QUI CONTIENT DEUX ARTICLES
!• De la diipofilion intérieure du ronfetsear A fegard de lui-même ei à l'égard des péuileof.
t» De ta «induite qe'il fauC lenir à Kégard dee différentes espèces de p^nilcne.
I. Ayez une g;rande netteté et piii^cté de conscierce , puisque vous pi^lendez de Delioyer et purj^er celle des autres ; afin ijtie l'ancien proverbe ne vous serve de repiochc : Médecin , guéris-toi toi-même: et le dire de Tapôtre : En ce ijue tu Juges des attirée , tu te condamnes toi-même.
Si doneques , éliint appelé pour confesser, vous vous trouvez en péché mortel ; té que Dieu ne veuille , vous devez premièrement aller à confesse , recevoir Tabsoiuiion ; ou , si vois ne pouvez avoir ce bien faute de confesseur, vous devez exciter en vous la sainte contritioa.
Ayez un ardent désir du salut des âmes , et particulièrement de celles qui se présentent à la pénitence , priant Dieu qu'il lui plaise de coopérer à leur conversion et avancement spirituel.
Souvenez - vous que les pauvres pénitens, au commencement de leurs confessions , vous nomment père , et qu en effet ^ous devez avoir un cœur paternel en leur endroit y les recevant avec un extrême amour, supportant patiemment leur rusticité, ignorance» imbécillité, tardiveté et autres imperfections; ne vous lassant jamais de les aider et secourir, tandis qu'il y a quelque es|)érance d'amendement en eux. Suivant le dire de S. Bernard , la çliarge des pasteurs n*est pas des âmes fortes , mais des foibles et débiles ; car les
(1) Cetafwttoifim «l 1m MlTaat furent dr««ét dans Wà •YDo<l« féoérat <ia« S. Fraoçoii de Sales Uot an molt tf*orlohra ISO)! oo il II plu^laart rèflemanl* pour le koe uTfAf de ten cIcrrA t et furent ml« au Jour la même année. ( l'oyea ordre du premier êynode, pag. S7t. )
M. Maupat Dutuar . évéque du Puy , dit . p«t 117 de la Vie do Saiet, qu'il a composé lea atla «uifaus en suite ëes afertieeeMeBa aux coufeaaeun, quU « beaucoup
fortes vont assez d*e1Ies-inémes , mah S fil ut porter les foibles. Ainsi , quoique Teafant prodigue revint tout nu , crasseux el puant d'entre les pourceaux , son bon père néanmoins Tembrasse, le baise amoorendement et pleure dessus lui ; |>arce qu*3 étoit son père , et que le cœur dea pères est tendre sur celui des enfans.
II. Ayez la prudence d*un médecia, puir:qi]*aiissi les péchés sont les maladiefl et bies^sures spiriiuelles ; et cx)nsidérez attentivement In disposiiion de votre péeitent, pour le traiter selon icelle.
S L De U naalère de traiter eeoz qiM ta heMi
reUeut
Si donc , par exemple , voua le vofes travaillé de honte et de vergogne , donneilui assurance et confiance que vous n'êtes pas ange non plus que lui ; que vous ae trouvez point étrange que les hommes pèclient ; que la confession et pénitence readent infiniment plus honorable l'homme, que le péché ne l'avoit rendu blâmable ; que Dieu premièrement, ni les confesseurs n*estimentpas les hornmes selon qu'ils ont été par le passé « mais selon qu'ils sont à présent ; que les péchés en la confession sont ensevelis devant Dieu et le confesseur, en sorte que jamais ils ne soient remémorés.
S IL De oeuz qui n'ont point de boale wà de erainie de Dieu.
Si vous le voyez effronté et sans appréhension , faites-lui bien entendre que c'est devant Dieu qu'il se vient prosterner; qu'en cette action il s'agit de son aaist étemel ; qu*à l'heure de la mort il ne ree dra compte d'aucune chose si étroitement, que des confessions qu'il aura faites ; qu'en l'absolution on emploie le prix et le mérita de la mort et passion de notre Seigneur.
