adoucie de l'attribuer à simplicité ; car cette simplicité errante et mère d'erreur s'appelle folie en ceux qui ont charge des peuples. Et cependant le traitteur calomnie, disant qu'on attributs au bois de la croix ce qui est propre au crucifié ; car jamais nous n'y pensasmes, ny ne le fismes, comme j'ay monstre cydevant.
Au reste , c'est une plaisante gradation que celle que faif cet homme , disant que « Terreur d'honorer la croix est naye de 9 simplicité, accrcuë parignorance , et de<< » battue' maintenant par opiniastreté, » car par là il attribue à nostre aage la science et connoissance avec opiniastreté, aux prédécesseurs une simple ignorance, et aux plus anciens chrestiens une simplicité ignorante, puisqu'autre simplicité ne peut causer Terreur; là où, au contraire, les anciens si clair-voyans seroient bien plus inexcusables d'avoir donné commencement à Terreur, s'il y en avoit, que nous qui en serions les sectateurs, beaucoup moins entendus et sçuvans. Ce seroit nous qui errerions par simplicité et ignorance, à la suite des anciens : mais je m'amuse trop avec ce gros discoureur.