‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 2)Chapitre 305 sur 356 · POUR LA PRATIQUE ET L'USAGE DE LA CONFESSION · texte numérisé non relu

POUR LA PRATIQUE ET L'USAGE DE LA CONFESSION

SL DerimporUnee ei des tTintages de la confession générale.

La purgation du péché se fait par le sacrement de pénitence : à cet effet la confession générale ou particulière esl requise. Et quoique la confession générale et de tonte la vie ne soit pas toujours absolument nécessaire , elle sera néanmoins extrêmement utile pour s'engager à la pratique des vertus , et pour commencer une nouvelle vie.

U arrive souvent , dit un prélat , que les confessions ordinaires de ceux qui vivent d*nne vie commune et vulgaire , sont pleines de grands défauts. •

4* Souvent on ne se prépare point ou fert peu. 2<> On n'a point la contrition lequise. 3* Au contraire , on se confesse bien souvent avec une volonté tacite de rdoumer au péché , n'en voulant pas éviter l'occasion , ni prendre les expédiens nécessaires à l'amendement de la vie. Et en tous ces cas la confession générale est jequise pour assurer Tame.

Mais outre cela elle a cet avantage , !• qu'elle nous porte à la connoissance de Qous-mesmes; t^eWe nous provoque à une anlutaire confusion pour notre vie passée ;

3<^ elle nous fait admirer la miséricorde de Dieu , qui nous a attendus en patience r i^ elle apaise nos cœurs ; S*» elle délasse nos esprits ; 6<» elle excite en nous de bons propos ; 7^ elle donne sujet à notre père spirituel de nous faire des avis cx>nvenables à notre condition ; 8® enfin elle nous ouvre le cœur, pour avec confiance nous bien déclarer aux confessions suivantes.

S II. Des moyens de It bien faire.

L Cherchez donc à cet effet le plus digne confesseur que vous pourrez.

IL Prenez en main quelqu'un des petits livres qui onl été faits pour aider les consciences à se bien confesser, comme Grenade , Bruno , Arias , et lisez-les bien ; el remarquez do point en point en quoi vous avec offensé Dieu , depuis que vous eûtes l'usage de raison , jusqu'à l'heure présente.

III. Et si vous vous défiez de voire mémoire , mettez par écrit ce que vous aures remarqué.

IV. Ayant ainsi préparé et ramassé les humeurs peccantes de votre conscience, détestez-les , et les rejetez p(ur une contrition et un déplaisir aussi grand que votre cœur pourra souffrir.

OtOMOrM

V. A ce étijet àôtttenêî-TOM de CM Coft* Bîdéralions t !• 0«ô , par le péché . voué avw perdu la grâce de Dieu , S» quitté vo tre part de paradis , 3» accepté les peines de Penfef, i* et renoûcé ft l*amour éternel

de Dieu (0-

S m. Des marque! de la bonne confessioB*

Pour marque que cette purgalion est perfeite et Véritable , il faut aussi renoncer •bsolument à toute aileclion du péché , et n'être pas , comme dit ce grand Saint , comme les Israélites , lesquels , quoique sortis de TÉgypte , regrettoient de n'avoir pas les chairs et les oignons qu'ils avoient •ccoutumé d'y manger ; ou comme la femme de Lolh , laquelle , pour être sortie de Sodome , ne laissoit pas de se retourner de ce côté-là ; ou enfin comme les malades , qui mangeroicnt volontiers des melons s'ils n'éloient menacés de la mort: c'est-à-dire , qu'il faut un dégagement total de toute affection au péché , par exemple, aut amourettes passées, aux ressentiments et à la vengeance , et à tout autre engagement ou acheminement au péché , par le danger qu'il y a de la rechute , qui est comme inévitable (2).

S IV. Aaire marque de ceue bonne conression, qui est une véritable conlrilion, et des moyens de se la procurer.

Pour cela , il faut <« entrer dans une vive et forte appréhension du grand mal qu'apporte le péché , et par ce moyen dans une puissante et véhémente contrition , laquelle, pour petite qu'elle soit, étant jointe à la vertu des sacrements , purge suffisamment du péché ; mais étant grande et véhémente , vigoureuse et universelle , affranchit de toutes les affections , dépendances et acheminements du péché , comme il est arrivé à la Magdelaine et â David , qui protestent non-^seulement de haïr le péché , mais toutes les voies et les sentiers qui y conduisent. C'est en ce point , dit ce saint évéque , que consiste le rajeuniss(»ment de l'ame , que ce même prophète-roi compare au renouvellement de l'aigle. ^

Pour exciter en soi cette vive appréhension et contrition du péché , il faut s'exercer aux méditations dressées par ce grand Saint à ce sw'yX dans la première partie de aa Philotée , où je vous renvoie , et dont

(i)»iaL,»art.I,ch.Ti. (t)MIL,9«rt.I.tlLTiii.

IM pf1fiCipalt%i(lKtiQai MmHroiild<«piii de pratiques pour les actes d« COntritioAi pour former les résolutions propres à l'i» mondement de la vie et à la pratique d« vertus (4).

S V. Ce qu'il faoi faire dans la eonreftloD.

Ensuite de cette préparation , voioi 11 pratique et Tusage : 4« Allet eounifpHiii* ment en esprit d'humilité faire votre ooi' fession, et ne vous laissez point troubkr par aucune sorte d'appréhension. 3* Quaid vous serez arrivée devant votre père spirituel , imaginez-vous d*ètrc en la montagne du Calvaire sous les pieds de Jésus- Christ crucifié , et que son sang prédeot distille de toutes parts pour vous laver dl vos iniquités. C'est en efl^i le mérite di ce sang répandu qui arrose abondammeol les pénitcns dulotif des confèssionnatH 3® Ouvrez donc bien votre cœur pour ei faire sortir les péchés par la confession; car à mesure qu'ils en sortiront , le précieux mérite dé la psssioti divine y entrera pour le remplir de bénédiction. 4* Mais dites bien tout, simplement et naïvement: contentez bien votre conscience en cdi pour une bonne fois , sans aucun trouUè ni honte. 5° Vous souvenant :

4<' Que le péché n'est honteux que quand nous le faisons , mais qu'étant converti ei confession , il est honorable et salutairs 2° Que la contrition et confession sont ii belles et de si bonne odeur, qu'elles effih cent la laideur et dissipent la puantour dt péché. 3<^ Que l'accusation de notre pédii nous sera douce et agréable , parce ({M Dieu en est honoré. i° Et que la paix iot^ ricure suivra bientôt , parce que c*est un« sorte d'allégement de bien dire au médecis le mal qui nous tourmente.

S VI. re quMl faut fkire après la eonféailott.

Cela fait: T Écoutez ravertissementfll les ordonnances du serviteur de Dieu , êl dites en votre cœur : Parlez ; Seigneof, car votre serviteur vous écoute ; îo PreiMl par après en main la protestation sulvaols, laquelle doit servir de conclusion A toalè votre contrition , et que vous devei avoir premièrement méditée et considérée. U»

sez-la donc attentivement et avec le plus de ressentiment qu*il vous sera possible (9*

(1) t»hn., part. t. ch. fUi.

(l)SMLHrt-li

DR S. FRJUlflWI M SALES.

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