S m. De ceni qui manquent de eonaaLBee et perdent courage.
Si vous le voyez craintif , abatta » at.ea
DR S. FRANÇOIS DE SALES
I défiance d*obtenir le pardon de lés , relevez-Ie , en lui monlranl le laisir que Dieu prend à la péni« îs grands pécheurs ; que notre miint plus grande , la ini>ériccrde de est plus glorifiée ; que notre Seiria Dieu son père pour ceux qui le ent , pour nous faire connottre land nous Paurions crucifié de nos mains, il nous pardonneroit fortlilent; que Dieu fait tant d^estime de ence , que la moindre pénitence du
pourvu qu'elle soit vraie , lui fait toutes sortes de péchés ; de façon es damnés et les diables mêmes la nt avoir, tous leftrs péchés leur se- 'emis : que les plus grands saints
grands pécheurs : S. Pierre , ieu, sainte Magdelaine, David, etc.; , que le plus grand tort qu'on peut ) bonté de Dieu et à la mort et pas- Jésus-Christ, c'est de n'avoir pas re d'obtenir le pardon de nos iniet que par article de foi nous somigés de croire la rémission des péfin que nous ne doutions point de oir, lorsque nous recourons au sat que notre Seigneur a institué pour
et perfonnes tcropulenses qui ne se lOQviennent pas de leure péchés.
US le voyez en perplexité pour ne )as bien dire ses péchés, ou pour su examiner sa con>cience, prolui votre assistance, l'assurez que, lant Taide de Dieu , vous ne laisas pour cela de lui faire faire une ;t sainte confession.
HJt soyez charitable et discret enjs les pénitens, mais spécialement les femmes , pour les aider en la ion des péchés honteux.
MQX qui se servent dVipressions grossières el obscures.
s'accuscnl d'eux-mêmes , quelques . (iéshonnêtcs qu'ils prononcent , ne lullemcnt le délicat ni aucun scm- Je les trouver étranges , jusqu'à ce confession s(<it aclievée , et lors dou- L et amiablement , vous leur cnselune façon plus honnête de s'exprii ces matières-ià.
S VI. De ceux qoi emltrovllleiit levr tecosiUoii p«r des excuses et des histoires inutiles.
Si en ces péchés honteux ils embrouillent leur accusation d'excuses , de prétextes et d'histoires , ayez psitience et ne les troublez nullement, jusqu'à ce qu'ils aient tout dit; et alors vous commencerez à les interroger sur le péché , pour leur faire faire plus parfaitement et di:>tinctcment la déclaration de leurs fautes , leur montrant amiablement et faisant connottre leurs sth perfluités, impertinences et imparfectiont qu'ils avoient commises en s'excusant, palliant et déguisant leur accusation ; sans toutefois les tancer en aucune façon.
S YII. Conment il faut en vser è Péfcê^ ^9 eevs qui n'osent s'aceoserdes péchés honteox.
Si vous voyez qu'ils aient de la difficulté de s'accuser eux-mêmes de ces péchés honteux, ^us commencerez à les interroger des choses les plus légères , comme d'avoir pris plaisir d'ouïr parler des choses déshonnêtcs, d'en avoir eu des pensées:
et ainsi petit à petit descendant de Tun à l'autre , à savoir de l'ouïe aux pensées et des pensées aux désirs , aux voluntés , aux actions : à mesure qu'ils se découvriront, vous les irez encourageant à toujours passer plus avant , leur disant par telles ou semblables paroles :
Que vous êtes heureux de vous bien confesser I Croyez que Dieu vous fait une grâce. Je connois que le Saint-Esprit vous touche an cœur, pour vous faire faire une bonne confession ; ayez bon courage , mon enfimt ; dites hardiment vos péchés , et ne vous mettez nullement en peine : vous aurez tantôt un grand conteiitement de vous être bien confessé , et ne voudriez pour chose du monde n'avoir si entièrement déchargé votre conscience : ce vous sera une grande consolation à l'heure de la mort d'avoir fait celte humble confession. Dieu bénisse votre cœur qui est si bien disposé à se bien accuser. Et ainsi vous presserez ; tout bellement et doucement leurs belles i âmes à faire une bonne et parfaite confession.
