SENTIMENS
DE SAINT FRANÇOIS DE SALES
■UB LA COLLATION DES BÉNÉFICES AUX PERSONNES LES PLUS DIGNES. (TiréS de la Fie
du Saint, par M. Maupas du Tour, part, iv, chap. iv, pag. 200.)
n est bien raisonnable de remettre le soin d'une charge ii celui qui en peut le moins abuser. Si j'avois do la créance auprès des rois , des princes et des grands seigneurs , je les portcrois à préférer toujours aux bénéHces un homme d'une bonne conscience , suffisamment docte , à un autre d'une science plus sublime , et moins consciencieux ; et si iAicun n'auroit charge dans l'Église , qu'il ne fût déchargé des vices qui Tont misérablement ébranlée.
Oui , je ne dislribuerois jamais les dignités ni les titres avec les revenus de TÉgiise, qu'à ceux qui les fuient, et non pas à ceux qui les recherchent. Ainsi , pour quelque considération que ce fût, je ne voudrois avancer un prêtre qui ne s'emploicroit pas
au salut des âmes : car tous ces poursuivans qui cherchent leur Tortune au do* maine de Jésus-Christ , témoignent asset qu'ils sont autant incapables de servir à l'autel , c'est-à-dire de travailler à l'avancement du christianisme , que coupables d'ambition; parce, dit Tapôtre, qu'ils ne cherchent.pas la justice de Dieu , mais seu* lement leur propre intérêt. Tous ceux qui disent qu'il faut remplir les sièges vacants en l'Église , et donner les rangs , les préé minences et les bénéiices aux hommes doctes , ne disent pas assez , s'ils n'y ajou* tent , humbles , zélés et craignant Dieu ; à raison que la science enfle , et ne doit êlre estimée qu'autant qu'elle est fructueuse au salut des (idèles.