CHAPITRE PREMIER
AceoMUon du trailleur contre les calholiques.
Après que le traitlour a mis en campagne \si solomnello distinction enlro Thon- Beur ci\ il et riionneur ain.-^cioncicux , que j*ay suflisumnient ronveiséo on mon avantpru()0S , il fait tout à coup ciMte saillie: cVray est que les questionnaires ne se > sont piis tous là-dessus ; car on a de- » mandé de quelle sorte d'honneur elle 9 doit es tre adorée. Quelques-uns ont dit t^M k «raye croa , qui avoit touché au
» corps de Jesus-Christ, devoit estre ado- » rée de latrie ou pour le moins d'hyper- » dulio : mais que les autres dévoient oslro «servies de l'honneur de dulio, c'ost-à » dire, que la vniye croix dovoit estre re- » vorée de l'honneur don à Christ , et les » autres croix dovoionl estre honorées do » l'honneur que les serviteurs doivent à )» leurs maistros , et c'est la belle résolution » du présent second plaijuart. »
Or ce placquart no prend en aucune façon telle résolution , no parle ny peu ny prou de ladriOi dulie, hyperduliOi ny
L^ESTEIfDART DE LÀ SAI1«CTE CROIX.
n'employé la distinction de la vraye croix, de l'image de la croix , et du signe dicelle. Voicy purement sa conclusion : a Nousde- > vons estre poussez à vénérer l'imago de » la croix , et la dresser par tous les lieux » célèbres , pour nous esmouvoir à la me- » moire du bénéfice do la mort et passion » de nostre Dieu et Sauveur ; auquel soit • honneur et gloire. Amen, »
Aussi n'estoit-ce pas le dessein de Tautheur des plaquarls, sinon de rendre compte de la dévote érection do la croix que nostre confrérie d'Annessi fit auprès d*Annemasse, laquelle n*estoit pas une pièce de la vraye croix, mais seulement une image d'icelle. Si est-ce cflie parce que ce iraitteur produit les questions des scliolastiques, avec supercherie, je veux en peu de parolles descouvrir en ce livre, le plus Daifvement que je sçauray. la doctrine catholique, ti>uchant la qualité de l'honneur deu à la croix. Et remarque cependant que les questionnaires qui espluchent si me- Duement les différences d'honneur qu'on doit à la croix , monstrent assez qu'ils sont saisis de la saincte et pure jalousie , de laquelle j'ay traitté en Tavant-propos; car comme ils veulent attribuer à la croix l'honneur qui luy est deu, selon le rang qu'elle tient entre les dépendances do nostre Sauireur; aussi prennent-ils soigneusement garde de ne luy en bailler que ce qu'il faut, et surtout de n'altérer en rien l'honneur de Dieu, ny baillant moins de respect à sa croix, ny plus aussi qu'il ne veut et requiert. Par où le Iraitteur est assez convaincu de calomnie, quand il nous accuse de bailler des compagnons à Dieu.