POUR LA PRATIQUE ET L'USAGE DE LA CONFESSION
SL DerimporUnee ei des tTintages de la confession générale.
La purgation du péché se fait par le sacrement de pénitence : à cet effet la confession générale ou particulière esl requise. Et quoique la confession générale et de tonte la vie ne soit pas toujours absolument nécessaire , elle sera néanmoins extrêmement utile pour s'engager à la pratique des vertus , et pour commencer une nouvelle vie.
U arrive souvent , dit un prélat , que les confessions ordinaires de ceux qui vivent d*nne vie commune et vulgaire , sont pleines de grands défauts. •
4* Souvent on ne se prépare point ou fert peu. 2<> On n'a point la contrition lequise. 3* Au contraire , on se confesse bien souvent avec une volonté tacite de rdoumer au péché , n'en voulant pas éviter l'occasion , ni prendre les expédiens nécessaires à l'amendement de la vie. Et en tous ces cas la confession générale est jequise pour assurer Tame.
Mais outre cela elle a cet avantage , !• qu'elle nous porte à la connoissance de Qous-mesmes; t^eWe nous provoque à une anlutaire confusion pour notre vie passée ;
3<^ elle nous fait admirer la miséricorde de Dieu , qui nous a attendus en patience r i^ elle apaise nos cœurs ; S*» elle délasse nos esprits ; 6<» elle excite en nous de bons propos ; 7^ elle donne sujet à notre père spirituel de nous faire des avis cx>nvenables à notre condition ; 8® enfin elle nous ouvre le cœur, pour avec confiance nous bien déclarer aux confessions suivantes.
S II. Des moyens de It bien faire.
L Cherchez donc à cet effet le plus digne confesseur que vous pourrez.
IL Prenez en main quelqu'un des petits livres qui onl été faits pour aider les consciences à se bien confesser, comme Grenade , Bruno , Arias , et lisez-les bien ; el remarquez do point en point en quoi vous avec offensé Dieu , depuis que vous eûtes l'usage de raison , jusqu'à l'heure présente.
III. Et si vous vous défiez de voire mémoire , mettez par écrit ce que vous aures remarqué.
IV. Ayant ainsi préparé et ramassé les humeurs peccantes de votre conscience, détestez-les , et les rejetez p(ur une contrition et un déplaisir aussi grand que votre cœur pourra souffrir.
OtOMOrM
V. A ce étijet àôtttenêî-TOM de CM Coft* Bîdéralions t !• 0«ô , par le péché . voué avw perdu la grâce de Dieu , S» quitté vo tre part de paradis , 3» accepté les peines de Penfef, i* et renoûcé ft l*amour éternel
de Dieu (0-
S m. Des marque! de la bonne confessioB*
Pour marque que cette purgalion est perfeite et Véritable , il faut aussi renoncer •bsolument à toute aileclion du péché , et n'être pas , comme dit ce grand Saint , comme les Israélites , lesquels , quoique sortis de TÉgypte , regrettoient de n'avoir pas les chairs et les oignons qu'ils avoient •ccoutumé d'y manger ; ou comme la femme de Lolh , laquelle , pour être sortie de Sodome , ne laissoit pas de se retourner de ce côté-là ; ou enfin comme les malades , qui mangeroicnt volontiers des melons s'ils n'éloient menacés de la mort: c'est-à-dire , qu'il faut un dégagement total de toute affection au péché , par exemple, aut amourettes passées, aux ressentiments et à la vengeance , et à tout autre engagement ou acheminement au péché , par le danger qu'il y a de la rechute , qui est comme inévitable (2).
S IV. Aaire marque de ceue bonne conression, qui est une véritable conlrilion, et des moyens de se la procurer.
Pour cela , il faut <« entrer dans une vive et forte appréhension du grand mal qu'apporte le péché , et par ce moyen dans une puissante et véhémente contrition , laquelle, pour petite qu'elle soit, étant jointe à la vertu des sacrements , purge suffisamment du péché ; mais étant grande et véhémente , vigoureuse et universelle , affranchit de toutes les affections , dépendances et acheminements du péché , comme il est arrivé à la Magdelaine et â David , qui protestent non-^seulement de haïr le péché , mais toutes les voies et les sentiers qui y conduisent. C'est en ce point , dit ce saint évéque , que consiste le rajeuniss(»ment de l'ame , que ce même prophète-roi compare au renouvellement de l'aigle. ^
Pour exciter en soi cette vive appréhension et contrition du péché , il faut s'exercer aux méditations dressées par ce grand Saint à ce sw'yX dans la première partie de aa Philotée , où je vous renvoie , et dont
(i)»iaL,»art.I,ch.Ti. (t)MIL,9«rt.I.tlLTiii.
IM pf1fiCipalt%i(lKtiQai MmHroiild<«piii de pratiques pour les actes d« COntritioAi pour former les résolutions propres à l'i» mondement de la vie et à la pratique d« vertus (4).
S V. Ce qu'il faoi faire dans la eonreftloD.
Ensuite de cette préparation , voioi 11 pratique et Tusage : 4« Allet eounifpHiii* ment en esprit d'humilité faire votre ooi' fession, et ne vous laissez point troubkr par aucune sorte d'appréhension. 3* Quaid vous serez arrivée devant votre père spirituel , imaginez-vous d*ètrc en la montagne du Calvaire sous les pieds de Jésus- Christ crucifié , et que son sang prédeot distille de toutes parts pour vous laver dl vos iniquités. C'est en efl^i le mérite di ce sang répandu qui arrose abondammeol les pénitcns dulotif des confèssionnatH 3® Ouvrez donc bien votre cœur pour ei faire sortir les péchés par la confession; car à mesure qu'ils en sortiront , le précieux mérite dé la psssioti divine y entrera pour le remplir de bénédiction. 4* Mais dites bien tout, simplement et naïvement: contentez bien votre conscience en cdi pour une bonne fois , sans aucun trouUè ni honte. 5° Vous souvenant :
4<' Que le péché n'est honteux que quand nous le faisons , mais qu'étant converti ei confession , il est honorable et salutairs 2° Que la contrition et confession sont ii belles et de si bonne odeur, qu'elles effih cent la laideur et dissipent la puantour dt péché. 3<^ Que l'accusation de notre pédii nous sera douce et agréable , parce ({M Dieu en est honoré. i° Et que la paix iot^ ricure suivra bientôt , parce que c*est un« sorte d'allégement de bien dire au médecis le mal qui nous tourmente.
S VI. re quMl faut fkire après la eonféailott.
Cela fait: T Écoutez ravertissementfll les ordonnances du serviteur de Dieu , êl dites en votre cœur : Parlez ; Seigneof, car votre serviteur vous écoute ; îo PreiMl par après en main la protestation sulvaols, laquelle doit servir de conclusion A toalè votre contrition , et que vous devei avoir premièrement méditée et considérée. U»
sez-la donc attentivement et avec le plus de ressentiment qu*il vous sera possible (9*
(1) t»hn., part. t. ch. fUi.
(l)SMLHrt-li
DR S. FRJUlflWI M SALES.