‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 2)Chapitre 306 sur 356 · PRATIQUE · texte numérisé non relu

PRATIQUE

POUR lA CONFESSION ORDINAIRGL

|L Des af AnUget de U fré^ettto Mufieisimi.

Souvenez-vous que Notre- Seigneur a issé à son Église le sacrement de pénince et de confession pour nous laver dô s iniquités, toutefois et quaotes que us en serons souillés.

Ke permettez jamais que votre cœur de- Bure long-temps infecté du péché, puisle vous avez un remède si présent et sile.

L*ame qui a consenti au péché doit avoir rreur de soi-même , et se tiettoyer au js tôt pour le respect qu*elle doit porter z yeux de la divine majesté qui la rerde.

Confessez-vous humblement et dévote- Mi( tous les huit jours I et toujours, 8*il peut , quand vous communierez, encore • TOUS ne semiez point en votre conience aucun reproche de péché mortel.

Par la confession vous recevrez nonjlement Tabsolution des péchés véniels e vous confesserez, mais aussi une ande force pour les éviter à l*avenir , une inde lumière pour les bien discerner, et e grâce abondante pour efiacer toute la rte qu'ils vous auroient apportée : vous iliquerez la vertu d'humilité , d'obéisice, de simplicité et de charité, et en :te seule action vous exercerez plus de rtu qu'en aucune autre.

S u. De la nécessité de la contrition.

ayez toujours uti vrai déplaisir des péés que vous confesserez, pour petits *ils soient , avec une ferme résolution de us en corriger à l'avenir.

Ne faites pas comme ceux qui , se cod- «ant par coutume des péchés véniels , oomme par manière d'agencement, sans user à s'en amender, en demeurent lie leur vie chargés , et par co moyen rdent beaucoup de bien et proût spiuel.

Si vous vous confessez, par exemple, lYoir menti , quoique sans nuisance ; ou

d*ayoir dit qnelqné parole déré^fée, (m d'avoir trop joué, Mpeniez-vous-en , 9lk

ayez un fertne propos de tous , on amender.

C*6«t m abud de i»e confedfter de qnelrtne péché que cé soit , mortel du véniel , sanê vouloir s'en purger, puisque la confession n'est inétituée que pour cela.

S UL De le iluaiére de te bien ateaier et déelan»

en confession.

Nô faites pas ces accusations èoperflues, que plusieurs fbnt pa^ routine : Je n'ui psid tant aimé Dieu que je devois ; je n*ai pas prié avec tant de dévotion que je devois ; je n'ai pas chéri le prochain comme je devois > et reçu les sacremens aveô la révérence que je devois; et semblables dN constances générales, ce qui ne fait ni froid ni chaud en la confession, et qui ne fait pas connotttt; Tétat de la conscience an confesseur. Tous les saints du paradis et tous les hommes de la tei*fe en poutroient dire autant , s'ils se confessoient.

Voyez donc quel sujet particulier vous avez de faire ces accusations , et rayant découvert, accusez-voUs-«n tout simplement et naïvement.

Dites, par exemple t Ayant VU un pauvfe nécessitent, je ne l*al pas secouru comme je pouvois , par négligence ou par dureté de cœur , ou pat mépris , selon la qualité et l'occasion de cette fbute.

De même de la prière , dites : J'ai eu dés distractions volontaires; ou , j'ai négligé de prendre le lieu, le temps, et la contenance requise pour avoir attention en la prière.

Ne tous contenter pas de dit% vos péchés véniels quant au fait, mais aCcusclvous du motif qui vous a induits à les commettre.

Par exemple, louchant lé mensonge, dites t J'ai fait un mensonge par vanité, afin de me louer et excuser , ou par opiniâtreté ou vaine joie.

Touchant lejeit, dites: J'ai joué pour le défiir du gain , ou pour la plaisir de la conversation , oi semblables.

Dites aussi la longueur et la durée du temps , qui accrotl d'ordinaire de beaucoup la péché , y ayant grande différeoce entre une vanité passagère d'un quart-d'heure , qui vous aura passé par l'esprit, et celle où votre cœur aura trempé un jour , deux jours, ou une semaine entière.