S VlU. De ceox qoi sont ehatsês i» pitMê
éuoruies.
Quand vous rencontrerez des persoimef qui, pour des énormes péchés» oomme scnU
t:c opvst
ks frrfi'lleiîfs, ocfoinUncpgdlnboIiqtips, Ivilnilil^, maisnrm, et aiilraa toIlM nbominntlon*, «ml Mcei>fivcmenl 6muvBb ((!ct et traviMlli^ en leur con^icnce, vuits 'dcvei par tous les moyens les relever tl consoler, tes assurant de la graixle mi- Hlricorde de Dieu, qui est infiaimenlplua grande pour leur pardonner, que tous les péclite du monde pour damner; et leur proroettcz de tes assister en tout ce qu'ils auront bcsoia de vous pour le salut de leurs nmes.
S'il y a aucun sacrement en l'adminis- Iration duquel il Taille parollre en {gravita «t najesté, c'est celui de la pénitence, puisqu'en Éwlui noua KiminM jugea dëpuli^ de la part de Dieu. Vous y serez donc en robe el surplis , l'élole au cou et le bonnet en lè\e, assis en lieu yparenl de l'égligo, avec une Tace amiable et grave, laquelle vous ne devet Jamais changer par aucuns gestes ou signes citériearâ qui puissf ni témoigner de l'ennui ni du chagrin, de peur de donner quelque occasion â ceux qui vous verront, de soupçonner que le pé> nltent vous dit quelqile chose de fficheuï et exécrable.
Vous ferez que Toire péntlenl tourne son Visage è cHé du vôtre; en sorte ou'îl ne vous voio, ni ne vous parle pas droit dans l'oreille, aing & cAtd d'icclle.
CBlP.llI.Dci iDierrogitlani qnll t*at ttin ta
Lo pénitent étant arrivé, il faut avant toutes choses s'enquérir de lui , quel est son état et condition , c'est-à-dire , s'il est matié ou non , ecclésiastique on non , religieux ou séculier, avocat ou procureur, artisan ou laboureur; car selon sa vocation il faudra procéder diversement avec lui
11 faudra npris cela , s'il n'a pas intention de bien s'accuser de toutes ses fautes sans rien celer a son escient, comme aussi de quitter et délester entièrement le péclié , et de foire ce qui lui sera en- Joint pour Eon suiut : que s'il n'a pas cette vdoatét U faut s'arréb-r là , et l'y disposer, si faire se peut : que s'il ne se peut bin, il U faut renvoyer, aprât lui av«ir
fuit enlentlre te (liin^ercui cl mi<énibl« état auquel il est,
CBAP. IT. Du cfaoKt int l« pénltm dik Vnxnui.
C'est un ahus intolérable , que les pécheurs ne s'accusent do nul pirM d'euxmêmes, sinon en tant qu'on tes Interroge. Il leur faut donc apprendre à s'acntser premièrement eux-môines en ce qu'ils ponrront , et puis les aider et secourir par tci demandes et inlcrrogations.
