ECCLI. XXX S
(t) Qttffre irlAii es, anioaamearet qaara coatarbflL> me V i^g. xLii. t.
(3: Amen <ilcu robii quia plurabiiia et Oobtlia toi. JoA.i. XVI. f!0. In mundo pre^saram habebliU. Ibid U.
(k) Nou turbetur cor Taauum, neque foraédel. t^d XIV, Î7.
(5) Ecce to p«ce amarUiitfo oMt firinl— i lêà»
XULTIll, 17.
qui attrempe les chalenrs des consolations, et avec quelques raisons précédentes.
La mauvaise tristesse perd cœur, s'endort, s'assoupit , et rend inutile; faisant abandonner le soin de I*œuvre , comme dit le Psalmiste , et comme Agar, qui laissa son fils sous l'arbre pour pleurer. La bonne tristesse donne force et courage , ne laisse point , ni n'abandonne un bon dessein , comme fut la tristesse de notre Seigneur, laquelle , quoique si grande qu'il n'en fut jamais de telle , ne l'empêcha pas de prier et d'avoir soin de ses apôtres. Et Notre- Dame ayant perdu son fils fut bien triste , mais elle ne laissa pas de le chercher diligemment , comme fit aussi la Madeleine , sans s'arrêter à lamenter et pleurer inutilement.
La mauvaise tristesse obscurcit l'entendement , prive rame de conseil , de résolution et de jugement , comme elle fit ceux desquels parlant le Psalmiste , il dit qu'ils furent troublés et ébranlés comme un homme qui est ivre , et toute leur sagesse fut dévorée (4) ; on cherche les remèdes çà et là confusément , sans desseins , et comme à tâtons. La bonne ouvre l'esprit , le rend clair et lumineux , et , comme dit le Psalmiste , donne l'entendement.
La mauvaise empêche la prière, dégoûte de Torai^on , et donne défiance de la bonté de Dieu ; la bonne au contraire est de Dieu , assure la personne , accroît la confiance en Dieu , fait prier et invoquer sa miséricorde. La tribulation et l'angoisse m'ont troublé , mais vos commandemens ont été ma méditation (2).
Bref , ceux qui sont occupés de la mauvaise tristesse , ont une infinité d'horreurs, d'erreurs, et de craintes inutiles , de peines et de peurs d'être abandonnés de Dieu , d*étre en sa disgrâce , de ne pouvoir plus se présenter à lui , pour lui demander pardon , que tout leur est contraire et à leur salut, et sont comme Caïn, qui pensoit que tous ceux qui le rencontreroient le voudroient tuer. Ils pensent que Dieu soit inéquitable en leur endroit , et sévère jusqu'à * l'éternité , et le tout pour leur particulier seulement , estimant tous les autres assez heureux , au prix d'eux : ce qui provient
(1) Tarbati tant et motl «aot «icat ebrias, et omnli MpicDtia eorutn devorata est. Ps. cvi, 97.
(i)Trihulatio et auguatia lOTenerunt me; mandata tut BMdltatio met eat. P«. cxviti, 143.
d'une secrète superbe qui lenr perraid»
qu'ils devraient être plus fervents et meilleurs que les autres , plus parfaits que nul autre. Bref , s'ils y pensent bien , ils trouveront que ce qu'ils pensent de leur faute plus considérable, c'est parce qu'ils se pensent eux-mêmes plus considérables.
Mais la bonne tristesse fait ce discours: Je suis misérable , vile et abjecte créature , et partant , Dieu exercera en moi sa miséricorde ; car la vertu se parfait dans Hafirmité , et ne s'étonne point d'être pauvre et misérable.