Quoiqu'on na soit point obligé d'être ai pointilleux en la déclaration des péchés véniels , ni même tenu absolument de les confesser , si Oït-ce que ceux qui veulent bien épurer leurs âmes pour mieux atteindre à la sainte dévotion , doivent être soigneux de bien Taire connollre au médecin spirituel le mal, pour petit qu'il soit, dont ils veulent être guéris.

N'épargnez point de dire ce qui est requis pour bien faire entendre la qualité de votre offense , comme le sujet que vous avez eus de vous mettre en colère, ou de supporter quelqu'un en son vice.

Par exemple, un homme qui me déplaît, me dira quelque parole légère pour rire , je la prendrai de mauvaise part , et me mettrai eu colère. Que si un autre qui m'eût été agréable en eût dit une plus âpre, je l'eii^se prise en bonne part : je n'épargnerai donc point de m'eipliquer ainsi :

Je me suis retâché à des paroles de courroux contre une personne , ayant pris d'elle en mauvaise part quelque chose qu'elle m'a dit, non tant pour la qualité des paroles , mais peur ce que cette personne m'étoit désagréable.

S'il est besoin même de particulariser les paroles pour vous bien déclarer , ne feignez pasde les dire; parce qu'en s'accusant ainsi naïvement , pn ne découvre pas seulement les péchés qu'on a faits , mais aussi les mauvaises inclinations, coutumes, habitudes, et autres racines du pécbé ; ce qui donne une plus entière connoissance au père spirituel du cœur qu'il traite , et des remèdes qui lui sont propres.

Tenez néanmoins toujours couvert le tiers qui aura coopéré à votre péché , tant qu'il vous sera possible.

Prenez garde à une quantité de péchés qui vivent et régnent bien sauvent insensiblement dans la conscience , alin que

vous les oonfeetiet, et qm vont pniHKi vous en purger.

Lisez soigneusement A cet effet les chapitres VI, xxvn, xxvHi, XXIX, xxxr et XXXVI de la troisième partie, et l« chapitre VIII de la quatrième partie da l'Introduction à la vie dévote.

Ne changez pas aisément de conresseor, mais en ayant choisi un , continuez i loi rendre compte de voire conscience rai jours destinés pour cela , lui disant natvement et franchement les péchés quevons avez commis.

Outre cela , de temps eo temps , o seroit de mois en mois , ou de deux rania en deux mois , dites-lui encore l'étaide toi inclinations , quoique vons n'y ayez pat péché ; comme a vous étiez tourmenté dt la tristesse , du chagrin , ou si vous étis porté à la joie , aux désirs d'acquérir dai biens , et semblables inclinations (4).

AVIS TOnCHANT LES CHOSES A PAIBl

APaiS L* CONFESSION.

SI- Du boDbiDTdB l'ifaiDlaUan, et de la n

Soyez attentif, et ouvrez les oreilles da votre ccBiir , pour ou'i'r en esprit les pan>l« de votre absolution que le Sauveur meoH de votre ame , assis sur le Lrdne de sa miséricorde, prononcera là-baut au ciel, devant tous les anges et les saints, ta même temps qu'en son nom le prôtre vov absout ici-bas en terre ; de stn-te qm toute la troupe des bienheureux , se réjouissant de votre bonheur , chantera la cantique spirituel -d'une allégresse nonpareille, et tous donneront le baiser da paix et de sociét^à votre cœur remis m grâce et sanctifié.

OOieu, dites saint prélat, que ce contrat est admirable , par lequel vous faiM un heureux traité avec sa divine majesté, qui est qu'en vous donnant Tous-méBwâ elle , vous la gagnez à vous-même au^ pour la vie éternelle I Ce vous en est un* marque authentique , en ce qu'allant deU à l'autel, il signe et scelle votre absolution, l et la promesse qu'il vous fait de son pua- \l dis, se mettant, lui-même, par son dira I* Sacrcmentcommcuncachetet sceaui ' ' sur votre cœur renouvelé (2).

(l)PI.,l,l»rl,n.eti.I:ï.

(IJ i>UI.,vul. I,clitp.IU.