Il ne suffit pas que le pénitent aeeina seulement le genre de set péchés^ eecmM seroit à dira d'avoir été homicide , linn» rieux, larron ; mais est rvquts qu'il ttOmnW' l'espèce : comme , parnemple, a'itatflé meurtrier de aon père ou de sa mère, car c'est une espèce d'homicide différent* des autres, et s'appelle parricide; e'il ■ tué dans l'église, car en cela il est racrilégi, ou bien s'il s mrurtrt un ccetéàlastiqaa, carc'cst un parricide Spirituel, ate*tex>communié. De mtmC au péché de luxure, s'il a déneuré utic viT>r;;e. car c'est un ita* pre ; s'il s connu une femme mariée, n'est un adultère ; et ainsi de suite.
Alt. n. De la «KMetunre et nembri.
Non - seulement on doit s'enquérir de l'espèce du péché , mnis aussi du nombre d'iceui, aBn que le pénitent s'en accu», disant combien do fois il a commis tel pécbé, ou environ pIusQu moins, au plus |vèt qu'il pourra selon ia souvenance; ou an moins aidant combien de temps il e persévéré en son pécbé, et s'il y est fbrt adonné; car il y a bien de la dilTéfcnce entre celui qui n'aura blasphémé qu'une fbis, et celui qui aura blasphémé cent fois ou qd en fait métier.
AST. III. Dei dlINmii dtgfêi tf'ou InMe ftd*. Il faut de plus examiner le pénitent sur ladiversiiédi'sdcgrésdu péché. Par exemple, il y a bien de la diQércnce entre se courroucer, injurier, frapper du poing, ou ^vcc un bdlon , ou avec l'épée, qui ^ont divers pécli&i de colère. Item , il y a bien 1 dire entre le regard charael et l'tiltouctte-
DE S. FhAKQOlS Df. SALES.
ment déshonnète , et la conjonction cliar- ' Icls cfbts i Dâonmoinft, ft'il a Tolonlain- ■telle, qui sonl divers degrés d'jn mâme ! ment et A son escient prit délectation et péché. Il est vrai qito celui qui n confi-ssé ' réjouissance en telles imatjinnlionsGt pCDn'a bCMin decon' ! secs, il a péché conlro la clinrilé, et doit I s'en accuser rigoureusement. C'est tout de même (le celui qui volonlniremcnt a pria plaisir aux pensées cl imii;jin;i lions des voluptés charnelles; cari! a pécM inldrieurement Guntro lacbuitolé, dont il M doit confciver, d'autnni que, «'il n'a pas voulu appliquer srmcorpsaupéchi), il y a néanmoins nppliqiié son cœur et sort ame ; or le pétVé cunsislo plus à l'application du cœur qu'à celle du corps; et n'Cït nullenienl loisible de prendre â son escient plui^ir et contentement au péché, ni par les acUons du corps, ni par celles du cœur.
J'ai dit , A son escient , d'autant que les niuuvoiscs pi'nséc* qui nous arrivent contre notre gré , ou stms que nous y prenions cntii^renielit garde, ne sont nullement péchés, ou no sont pas péchés morteb.
Ait. VII. Du gichii d'tutiai dont on est ea<M.
Outre tout cela , etieorù faut-il que h pénitent s'accuse des péchés d'nutrui , & l'exemple de David : car si par mauvais exemple ou oulremcni il a proroqué quel* qu'un à pécher, il en est coupable ; et cela s'appelle proprement scandale.
Au contraire, il faut empêcher le pénitent de ne point nommer, ni donner à connoltro ses complices au péché , tant quç faire se pourra.
fesser les autm qui sont nécessairement nquises pour fuira celle-là : ainsi, celui qui s'est accusé d'avoir violé une fille una ■eule fois n'est pas obligé do diro le» bai< sers et «tloucliomcns qu'il a faits parmi cela et à celte occasion , car cela s'entend assez sans que l'on le dise; et l'accusation de tels péchés est comprise en la confession de l'action Qnale du péché.
la>. IT. De U multipliniion âc> p««béi ditl un HUl telt , tl du ictadvli.
