Nostre-Seigneur mesme honorera f
croix, pourquoy donc ne Thonoreroo^nous pas? Or qu'il soit vray , en S. Mdtthieu 24, il est dit : Entre les autres signes et prodiges qui arriveront au jour du juge* ment , que le signe du Fila de l'Hooim^ apparoistra au ciel : Signum apparébU Filii hominis in cœlo.Quel signe? la croi)^ sans doute, mes frères, car quel autrp signe , je vous prie ? L'estendart de ce prince paroistra, il n'en faut pas douter, car tous les pères interprètent ainsi l'^ criture.- Je sais bien que Calvin et les autres citez chez Marlorat , interprètent : Signum, id est, Filius ipse hominis^ qui tam manifeste apparebit , ac si ediio signo omnium in se oculos converlissei.
Voyez un pou comme ou manie l'Escriture: quand il y a signum , ils interprètent r^ ipsam : quand il y a corpus , ils interprètent sigut^m.
Mais outre ceste apparition nous en avons d'autres, lesquelles, quoy que non si aulhenti(]ues, sont ncantmoms dignes de foy. Car Eusebe raconte, Constantin le Grand la vit , couimc luy-mesme recite, avec ces mots: In hoc signo vincesli)^ tu vaincras en ce signe. Puis du temps de Constance sur le mont d'Olivet. au temps de Julien l'apostat, voulant iccluy faire r^
(1) &■*., liv. I Vil0 CoDft. CttIH. Hhir. «t bao 4i it - ^ut. *'')jBl.Pr««p.lallk.d«»rMiiM.AlTiiÉ|i,
FOUR LE DIMANGHk DE ÎX QUINQUAGËSIME.
dreager le temple judaïque en desdain des catholiques, il apparut un cercle argentin au cîel avec la croix. Au temps d'Arcadius quand il alloit contre les Persans. Du | temps d*Alfonce AU'JUguerii^e de Bargua '•■ en l*une des contrées des Indes, il en apperccut une.
3. Par ce que l'Eglise en a practiqué des les premiers siècles, te?moin S. Denis en sa hiérarchie ecclésiastique, où il ditqu^en toutes choses on usoit du signe de la croix. Jusiinus ad Gentihi respondet, cur ad mePtetn orent Christiani, car dextera se tigneni, et aîiiê benedicanf cum gigno eruciê? Quia, ait, meliorasunt danda Deo (1). Tertullien dit que \q^ fldoles faisaient le signe de la croix n chaque pas, ^domnemprogressum, elc.
Vous semble-t-il pas que nous avons raison de suivre p1u:<lo-t la prnctiquo de l'ancienne Eglise, que le.s fantaisies etdiftcultez de ces nouveaux venus? Or quelles raisons, je vous prie, proposent-ils?
4. Que la croix fut dommageable à Nostre-Seignenr, donc elle est détestable.
Mais si le signe cl l'instrumont de la douleur que Nosln^-Seigneur souffrit est detesliible, la douleur mcsme et la passion de Nostre-Seignciir le seroit bien davanta^; la croix n'avoit point de mal en soy, et fut embrassée volontairement deNostre- Seigneur, et par icello il est arrivé à sa flloîre et exaltation, comme dit S. Paul aux Pbilippiens://umi7iavitsemef/jp5umpropter quod, etc.
2. Parce que Tenfant seroit fol , qui se plairoit à voir le gibet où son père auroit esté pendu ; ne pensons donc plus à la passion.
Response. Maïs si la passion de Jésus- Christ n'est pas seulement un supplice, sins on sacrifice, certainement la croix est non- Seulement un gibet , mais un autel sur lequel a esté consommé Tœuvre de nostre rédemption : en ceste qualité elle doibt eslre en vénération à tous les GJëles, sa mémoire leur doibt estre rocommandabic, et son signe précieux. Et misérables sont eenx qui le rejettent avec tant de mespris et d'horreur, car par cela ils donnent à cognoislre qu'ils n'ont point part à ce qui a e^té opéré en la croix , etc. Et comment peut-on accorder ceux qui estiment se ren-
dre ignominieux par la croix, avec S. Paul, qui dit , qu'il ne se veut plus glorifier qu'en la croix de Nostre-Seigneur Jesus-Cfirist : Ahsit mihi ghriarinisi in cruce Domini nosfri, etc. Galat. 6. Prœiicamus Christum erxicifiœum; Judœii quidem scan^ dalum, Genlibtis autem stuttitiam, ipsiê atitem vocatis Judœis atque Grmciê Chriitum Dn virtufem et Dei sapientiam. Non enim indicavi mê tolre aliquid inter vos niH Jesum et hune crueijixum. I. Corinth. Multi ambutant qnos sape dicebam vobis inimieos crucis Chrisii. Philip. 3.