DE S. FRANÇOIS DE SALES

( n. Des nrnéâeê et préetutioni qu'on doU apporter contre le péché.

Mais parce qu'il ne suffit pas de s*étre purgé du péché par la pénitence , et des iffections au péché , à cause que ces affections renaissent aisément , à raison de notre infirmité et de notre concupiscence , |ui peut être mortifiée , mais qui ne peut mourir pendant que nous vivons ici-bas , il faut affermir sa voie par une phis par- Taite purgation du péché et des occasions ia péché ; à cet effet recevoir et faire usage ies remèdes et moyens que donnera le lage et prudent directeur, conformément lo besoin , à Tétat et condition d*un chaain ; et puur cela donc, il faut, pour une |iliis grande pureté, se purger des affections lu péché véniel, de celles aux choses inutiles et dangereuses ; et enfin des mauvailes inclinations, comme choses qui de soi lous conduisent au péché, et nous servent l'oocasion d*y retomber.

S UI. De 11 purgttton det péchés rénieli .

Premièrement , la même lumière inté- •ieure du Saint-Esprit , qui nous fait voir >Ius dictinctement nos péchés , nos inciilations et imperfections, à mesure qu'elle lavient plus grande , nous échauffe aussi Ml désir de nous en nettoyer et purger : lutre les péchés mortels , et Taffeclion au léché mortel , dont on a été purgé par la léaitence, on découvrira encore plusieurs Dclinations et affections aux péchés vé- Jels dont il se faut absolument purger ; •r d*ôtre purs et exempts tout-à-fait de léchés véniels en celte vie , cela ne se leut ; mais on peut bien n'y avoir aucune ffection. C'est autre choëe, par exemple , ie mentir une fois ou deux de gaieté de (Buren chose de peu d'importance, et aura chose de se pluire à mentir, et d'être fléclionné à celte sorte de péché. C'est onc de celte affection au péché véniel |a*il faut purger son ame, c'est-à-dire |B*U ne faut pas nourrir volontairement la olonté de continuer et persévérer en anime aorte de péché véniel; car ce seroit ne lâchelé trop grande de vouloir tout à lOlre escient garder en notre conscience loe chose si déplaisante à Dieu comme est a volonté de lui vouloir déplaire.

En effet , si le péché véniel , pour petit |Q*il soit, déplaît à Dieu , non au point que

pour cela il nous veuille perdre et damner , est-il possible qu'une ame bien née veuille non-seulement déplaire à son Dieu , mais affectionner de lui déplaire? Mais je dis encore une fois , quelle apparence y a-t-il qu'une ame généreuse se plaise à déplaire à son Dieu ; et s'affectionne à lui être désagréable , et veuille vouloir ce qu'elle sait lui être ennuyeux (4)?

S IV. De 11 purgalion on rafTeclion toi choMf inutiles et dangereuses.

Il faut encore , outre cela, se purger de l'affection aux choses inutiles et dangereuses, comme sont les jeux, les bals, danses, festins, pompes et comédies, lesquelles, quoiqu'on leurs substances ne soient pas choses mauvaises, mais indifférentes, pouvant être bien et mal exercées , elles sont néanmoins dangereuses et nuisibles, et de cela il s'en faut absolument défaire et put- ' ger.

C'est dommage , dit ce saint prélat , de semer en la terre de notre cœur des affections si vaines et sottes : cela occupe le lieu des bonnes impressions , et empêche que le suc de notre ame ne soit employé aux bonnes inclinations.

Les Nazaréens s'abstenaient non-seulement de tout ce qui pouvait enivrer, mais aussi des raisins et du verjus; non point que le raisin et le verjus enivrent , mais parce qu'il y aurait du danger en mangeant du verjus d'exciter le désir de manger des raisins, et en mangeant des raisins, de provoquer l'appétit à boire du moult et du vin.

Que les petits enfans s'affectionnent et s'échauffent après les papillons , personne ne le trouve mauvais, parce qu'ils sont enfans ; mais n est-ce pas une chose ridicule ou plutôt lamentable, de voir des hommes s'empresser et s'affectionner après des bagatelles si indignes, comme sont les choses susdites , lesquelles , outre leur inutilité , nous mettent en péril de nous dérégler et désordonner à leur poursuite (2)?