J'en dis de môme des péchés dcsqurts la Baltcc se peut redoubler cl multiplier en me seule action. Par exemple, celui qui dérobe un écu fait un péché, et celui qui en dérobe deux ne fait aussi qu'un péché, et tout de même espèce; mais toutefois la anlîee da ce second péché est double au prix du premier. Do même il se peut faire qu'avec un mauvais exemple on scandalise me seule personne, et avec un autre mauvais exemple de même espèce on en scandalisera trente ou quarante ; et ny a point de proportion en l'un et en l'autre péché. Cest pourquoi il faut particulariser, tant qu'il so peut bonnement fiiire, la quantité de ce qu'on a dérobé, et des gens qu'on a scandalisés par une seule action ; et ainsi consécutivement des autres péchés, desquels la malice croit et déci'olt selon la quantité de l'objet et de la matière.
Anv. V. Dm déi)n si dn pèdiM de pars volonté.
Encore faut-il pénétrer plus avant , et «samioer le pénitent touchant les désirs et wlonlés purement intérieurs, comme semit s'il a désiré ou voulu faire quelque vengeance, déslionnéteté ou seniMables ChuM» ; car ces mauvaises stFoctloos sont péché.
Aat. TL Du picbi* da p«n«*e* TolonMirw « délibtrsei.
II {eut pHser plus outre, et éplucher 1m Bauvaisea pensc'cs, encore qu'elles n'aient étésuiviea de ciàiirsetde lu voionié. Vu œmple, celui qui prend plaisir « penaet en BOi-ménie àla mort, ruine et désa«lre de ggn lyfimnni ^ oAcorv qu'il M diûia Quinl
CHAP. T. Dd loin qoe doil avnlr te Gon[l^Hea^ Ile ne point absoiiilre cea\ qui oc Mnt puinl capabtn de ■■ grâce (te Dira.
Lo confesseur après .ceU doit cennoltrs si lo pénitent e?^l capable de recevoir l'al^ solution , laquelle ne doit être coufénjo à certaines sortes de peRMAnes , diuqucHes je vous propo^ïcrai quctipjcs exemples, qui TOUS lerviroot de lumiëm pour Uul lenulc.
Ceux qui sont en excommtmi (dation m»* Jcure , te confesseur ne les en perpl ab ioudr«eans l'aulorilé du impérieur, sinon qu'elLe ae f*t poiM vétetJié [>at Icelift. '
Art. II. Des pertoimtf qal ont des eti réterfét.
Item , ceux qui ont quelque péché réservé au pape , ou à Tévéque , ne peuvent être absous sans leur autorité : il les faut donc renvoyer à ceux qui ont pouvoir, ou bien les faire attendre jusqu'à ce qu'on Tait obtenu , si cela se peut aisément.
AftT. m. De cenx qoi sont dans le cas de quelque reaiilulioD ou réparation
Item^ les faussaires, faux témoins, larrons , usuriers , usurpateurs , détenteurs des biens , titres , droits et honneurs d*autrui ; et de même les détenteurs de legs pieux , aumônes , primes , décimes , plaideurs iniques , calomniateurs , détracteurs ; et généralement tous ceux qui tiennent tort au prochain , ne peuvent être absous , s*ils ne font réparation du tort et dommage en la meilleure façon que faire se pourra ; au moins qu'ils promettent de sati&faire par effet.
AftT. IV. Det penonnes mariées qni fontmtnvais ménage ou qui sont séparées.
Item, les mariés qui vivent en dissension Tiju sans Tautre , ou qui ne veulent se rendre les devoirs du mariage , ne doivent être absous , pendant qu'ils persévèrent en cette mauvaise volonté.
Aut. V. Des ecclésiasUques pourvus de bénéOces contre les régies, ei de ceux qui ne s'acquittent pas de leurs devoirs.
Les ecclésiastiques mal pourvus de leurs bénéfices , ou qui en ont des incompatibles sans légitime dispense , ou qui ne résident pas sans sufDsantes excuses , ou qui font métier de ne point dire Toûice , et ne se vêtir ecclésiastiquement ; tous ceux-là ne doivent être absous , qu'ils ne promettent d'y mettre ordre t et corriger tous ces défauts.
