ASPIRATIONS A LA SAINTE COMMU- NION
0 sainte et glorieuse vie, c*es( en la communion du corps et du ^ang de mon divin Sauveur que je trouve des gages de ton éternité bienheureuse. Fuites, ô mon très-cher Sauveur, que dès maintenant et à rheure de mon départ de cette vie, vous me (serviez de soutien et de viatique pour me rejoindre inséparablement à vous, et que vous y soyez à jamais ma yraje vie,
Aspimtton dévote aa saint sacrement de l'autel, tl à U vision bien heureuse dont il est le gage.
Dans le ciel , ah I mon Dieu , quelle faveur * votre divinité s'unira elle-même à notre entendement , sans entremise d'espèce ni do représentation quelconque ; mais elle s'appliquera et joindra ellemômc d'une union »i parfaite, qpe cette intime présence tiendra lieu de roprésentalion et d'espèce. 0 vrai Dieu ! quelle suavité à l'entendement humain d'être à jamais uni à son souverain objet , recevant, non sa représentation, mais la propre essence de sa divine vérité et mu-
jcstél
C'est 1.0 , 6 mon Dieu , que votre benlé paleruoHe ne ^e contente pas de faire re- «evotr so propre 8ub2>tance en nolro entendement , c'etit-à-dire de noui> faire voir M divinité ; mais pur un Mme de votre douceur vous appliquerez vous-même vofm aubslance divipe à notre esprit , afin que nous l'entendions , non pas on oapèco
ou repr^entation , mdfs «n 9Ho«lll4m fl par efle-mônie ; en |orto quç vQtm sulistance paternelle çt éternelle serve d'eapèce aussi bien qu^ d'ofeJQt î PQlrQ qqWHdement.
Bonheur inflni, qui ne nous 9 pas s^ulfment été proniis en l'autre vje , mA^ dqi^t nous avons des arrhes aq très-saip^ SuCffment de l'Egçharisti^, en ce ffiitin perpétuel de la grâce divine ; car c*e$t |^ q\\ nous recevons le sang dq Sauveur en s« phair, ft sa chair en son sang; §pn sang nQU$ étoR* appliqué par sa chair, sa substance par 9fi substance à notre propre beuçhe corpth relie ; afln que nous ^achigns qu'ain^^i il nous appliquera son essence divine au festin éternel de la gloire. U est vrai qu*iQi bas cette faveur nous est faite réellement,
m\9 à çpqvert ^us les espôce« ou app»renées saoramentelles; là ou au Ciel , la divinité se donnera à découvert, et nous la verrons face % faoe » comme oile est. Ainsi soit^l (4),
Élans oa saillies de l'amoar de MeuTnillanre Tfli» notre Seigneur après la sainte cominiioton.
Que VOUS rcndrai-je , 6 Seigneur, pour toutes les faveur^ dopt vous combles moa ame maintenant? Je vous ai dit i Seigneur, VOUS êtes mon Dieu , qui , tout plein de votre infinie bonté, ne pouvez avoir indi* gence , ni de mes biens, ni de chose quelconque ; mais si par imagination de ohoso impossible je pouvois penser que vous eutsiez besoin de quelque bien , je ne cesse» rois jamais de vous le souhaiter au péril do ma vie , de mPQ être • et de tout ce qui est
au mpnde,
Quç si étant ce que vou9 étoe , et quo vous ne pouvez jamais cesse)* d*étre, il ^toit possible qqp vous reçussiez quelquo pccroii^ment de bien , 4 bqn Dieu I quel dé^^ir aurpi»-je que vous Teussiezl Alors « 4 Seigneur éternel I je voudrois voir con^ vcriir mon cceur en souhait, et ma vie eo soupin», pour vpu§ désirer ce bieuvlà, Ah I mais pourtant! ù le çaoré bien-aimé do mon ame, je no d^iire pas de pouvoir dér sirer aucun bien à votre majesté; au eon* traire , je me çpmplais do tout mon cœur en ce su|)rême degré de bont^ que vQus avez , auquel , ni par désir, ni même par pensée , on ne peut rien ajouter : mais ai
(1) Tb«oL,clu lu
OPUSCULES
ce désir étoit possible, 6 divinité infinie , 6 infinité divine , mon ame voudroit être ce désir, et n'être rien autre que cela, tant elle désireroil de dés^îrer pour vous ce qu'elle se complaît infiniment de ne pouvoir pas désirer, puisque Timpuissiince de faire ce désir provient de Tinfinie infinité de votre perfection qui surpasse tout souhait et toute pensée.