Or le fondement de ces différences qui sont entre la bonne et la mauvaise tristesse, c'est que le Saint-Esprit est l'auteur de It bonne tristesse , et parce qu'il est l'unique consolateur, ses opérations ne peuvent être séparées de charité. Bref, parce qu'il est le vrai bien , ses opérations ne peuvent être séparées dn vrai bien , si que les fruits d'icelui , dit S. Paul , sont charité • joie , paix , patience , bénignité , longanimité (4)*
Au contraire, le malin esprit , auteur de la mauvaise tristesse (car je ne parle point de la tristesse naturelle , qui a plus; besoia de médecins que de théologiens) , c'est ui vrai désolateur, ténébreux et embarrasseur; et ses fruits ne peuvent être qœ haine, tristesse, inquiétude, chagrin, malice , défaillance. Or toutes les marques de la mauvaise tristesse sont les mêmes pour la mauvaise timidité.
Art. V. Remède contre la tristesse.
Section l. Premier remède. La patience.
Premièrement , il la faut recevoir avec patience , comme une juste punition de nos vaines joies et allégresse ; car le malin , voyant que nous en ferons notre profit , ne nous empressera pas tant , bien qu'il ne faille pas avoir cette patience, pour en être délivn§ , mais pour le bon plaisir de Dieu; et la prenant pour le bon plaisir de Dieu, elle ne laissera pas de servir de remède.
Section II. Second remède. La réslstanet.
Secondement , il faut contrevenir vivement aux inclinations de la tristesse , et forcer ses suggestions ; et bien qu'il semble que tout ce qui se fait en ce temps-là se
(I) Fractu» aotem «piritûs eat chtritta . ««adian . pai . patletitia , benit^Dlias, bonitaa, loofaDimitta. naaioe» tudo , Odes , modeetlt , cootineoUt, otMittt Gaiut. t. fS
DE S. FRANÇOIS DE SALES
tSI
fesse tristement • il ne faut pas laisser de le faire ; car IVonomi , qui prétend de nous alentir aux bonnes œuvres par la tristesse, voyant qu'il ne gagne rien , et qu'au contraire nos œuvres sont meilleures , étant faites avec résistance, il cesse de nous plus affliger.
81CT1011 III. Troisième remèd« Le cbant det
cantiqaes.
Troisièmement, il n'est pes mauvais, quand il se peut, de chanter des cantiques spirituels; car le malin a souvent cessé son opération par ce moyen , pour quelque cause que ce soit : témoin Satil, duquel la violence étoit attrempée par la psalmodie.
Sicnoii IV. Qoatrième remède. Lee oavret eitèriearefl, indifférentee.
Quatrièmement , il est bon de s'employer à Pœuvre extérieure , et la diversifier le plus que l'on peut , pour divertir la véhémente application de l'esprit de l'objet triste , purifier et échauffer les esprits ; la tristesse étant une passion de complexion fh>ide et humide.
81CT1OM V. Cinqaième remède. Les eiereioes de piété extérieure.
Cinquièmement , il est bon de faire souvent des actions extérieures de ferveur, quoique sans goût , comme d'embrasser le crucifix , le serrer sur son cœur et sur sa poitrine , lui baiser les pieds et les mains , lever les yeux au Ciel avec des propos d'espérance, comme : Mon bien-aimé est à moi , et moi à lui (4). Mon bien-aimé m'est un bouquet de myrrhe , il demeurera entre mes mamelles (2). Mes yeux se fondent sur vous , ô mon Dieu , disant : Quand me consolerez-vous? Si Dieu est pour moi , qui sera contre moi (3)? Jésus, soyez -moi Jésus. Vive mon Dieu , et nion~ame vivra. Qui me séparera de l'amour de mon Dieu (i)? et semblables.
Sbction VI. Sixième remède. Le discipline.
La discipline modérée y est quelquefois bonne , parce que la volontaire affliction extérieure impètre la consolation intérieure de l'âme , et s'appliquant au corps
(1) Dileotat mens nlbl , «t «fo illi. Cakt. I, IS.
(fl) Fascicalu* myrrtaa dUecius meiu mibl : iDMrnlMra
commurabitur. Ibid. i, ifl.