Art. vu De ceux qni tont dans les habitudes criminelles.
Item^ les concubinaires, adultères, ivrognes , no doivent être absous , s'ils ne témoignent un ferme propos , non-seulement de laisser leurs péchés , mais aussi de quitter les occasions d'iceux , comme sont aux concubinaires et adultères leurs garces , lesquelles ils doivent éloigoer d*eux ; aux ivrognes les tavernes , aux
blasphémateurs les jeux : ce qui s'entend de ceux qui font coutume de tels péchés.
Art. Vn. Des personnes qui ont des mcnci ou des inimitiés.
Enfin , les querelleurs qui ont des rancunes et inimitiés, ne peuvent recevoir Tabsolution s'ils ne veulent de Icor côté pardonner et se réconcilier avec leurs en« nemis.
CHAP. VL De la prudence avec laqaelle il fatt ordonner les resiituUous et les réparalien d'honneur.
Après donc que le confesseor a biea connu rétat de la conscience du pénitent, il doit disposer et ordonner ce qu'il voit être nécessaire pour rendre capable de la grâce de Dieu , tant en ce qui concerne la restitution du bien d'autrui , et la réparation des torts et injures qu'il a faites, comme aussi en ce qui regarde Tamende* ment de sa vie , et fuite ou éloignement dei occasions.
Art. I. Qu'il faut ménager la réputation di
pénitent.
Et pour le regard des réparations et restitutions que Ton doit faire au prochain, il faut trouver moyen , s'il est possible, de les faire secrètement , sans que le pénitent puisse être diffamé ; et par ainsi , si c'est un larcin , il le faut faire rendre , ou choses équivalentes , par quelque personne discrète , qui ne nomme , ni décèle en aucune façon le restituant. Si c'est une fausse accusation ou imposture , il faut procurer dextrement que le pénitent donne , sans en faire semblant , contraire impression à ceux devant lesquels il avoit commis la faute , disant le contraire de ce qu'il avoit dit , sans faire semblant d'autre chose.
Art. il Des conjonctures où U réparalioo fil
plus difficile.
Mais quant aux usures , faux procès et autres semblables embrouillcmcns de conscience , il Obt besoin d'en ordonner les réparations avec une exquise prudence, de laquelle si le confesseur ne se trouve pas pourvu suliisamment , il doit doucement demander au pénitent quelque loisir poar y penser; puis s'adresser au plus docte» comme sont les députés du qtiartier, le»*
DE S. FR\NÇ01.^ DR SALES
quels , si le cas le mérite , prendront nofre | avis , ou de notre vicaire-général.
Mais sur toutes choses, il faut prendre garde que ceux desquels on prend le conseil , ne puissent en façon quelconque con- Doltre ou deviner le pénitent , si ce n'est par son congé très-exprès : encore ne le fautril faire avec son congé , si ce n*est par Qne grande nécessité , et qu'il en prie le ooofesseur hors et après la confession.
CBAP. Yll. Qui font les cas résenrét ta pape , et eeax da diocèse de Genève. Deux règles à ob- •enrer à l'égard des pènilens qui ont des rè-
Ait. I. Des cas réser?ès an pape.
Or, les cas réservés à Sa Sainteté sont en grand nombre; mais néanmoins la plupart sont tels , qu'ils n'adviennent presque point deçà les monts; et quanta ceux qui peuvent arriver, ils ne sont pas en grand nombre. 11 y en a cinq , hors la bulle In c(Bna Vomini,
4 . Tuer ou frapper grièvement une personne ecclésiastique ; parce que , quand le coup est léger et le mal de peu d'importance , il peut être absous par Tévéque ; sinon que le coup , quoique léger de soimême , fût grandement scandaleux, comme par exemple , étant donné à un prêtre faisant l'office , ou en un lieu et compagnie do grand respect et considérable.