S V* De 11 pnrgation des maavtises JnclinaUoni*

Troisièmement. Il se faut enfin purger des mauvaises inclJQu lions naturelles, lesquelles , pour n'avoir pris leur origine de nos péchés particuliers , ne sont pas pro-

(1) PhU.,|Mrt I.ehap. xxu.

(i; Phll., pari, l, ohap. xziii.

prement péchéf , pi mortels, nlvéoialHi mais s'appellent imperTeclions , at leurs aotea, défauts et manquemens ; oorame la trop grande tristewe douial« Paule en ta mort de m» enfaos et de ses proches, qui la râduisoit presque au mourir : cela étoit une imperfection , non un pécbé, paiaqua o'étoitcontTHiongréetta volon*Lé.

11 y en a qui de leur nature iont lâgers , les autres rébarbatir^ , les autres durs à recevoir les opinions d'autrui ; les autres sont inclinés à l'indignation, les aulrps à la colère , les autres à l'amour. En somme il se trouve peu de personnes qui ne soient sujettes à telles ou semblables imperfections, lesquelles , pour j^tre propres et naturelles â un chacun , si est-ce que par la soin ot affection contraire on les peut corriger et modérer; et même on peut s'en délivrer et purger, et c'est ce qu'il faut

Si on a bien trouvé le moyen de changer les amandiers amers en doux , en les perçant au pied pour en faire sortir le suc , pourquoi ne pourrions-nous pas aussi faire sortir nos inclinations perverses pourdevenir meilleurs? Il n'y a pointdesJbon naturel qui ne puisse être rendu mauvais par les habitudes vicieuses : il n'y a point Wfû de naturel si revèche , qui par la grâce de Dieu premièrement, puis pur l'industrie et diligence, ne puisse ôlre dompté et surmonlô-

Suivez pour cela les ordres et conduite du directeur prudent et zélé C0>

AVIS

TOCCIIAITT l'examen DE LA REVUE ET . CONCESSION ANNUELLE, ET CELUI DE TOUS LES JOUHS.

Notez que ce que ce grand saint a dit pour l'examen de la revue et renouvellement nnniiel, on le peut susm furlbien appliquer pour l'examen ordinaire de chaque jour, et même pour celui descoofe»sions ordinaires.

i . Se mettre en la présence de Dieu , w la manière ordinaire.

S. Lui demander la lumière et la grâce de se bien connoltre.

3. l'roteslea , si vous remarquez d'avoir fait (|uel(|ue petit bien ot progros dans la

OPUSCDLfS

vertu , que c'est pour lui en doniur la

gloire, et vous en réjouir en aa bonté.

i. Comme, au contraire, si toub d6o«vrez avoir peu proGl£ , ou même avoir offensé, quevoug ne vous en abattrez ptt ni découragerez pour cela ; mais plutAl vouB voulez vous encourager davantage.

vous biimUier, at remédier A voadélauli, moyannant la grâce de celui qui vous ■&• corde encore ca moment pogr bire péai« tence et retourner à lui (1 ).

6. Jetant la pensée sur toutes les ooc» patioas et emplois de la jouroée (ondi l'année) , considérez doucement et Cnfr quillemenl , comme jusquas à l'heure pr^ sento vous vous êtes comportée enven Dieu, envers le prochain, et à l'endroit dt vous-même, en pensées, parolea, actiouil omissions, surtout eu égard à vos réwht tiens, à vos passions at mauvaises incliwlions (3).

S I. Eitmen de noira u

BBn>«nDI«i.

1 ■ Mettez-vous en la présence de Dieu.

S. Invoquez le Saint-Esprit , lui demaadant lumière , afin do bien connollrv et d^ tester vo; péchés.

0 Seigneur, que]» voua oonnoisse, «t que ju me connoisse 1 Qui 6tes-vous Se^ gneur, etquisois-ja'? J'ai eu assez def«blesse et de malice pour commettre le mal; mais, hélas] je n'ai pas assez de lumiên pour lo connoltre et le détester : c'est u» grâce que j'allends de votre bonté.

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