‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 2)Chapitre 317 sur 356 · A LA SAINTE COMMUNION · texte numérisé non relu

A LA SAINTE COMMUNION

Soavenez-vous(Philotée) que le Sauveur a institué le très-auguste sacrement de l*Euchanbtie , qui contient réellement sa chair et son sang , afin que qui le mange , vive éternellement.

Quiconque en use donc souvent avec dévotion , affermit tellement la santé et la vie de son ame , qu'il est presque impos* sible qu'il soit empoisonné d'aucune sorte de mauvaiae aflEBction : on ne peut étca

OfUflCClfiS

nourri de cette chair de tie , etyivre des affections de mort.

Si ies liommes demeurant au paradis terrestre pou voient ne mourir point selon le corps , par la force du fruit vital que Dieu y a voit mis , à plus forte raison peuyent-ils ne point mourir spirituellement par la vertu de ce sacrement de vie.

Si les fruits les plus tendres et sujets à corruption se conservent aisément toute l'année étant confits au sucre ou au miel , nos cœurs, quoique frêles et imbécillcs, seront préservésde la corruption du péché, étant sucrés et emmiellés de ht chair et du sang incorruptibles du Fils de Dieu.

0 Philotée, les chrétiens qui seront damnés demeureront sans réplique lorsque le juste juge leur fera voir le tort qu'ils ont eu de mourir spirituellement , puisqu'il leur étoit si aisé de se maintenir en vie et en santé par la manduoation de son corps , qu'il leur avoit laissé à cette intention.

Misérables, dira-t-il, pourquoi êtes- vous morts ayant à conmiandement le fruit et la viande de la vie?

De communier tous les jours , ni je ne le loue , ni je ne le blâme ; mais de communier tous les jours de dimanche , j'y convie et y exhorte un chacun , pourvu que l'esprit soit sans affection de pécher. Cet avis est de S. Augustin.

La disposition requise pour une si fréquente communion que tous les jours , 'levant être fort exquise , il n'est pas bon do le conseiller généralement ; mais aussi cette disposition se pouvant trouver en plusieurs bonnes âmes , il ne seroit pas bon non plus d'en divertir et d'en dissuader généralement un chacun : il faut avoir égard en cela à l'état intérieur d'un chacun en particulier. Le plus assuré est de suivre l'avis de quelque digne directeur , après quoi s'en tenir à la réponse de sainte Catherine de Sienne , appuyée de S. Augustin , priant qu'on ne blâme point , non plus que ce grand saint, le fréquent usage de cette sainte action.

Je vous exhorte donc avec S. Augustin , et vous conseille bien fort de communier tous les dimanches tant qu'il vous sera possible, puisque vous n'avez aucune sorte d'afiection au péché mortel , ni véniel. Vouft pourries enoort oommimier plot

dourent que tons les dimanches , si votre père spirituel le trouvoit bon ; puisque votre disposition seroit plus excellente, nonseulement n'ayant pas l'affection de pécher , mais n'ayant pas même l'affection du péché.

Plusieurs légitimes empêchements de la part de ceux avec lesquels vous vivez pomw roient donner occasion au sage conducteur de vous dire que vous ne commimiiez pas si souvent.

Par exemple : 4. Si étant en quelque sujétion , et vos supérieurs étant si bizarres qu'ils s'inquiètentde vous voir communier si souvent , condescendre en quelque sorte à leur infirmité, et ne communier que de quinze en quinze jours , an c^snéanmoinsqu'on ne puisse aucunement vaincre la difficulté , quoique je puisse dire assurément que la plus grande distance des communions est celle de mois a mois pour ceux qui veulent servir Dieu dévotement

2. Si vous êtes prudente , il n'y a r père , ni mère , ni femme , ni mari , qm vous empêche de communier souvent; pui^ que le jour de votre conununion vous ne laisserez pas d'avoir le soin qui est conve* nable â votre condition , et que vous en serez plus douce , plus gracieuse en leur endroit , et ne leur refuserez aucune sorte de devoirs.

3. Les fonctions conjugales même n'excluent personne de la communion, si d'ailleurs la dévotion provoque à la désirer. Les premiers chrétiens communioient tous les jours, quoique mariés et bénis delà génération des enfans. C'est pourquoi j'ai dît que la fréquente conununion ne donnoit aucune incommodité, ni aux pères, ni aux femmes , ni aux mères , pourvu que l'ame qui communie soit prudente et discrète.

i. Quant aux maladies corporelles , celle-là seule peut être un légitime empêchement à cette sainte participation , qui provoque au fréquent vomissement.

5. Pour communier tous les huit jours, il est requis de n'avoir ni péché mortel , ni aucune affection au péché véniel; mais pour communier tous les jours , il faut outre cela avoir surmonté la plupart des mauvaises inclinations , et que ce soit par l'avis du père spirituel (4).