De plus nos adversaires disent, qu'il ne faut pas luy porter l'honneur qu'on luy porte; l'Eglise au contraire. Voici les raisons pourquoy *.
Premièrement tout ce qui est consacré à Dieu est digne d'estre honoré ; ou ceste saincte figure est dédiée à Dieu, donc, etc., que tout ce qui est dédié à Dieu soit digne d'estre honoré , on le prouve paroe que l'Escrituro l'appelle quasi partout sainct. Pourquoy appelle-t-on le dimanche sainct? Pourquoy l'esciibeau des pieds, sainct?
Solve ecûeeamenta pedum, locus enim in qua stas, terra sancta est {\), Le psalmiste : In noctibus extoUite manus vestras in sancta , id est Deo dicata ; et au psal. 98: Adorale ncabeUumpedum ejus quoniam sanctiim est. Cet esciibcau est le temple, comme disent les Clialdeens ; c'est l'arche de l'alliance, comme disent les Hébreux, et comme que ro soil c'est tousjours pour nous, et on infère de là efBcucenient, que celte saincto figure est digne d'estre honorée, puisqu'elle est consacrée à Dieu.
3. A raison de tout ce qui est dit cy-devant : car si Nostre-Seigneur l'a colloque© au ciel , s'il l'a montrée avec de si signalez effets , n'est-ce pas nous la rendre honorable?
i. Parce que la croix nous a esté comme le sceptre çt siège royal de Nostre-Seigneur. Et principatus ejus super huruerum ejus, au psalm. 95. Commoveatur a facie ejus universa terra. Dicite in gentibus quia Dominus regnavit (2).
Selon la version des septante inierpi*3tes, il y avait a ligno (3). Mais au récit de Justin, les Juifs estèrent ce mot.
Si donc la croix est le signe du pouvoir
(t) Exo4. iiL — (!) lat. ». *»(^la HaL
oEnsHIn
et royaume de Noetre-Seigneur, pourquoy ne llionoroiis-nous pas? etc.
Que si le buisson où Dieu comparut merîtoit tant dëVespect, etc.
Si Tarche d'alliance, comme il est dit au psal. 434 . Introibo in tabernaculo eju$, adarabo in loeo ubi stelerunt pedet ijuSj etc. 11 se peut proprement tourner: Adorabo locum vel seabellum pedum tjus. Pourquoy non ce siège royal? Ego si exaltatuê fuero a terra amnia traham ad meij^âum (tanquam omnium Princeps €tDominus)(^).
5. Pour les grands effects qu'il plaist à Dieu de faire par ce mémorial » et particulièrement contre les démons qui le haïssent, de quoy Lactance rend tesmoignage, l, 2. e. 27, et Greg. Naz. orat. 2 et i, in JuL II vit parmy les sacrifices et augures les diables, comme ii desiroit; il se signe, ils disparaissent. A quoy tendent toutes ces visions? etc.
I 6. Parce qu'en sa figure qui estmi le peut d'airain , elle fut honorée avant que d'eslre (4), pourquoy non en sa mémoire après avoir esté? £t sicut exallaicit Mo^ ses serpentem , ita exaltari aporlet Fir lium hominii (2).
7. Parce que cçtte vénération est tretancienne en TEglise, TeriuUien respond aux 'Gentils qui tançoient ceux qui adorent la croix , Constantin défendit qu'on y pendist plus personne, afin qu'elle fust en honneur et non pas en horreur : Ut honoriU' set, non horrori. Aug. Serm, 4 8 dêverbis, Theodose défendit qu*on ne la peignist plus en terre. Cum vidisset humi crucem, erigi juêêit , dicens , cruee Domini frontem el peclui munire debemuSy et pedibut eam terimus(3).
' 8. Nos anciens portoient la croix au col, comme tesmoigne S. Grégoire Nissene de sa sœur Macrine, etc.
(1) Hun. zxi. — (1) Jo«a. m. — (9) PaoL dlM. Vk. Mi