% La simonie et confidence réelle.
3. Le péché du duel en ceux qui appellent, qui provoquent et qui font le combat.
i. Les violateurs de la clôture des monastères et des religieuses enfermées , quand telle violation se fait à mauvaise fin.
6. La violation des immunités de l'Église ; lequel cas cinquième étant difficile à discerner, et n'arrivant guère souvent , et toujours par des actions publiques , ne se décide presque point en confession , qu*il n'ait été décidé hors d'icelle par les évoques ou leurs vicaires. Les cas de Ja bulle In cana Domini qui peuvent arriver, sont aussi peif en nombre.
6. L'hérésie , le schisme , avoir et lire des livres hérétiques , la falsiûcation des bulles et lettres apostoliques.
7. La violation des libei tés et privilèges de rÉ^lise , biens et personnes ecclésiastiques, qui se fuit volontairement; i'usurpatioo des biens ecclésiastiques , eu tant qa*eodésiastiques.
Art. il Des cas réservés dans le diocèse de -
Génère.
Les cas que nous nous sommes réservés sont pou en nombre.
4. Quant au premier commandement , nous avons réservS la sorcellerie et les charmes , ou nouemens d'aiguillettes qui se font contre l'eiTet du mariage.
2. Quant au quatrième , nous avons réservé le parricide , qui se fait tuant ou battant père , mère , beau-père , bellesmère.
3. Quant au cinquième commandement, nous avons réservé le meurtre effectué volontairement.
i. Quant au sixième , nons avons réservé la bestialité et sodomie , l'inceste au premier et second degré, et le sacrilège qui se commet avec nonains et religieuses, violence et forcement des filles et femmes.
5. Quant au septième commandement, nous avons réservé le brûlement volontai • rement fait des maisons d'autrui , le pillement et larcin des choses sacrées.
AâT. lu. Pour tons ces cas réserves vous deret observer deux règles.
S L Première règle : consoler les pénitens.
4 . Cest de consoler les pénitens qu les auront commis, et ne point les désespérer ; ains les renvoyer doucement à ceux auxquels nous avons donné le pouvoir, que nous avons mis en grand nombre en tous les endroits du diocèse. Car encore qu'ils ne puissent pas absoudre des cas réservés au pape , si est-ce néanmoins qu'ils leur donneront toujours adresse pour obtenir Tabsolution.
S U. Seconde règle qal regarde les moribonds.
2. En cas d'extrême nécessité et en l^article de la ntort , tout prêtre , encore qu'il ne soit point admis, de quelque sorte ou qualité qu'il soit , peut et doit absoudre de tout péché généralement.
Même celui qui étant malade a demandé le confesseur , si après cela il perd la parole, et ne peut donner aucun signe, U doit être absous sur le simple désir qu'il a eu de se confesser.
£t de plus on doit absoudre celui lequel, bien qu*il n'ait pas demandé le prêtre , le voyant néanmoins et l'écoutaot» donna signe de vouloir l'absolutiono
OPUSCUI'ES
d'être prompt à souffrir; car le mauvais devient pire par les afflictions et murmures contre la providence de Dieu. Celui qui Commence , se fâche d*endurer , et puis il a regret de s*ôtre laissé saisir à l'impatience : celui qui avance , traîne d*abord un peu sa croix ; toutefois quand il regarde son Sauveur et son maître portant la sienne au Calvaire , il la relève , il prend courage, il se résout à la patience et à bénir Dieu.
