EXERCICE A LA SAINTE COMMUNION
FAR l£ BON ÉTAT DES TROIS PDISSANCES DB L'AME,
Vit COMtSTE EN LA PDEfiATIOH DB CERTIIKU CflOiS), IT !>■ L'OHUSMUIT H
QDBLQDBS AimBB.
1 1. PrtpinUan it renUDdenient.
I. Purger l'entendement de toule cariotil^ , commenl le vrai corps de Notre-Seigneurnvec son sang, son ame et sa divioité , sont tout entiers en la sainte hostie , et tout en ses parties; qu'il soit un vrai G»ps, et en mftme temps au Ciel et en la terre , en tant de lieux et d'hosties , sur tant d'autels , et en tant de boucbes.
Qui sait comment Dieu créa le monde , notre ame, et la mit dans notre corps? De même de ce mystère adorable , il suffit qu'il l'a pu, etqu'ill'a fait; c'est à nous de te croire.
Lamanne tomboitdenuit, nondejonr; personne ne savoit comment elle se faisoil; le matin an la voyoit toute faite et descendue. Voyonsaussi la manne eucharistique sur nos autels et dans nos poitrines.
S'il nous vient quelque doute ou tentation là-dessus , n'y répondons que par le mépriset l'abomination, sans aucune subtihlé ni raisonnement , mais en nous humiliant sous la puissance de Dieu , disant de cœur et de bouche :
Stératton.
0 ^inte et immense toute- puissance de mon Dieu , mon entendement vous adore , vrop honoré de vous reconnottre et de vous faire l'hommage de son obéissance et soumission 1 Oh que vous êtes incompréhensi Me, et que je suis joyeuse de ce que vous l'êtes 1 Non , je ne voudrois pas vous pouvoir comprendre ; car vous seriezpetit, si une chélive capacité vous comprenoit. Hé quoi , petit moucheron , nourri parmi la pourriture de ma chair, voulez^vous brû-
ler vos ailes à cet immense fen de la puissance divine , laquelle consumeroit etdévoreroit les séraphins , s'ils se foumnent à telle curiosité? Non , petit papillon , Jl vous appartien t d'adorer et abtmer, et non pas de sonder la profondeur de ce mystère. Arrière, Satan! souviens-toi, matheureui , que ton outre-cuidsnce de vouloir voler trop haut t'a précipité en enfer. Je m'empêcherai bien de faire un tel saut, moyennant la grâce de mon Dieu. Tu trompas ainsi la pauvre Eve , lui voulut apprendre à savoir autant que Dieu ; mai) tu ne m'attrapperas pas, car je veux croiie et ne rien savoir.
Parer l'entendement de considéra lioM saintes, non de la manière que Notre-Seigneur y est. Les Israélites ne demandèrent pas comment la manne se faisoit , msisca que c'éloit : Man-hu , qu'est-ce ceci ? Considérez donc que c'est le vrai corps de Kotre-Seisneur, son sang, son ame, sa diïinité; qu'il s'unitê nous par la communim la plus intime qui se puisse concevoirln>^ veilleuse et pleine d'amour.
ËliiatiDik
Peu m'importe , é mon Dieu , que je sfr che comment vous venez à moi en ce divii sacrement : il suffit que je croie très-catainement que c'est vous-même , v(rtre vrai corps, votre vrai sang, votre aoMSl votre divinité , que c'est le mystère de la plus intime union et communication qw votre amour a pu inventer pour vous unir à nous, et nous communiquer les plus précieux dons de votredivin amour. Je le c( ainsi , ô mon très-cher Sauveur. En celU disposition, venez, unissez-vous imoî, et prenez possession de moa ctBur,
DE S. FR4NQ0IS DE SALES
|n. Préparation de la mémoire.
La purger de la souvenance des choses périssiibles de la terre et des affections mondaines. Figure de c^i dans la manne, qui ne lomboit que dans le désert, loin des villes et des bourgades. On relroussoit les habits, mangeant Tagneau pascal , afm que rien ne floltât sur la terre. Abraham laissa Tâne et les serviteurs au bas de la montagne ; c'est-à-dire qu*il faut mettre bas toutes les pensées des choses temporelles jusques après la sainte communion, pour ne penser qu*aux bienfaits de Dieu , comme la création, lu conservation , et la pas-sion, selon Tinslitution de ce divin sacrement.
Élévation.
Arrière donc toutes les pensées de la terre : ma plus grande application, ô divin Sauveur de moname, estde vous recevoir et de me ressouvenir de vos bienfaits, surtout de celui de ma rédemption , en mémoire duquel vous m*avez laissé le même corps en ce sacrement , qui souflrit pour nous sur la croix ; afm qu'en le recevant je me ressouvinsse de la sanglante journée en laquelle par son amère passion, il nous délivra de la damnation.
C'est en celte disposition, ô mon trèscher Sauveur, que je désire vous recevoir maintenant, et vous témoigner reconnoisaance de cet inestimable bienfait.
S UI. Préparation de la volonté.
La purger des affections déréglées , même des choses bonnes. Les affections flODt les pieds de famé, qui la portent partout où elle va : c'est s'en purger que de n*en avoir plus pour les choses de la terre.
En figure de ceci les Israélites mangeoient l'agneau pascal avec les souliers aux pieds. Et notre Seigneur les lave aux apôtres avant Tinslitulion de ce divin sacrement, pour marquer que les adeclions doivent être très-pures en s'en approchant.
L*on ne cueilloit la manne qu'à la fruidieur et avant le lever du soleil , pour dire que les ardeurs des affections naturelles empêchent qu'on ne recueille les fruits de Celte manne céleste, et qu'on n'y doit venir qu'avec une volonté fraîche et non écliauffée d'autre dé^ir que d'en profiler. l'ai dé^ré| dit notre Seigueur, d'un ardent
désir de manger cette pâque avec vous.
Voilà notre règle , et le modèle que noua devons imiter. •
Élévation. *
0 divine manne qui renfermez les délices du corps et du sang de mon Sauveur Jésus-Christ , c'est vous seule que je désire et que je souhait"? ardemment de recevoir aujourd'hui. Rendez-!noi amères toutes les délices des sens et lc> autres plaisirs de la vie. Faites que les désirs de mon cœur et les affections de ma volonté ne soient jamais que pour vous, et que jamais elle ne' goûte aussi d'autres délices que celles de votre divin amour. Montrez- vous à moi, ô le souverain bien-aimé de mon ame, et que tout autre bien me soit à jamais à dégoût.