‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 2)Chapitre 192 sur 356 · L'ESTENDART DE · texte numérisé non relu

L'ESTENDART DE

ment inférieurs : 4 . Se sont de plein saut jettez aux foudres, tempestes et gresles de calomnies, injures, reproches, diffamations , et ont armé leurs langues et leurs plumes de tous les plus poignants traicts quHs ont sceu rencontrer entre les despoiiilles de tous les anciens ennemis de TEglise, et tout aussitost les ont dardez avec telle furie , que nous serions des;à perdus, si la vérité divine ne nous eust tenus à Couvert sous son impénétrable escu. Je laisse à part la guerre temporelle suscitée par ces evangelistes empistolez , par tout où ils ont eu accez. 2. Et à leur prétendue reformation n*ont employé que la prophane audace des brebis contre leurs pasteurs , des subjets contre leurs supérieurs, et le mcspris de Fauthorilé du grand*prestre evangelique , lieutenant de Jesus-Ciirist. 3. Renversant, brisant et rompant de leur propre authorité les croix dressées , sans autre examen de la droicte prétention, ny du droict prétendu de ceux qui les avoient eslevces. i. Contre le manifeste consentement de toute TEglise, contredisant ouveitement à toute la congrégation de TEtemel , aux conciles généraux , au perpétuel usage des chrestiens.

Ces si grandes différences entre nos accusiiteurs, leur subjet et manière de procéder d^une part , et les accusateurs , ou plutost correcteurs des deux tribus et demie , leur subjet et manière de procéder d*autre part , présupposent une autre quatriesmc différence, et en produisent une cinquiesme.

i. Elles présupposent une grande différence en rintention des uns et des autres , et les dix tribus n'avoient autre projet que d'cmpescher le schisme et division, ce fut lu charité qui les poussa à cet office do correction : qui pourra assez louer le zèle qu'ils font paroistreen Toffre quMls font à ceux qu'ils veulent corriger ? « (4) Que si »ia terre de vostre possession est im- » monde , passez en la terre de la posses- » sion de l'Eternel , en laquelle le taberna- 9 cle u sa résidence , et ayez vos possesusions entre nous, et ne nous receliez » point , etc. » C'est une offre digne de lu con<i;regaliun de Dieu.

Au contraire , toutes les poursuites des reformateurs contre nous ne respirent que

LA SAUfCTB CROIX.

sédition, hayne et divîsk»; kmnoftrvi ne sont que de leur quitter le goaveraement de l'Eglise , les laisser régenter ei > maistriser, passer sous le bon plaisir de leur constitution ; et quant au point particulier dont il est question , ils ont fait voir clairement qu'ils n'ont esté portez d*autn affection au brisement et destruction des croix de pierre et de bois , que pour ravir et enlever celles d'or et d*argent , renve^ sant l'ancienne discipline chrcstienne, qoi ne donne prix à la croix que pour la fi- ' gure , puisqu'ils ne la prisent que pour la matière.

Mais enfin que 8*est-il ensaîry de tant de diversitez ? certes , ce qu^on en devoit , attendre. De différentes causes differeos ! effects. Les dix tribus , lesquelles par tant . de prorogatives et raisons avoient ledroid I de correction , n'eurent pas sitost ouï II I déclaration de Tintention des deux tribus i et demie , qu'ils In reçoivent amiablement, ; et sans presser d'aucune réplique , ny recharge, la response et excuse des accuseï, se reposent tout entièrement sur leur paroUe. La charité les pousse esgalementifli formaliser sur l'érection de l'autel nouveau , et à recevoir l'excuse de ceux qui ! Tavoient érigé ; le rns neantmoins estoit ; extresmcment chatouilleux en fait de religion. La. séparation des habitations ren- ; doit le soupçon du schisme fort juste* j « (4) Mais la charité est toute-puissante, ; > elle est bénigne, elle ne pense point aa ; » mal, elle ne se plaist point sur l'iniquité, î » mais se complaist à la vérité, elle croit ! » tout , elle espère tout. »

: Au rebours, l'Eglise catholique , avec ' tent de signalez avantoges, et de si claires ' marques de son authorité et saincteté , ne I peut trouver aucune excuse si sacrée, oy i faire aucune si solemnelle justification de : son dessein, en l'érection et l'honneur des j croix , que ses accusateurs ne teschent de contourner en impieté et idolastrie , tant ils sont accusateurs naturels des frères. Nous avons beau protester de la bonté de nos intentions et de la blancheur de nostre but, ces nouveaux-venus, ces abirons , ces micholites , mesprisent tout , prophaneni tout. 11 n'y a excuse qu'ils n'accusent, â n'y a raison qui les paye. On ne peut vivre avec eux, sinon les pieds et mains liés i

(1) I. Cor. xiu, 4 , 1 , • , «ce.

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