Hé I que j'aime chèrement l'impossibilité de vous pouvoir désirer aucun bien , 6 mon Dieu î puisqu'elle provient de l'incompréhensible immensité de votre abondance , laquelle est si souverainement infinie, que s'il se trouvoit un désir infini , il seroit infiniment assouvi par l'infinité de votre bonté qui se convertiroit en une infinie complaisance (4).
Peniéei irés-dérolet pour la communion , on recueillpiiient iniérieur «uprét de notre Seigneur prévenu
0 Dieu , permettez-moi , à l'imitation d'un de vos très-chers amans , que je vous dise : Où vous allois-je cherchant , be^iuté très-infinie? Je vous cherchois dehors, et vous étiez au milieu de mon cœur.
Imaginez -vous, ô mon âme, la trèssainte Vierge Notre-Dame : lorsqu'elle eut conçu le Fils de Dieu, son unique amour, l'ame de celte mère bien-aimée se ramassa toute, sans doute, autour de cet enfant bien-aimé ; et parce que ce divin ami éloit au milieu de ses entrailles sacrées, toutes les facultées de son ame se retirèrent en elle-même, comme de saintes aveltes dedans la ruche en la(]uelle éloit leur miel ; et à mesure que la divine grandeur s'éloit, par manière de dire, rélrécie et raccourcie dedans son ventre virginal, son ame agrandissoit et magnifioit les louanges de celle infinie débonnaireté , et son esprit tressaiiloit de conleniëment dedans son corps, comme celui de saint Jean dedans celui de sa mère , autour de son Dieu qu'il Bentoit. Bile ne lançoit point ni ses pensées , ni ses affections hors d'elle-même , puisque son trésor, ses amours et ses délices étoient au milieu de ses entrailles sacrées.
Avis ou réflexions.
Or, ce même contentement peut être pratiqué par imitation entre ceux qui,
(i; TbéoL, u« f.
ayant communié , sentent par \h a&rtitude de la foi ce que ni la chair, ni le sang, mais le Père céleste leur a révélé : que leur Sauveur est en corps et en ame présent d'une très-réelle présence à leur corps et à leur • ame par ce très-adorable sacrement. Car comme la mer perle ayant reçu les gouttes de la fraîche rosée du matin , se resserre, non-seulement pour les conserver pures de tout mélange qui s'en pourroit faire avec les eaux de la mer, mais aussi pour l'aise qu'elle ressent d'apercevoir l'agrôable fraîcheur de ce germe que le ciel lui envoie; ainsi arrive-t-il à plusieurs saints et dévots fidèles, lesquels ayant reçu ce divin sacrement qui contient la rosée de toutes bénédictions célestes , leur ame se resserre, et toutes leurs facultés se recueillent non-seulement pour adorer ce Roi souverain , nouvellement présent d'une présence admirable à leurs entrailles, mais pour l'incroyable consolation et le rafraîchissement spirituel qu'ils reçoivent de senlir par la foi ce germe divin de l'immortalité en leur intérieur.
Etc^ recueillement se fait par l'amour, " qui sentant la présence du bien-aimé |Kir les attraits qu'il répand au milieu de leur cœur, ramasse et rapporte toute l'ame vers lui par une très-aimable inclination, par un très-doux conlournement, et par un délicieux repli de toules ses facultés du côté de ce bien-aimé, qui les attire à soi par la force de sa suavité, avec laquelle il lie et lire les cœurs, comme on tire les corps par les cordes et liens matériels (1).
AUTRES EXERQCES