(l)Pliil.,p«rt U,ob. u.

DE S. FRANÇOIS DE SALB8

tnOq/U* paitteulUrM pour la ttlnl* wmmii-

Commencez le soir précédent à voue préparer à la sajnle communion par plnsieun aspirations et élancemens d'amour , vous retirant un peu de meilleure heure, afin de vous pouvoir aussi lever plus matin.

Si la nuit vous vous réveillez, remplissez soudain votre cœur et votre bouche de quelques paroles odorantes , par le moyen Àesquetles votre ame soit parfumée pour recevoir l'Époux, lequel veillant pendant que vous dormez , se prépare à vous apporter mille grâces et faveurs , si de votn part voua êtes disposée à le recevoir.

Le matin , levez-vous avec grande joie , pour le bonheur que vous ospérez ; et vous élaot confessée, allezavec une égale confiance et humilité prendre celte viande cluute qui vous Dourrîra à l'immortalité.

Après avoir dit les paroles sacrées, Siigtuur , }a nt t»\t pat digne , etc. , ne remuez plus votre tête ni vos lèvres , soit pour prier , soit pour soupirer j mais ouvrant doucement et modestement votre bouche, et élevant votre tête autant qu'il fout pour donner commodité au prêtre de TOir ce qu'il fait , recevez , pleine do foi . d'espérance et de charité, celui lequel, auquel , par lequel , et pour lequel , vous croyei , espérez et aimez.

Considérez le prélre comme une abeille mystique, lequel ayant pris sur l'autel le Sauveur du monde , vrai Fils de Dieu , qui comme une rosée est descendu du ciel , et

Votre grande intention en la communion doit être de vous avancer , fortifier , et consoler en l'amour de Dieu : vous devez recevoir pour l'amour ce que le seul amour vous fiiit donner.

Le Sauveur ne peut être considéré eo une aclioD ni plus amoureuse , ni plus tendre , que celle de la communion , en laquelle il s'anéantit , par manière de dire , et se réduit en viande, afin de pénétrer noa âmes cl s'unir intimement au cœur et an corpe de ses Bdèles.

Les mondains vous demandent pourquoi vous communiez si souvent, ditesleurque c'est pour apprendre Aaimer Dieu, pour voua purifier de vos imperfections, pour vous délivrer de vos misères , pour vous consoler en vos afflictions , pour vous appuyer en vos foiblesses.

Dites-leur que deux sortes de gens doivent souvent communier : les parfaits , parce que étant bien disposés ils auroient grand tort de ne point s'approcher do la source et fontaine de perfection ; et les imparfaits , afin de pouvoir justement prétendra à la perfection; les forts, a&nqu'ils ne deviennent foibles ; et les foibles , aSn qu'ils deviennent forts; les malades, ailn d'être guéris ; les sains , afin qu'ils ne tombent en maladie; et que pour vous, conuiieimparfaite,foible etmafade, vous avez besoin de souvent communiquer avec votre perfection, votre force et votre mé-

Dites^eur que ceux qui n'ont pas beau-

KIsdek Vltrs., qui comme tor. d'atoi mondaine. , doivmi com-

m d« ]■ lerce d. noire hnman.li , le „„;,,, ^^^^^ ^^ ^^.^^ ,„ „, „j^

site ; et que oelui qui travaille beaucoup, et qui est chargé de peine, doit aussi lum-

ger les viandes solides et souvent.

Dites-leur que vous recevez le saint sa-

elBOrU

met en viande de suavité dedans votre

bouche et dedans votre corps.

L'ayant reçu , excitez votre cœur à venir faire hommage & co Roi de salut ; traj-

tazaveoluidevosaSniresintérieures. Con- i j , . ..

aidérei-IedeVBnt vous et dedans vous, Où froment pour apprendre à le bien U s'ect mis pour votre bonheur : falte»-lui "«J'. !»"■; <^« l" °" "^ '«'^ 6"*"* ^len toat l'accueil qui vous sera possible , et ' l'.^^^V^Jl''.^)!.! "J?,."" COmporteB-vouB en sorte que i'on connoisse en toutes vos actions que Dieu est avec

Ne pouvant pas avoir le bien de communier réellement à la sainto messe, cornnoniezau moins de cœur et d'i'sprit.vuus unissant par ardent désir à cette chair vi- Tifianto du Sauveur.

s exerce pas souvent. Communiez souvent, Pliilotée , ut le plus souvent que vous pourrez , avec l^via de votre père spirituel , et croyez qu à force d'adorer et manger la beauté, la bonté , et la pureté même en ce divin acrument , vous deviendrez toute belle , toute bonne , et toute pure (1).

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