Le parfait , qui est un oiseau plus rare en ce siècle que le Phénix en TArabie, nonseulement attend les affronts, les persécutions et les calomnies, mais môme va audevant sans témérité, et y court comme au festin des noces , jugeant encore qu'il est indigne d'avoir des livrées qui le font prendre pour un serviteur de la maison de Dieu.
i. C*est encore une marque de l'esprit de Dieu , d'être doux et miséricordieux à son prochain , lors même qu*il est plus proche de tomber sous la rigueur de sa justice, de peur de l'ensevelir sous ses ruines. C'est aussi le signe d'un esprit trompé du diable en ses dévolions ou en sa conduite , lorsque sous certain zèle il fait l'exact, juge tout , et veut tout châtier , sans user de pitié , et sans aucune clémence.
G. Ne pas quitter Texercice des vertus , pour les difficultés qui s'y rencontrent, est encore le signe d'une ame dont le sacrifice est agréable à Dieu ; parce que cette bonté infînie ne présente point d'épées flamboyantes , pour empêcher l'entrée de son paradis à ceux qui le cherchent purement ; et bien qu'il permette que ses élus soient danp les rigueurs, dans les souffrances et dans les croix , il les remplit de tant de grâces , de force et de douceur , qu'ils s'estiment très-heureux et avantagés de pâtir pour l'amour de lui. Le diable , au contraire, leur fait voir une vengeance effroyable en Dieu , pour punir leurs moindres défauts ; il leur présente une colère et une rigueur extrême en celui qui ne peut entendre crier la moindre de ses créatures , sans lui donner du secours , et qui se rend à la première larme qui sort d'un cœur véritablomcnt contrit. Mais prenez gsirde à la ru^e de notre ennemi : avant que de les avoir portés au péché, il leur présente Dieu saos mains et sans foudre ; et quand
il les a renversés parterre, il le fait venir
en leur imagination, environné d'éclairs et de flammes , et tout couvert de fei^pour les réduire en cendre.
6. Examinez encore si ces personnes se perdent en leur propre estime , en relevant leurs grâces et leurs propres dons , et le§* quelles au contraire traitent avec méprison tiennent pour suspectes les faveurs qne Dieu départ aux autres : car la marque la plus assurée de la sainteté , c'est quand elle est fondée sur une vraieet profonde iMh milité et une ardente charité. Les opéré' fions êumatureiles , dit S. Bemand , m peuvent qussi bien faire par le* penon' fies hypocrites que par les Saints, Les humbles de cœur en font reconnoltre la solidité et la vérité.
7. El pour ce qui regarde les personnel trompées. Dieu même (si vous les en croyez) leur sert de garant et de couverture. Mais observez leurs parolles spirituelles : en matière de ces expressions extraordinaires , soyez bien sur vos gardes. Par exemple , quand elles disent : Je suis assurée de ce que Dieu veut de moi ; il vous avertit par ma bouche de ce qui est nécessaire à votre salut et à votre conduite ; faites cela par mon avis; j'en réponds devant Dieu; et semblables paroles qui marquent un é^lai^ cissement des choses intérieures , et une conversation dans les cieux , jugez avec discrétion si leurs actions sont conformes à ces hautes lumières. «
8. Voyez aussi si le rapport qu'on fait à ces personnes de l'infirmité d'autrui , lear donne plus de mouvement d'indignation et d'horreur, que de compassion et de pitié de leur misère ; parce que c'est un faux zèle de s'écrier contre le vice de son frère, d'en découvrir les défauts sans nécessité, et contre la charité. Telles |)ersonncs d'o^ dinaire pensent faire admirer leur vertu, en publiant les fautes du prochain.
9. De plus, examinez si , lorsqu'on parle de Dieu , ces |>ersonnagcs s'égarent en des termes affectés, voulant faire voir que leur feu ne peut demeurer sous la cendre, et que par cette étincelle on pourni découvrir les brasiers qui sonten leur intérieur.
40. Si vous voulez probablement juger si ces âmes ont des vrais sentimens de Dieu , et si les grâces qu'elles disent rece> voir de sa bonté sont véritables i voyei é
0B S. PaANÇOiS Ofi SALES.