(8) Si Deux pro nobii, qais eootrt dosT Rom. tiii. St. (4) Qui* ttof Mp«rebit à QbariUt* CbrUiif Rom. tm, tl.
des douleurs extérieures , on sent moins l'effort des intérieures , dont le Psalmiste disoit : Mais quant à moi , quand il me molestoit , je me revétois de haire (4). Et ailleurs , peutrétre tout à propos : Ta verge et ton bâton m'ont consolé (1).
Sbctiou VII. Septième remède. La prière.
Septièmement , la prière y est souve* raine , suivant l'avis de S. Jacques : Quelqu'un est-il triste , qu'il prie (3). Je ne veux pas dire qu'il faille faire en ce tempslà de plus longues méditations, mais je veux dire qu'il faut faire de fréquentes demandes et répétitions à Dieu : il faut toujours ^'adresser en ce sens-là à sa divine bonté , par des invocations pleines de confiance , ce qu'on ne fait pas quand on est dans le temps de la joie, et hors de la tristesse , où l'on peut croire que l'on a plus de besoin d'exciter en son cœur les sentimens de crainte ; par exemple , ceux-ci : 0 Seigneur très-juste et terrible , ô que votre souveraine majesté me fait trembler 1 et semblables. Mais dans les tempe de tristesse , il faut employer des paroles de douceur ; par exemple : 0 Dieu de misérièorde , très-bon et très-benin , vous êtes mon cœur, ma joie , mon espérance , le cher époux de mon ame ; et semblables ; et les faut employer bon gré malgré la tristesse , à laquelle il ne faut point donner d'audience ni de crédit , pour vous empêcher de proférer et énoncer ces paroles de confiance et d'amour , et bien qu'il semble que ce soit sans fruit , il ne faut pas laisser de continuer, et attendre le fruit , qui ne laissera pas de paroître après un peu de contention.
Section VIII. Haitième remède. La sainte communion.
Huitièmement, la fréquentation de la communion , et cette intention est excellente , car elle nous donne le maître des consolations.
Sbction IX. NeuTiéme remède. La déeoaverte de son intériear à un sage directear.
Neuvièmement , l'un des plus assurés remèdes est de déployer et ouvrir son
(1) Eco «at«m, eùm nlbl molMil tMmt, ladatbtr
OlltClO- Pf. XkXIY, it.
(i) Vint tu et baculos Laos Ipta bm cousolaU Pt. XXII. 4.
(S) IntUcMl âliaaU rMlrùint 0r«t Jao. t, It.
ovoscnss
ccBiip| fln§ y rien cmobt, é i|U6i<|U6 pw* tonne spirituelle et prudente , et lai déclarer tous les ressenlimens , affections et sus^tkmsqoi arrivent de notre tristesse , et les raisons avec lesquelles nous les noarri:-sons ; et cela il le faut foire homblement et fidàlemeot.
Et notez que la première condition que le malin met en Tame qu'il reut affliger et séduire , c'est le silence , comme font les séditieux , dans les conspirations et fâcheux érénemens; car ils demandent surtout que leurs entreprises et résolutions soient secrètes. Dieu , an contraire , demande pour la première condition , la discrétion ; ne voulant pas à la vérité que l'on découvre indiscrètenient ses grâces et foveurs I mais bien que l'on les découvre avec prudence , ei selon les règles d'une humble discrétion , aux penonne^ de qualités requises.
GtadeslM.
Ces rè^es sont grossières, et seulement bonnes à combattre la tristesse et inquiétude démesurée. Ceux qui ont plus de diacememen t aux choses spirituelles, se pourront guider par d'autres voies , que notre Seigneur leur suggérera : cependant , si celles-ci peuvent servir, employez-les soigneusement, et priez pour celui qui voua les a marquées.
Nota. En suite de cetavis sur la tristesse et l'inquiétude , il 7 a dans le petit livre une haute instruction qui a pour titre D$ Vesprit de liberté ^ que j*ai omise en œ lieu , parce qu'elle se trouve mot à mot danà une lettre à madame de Chantai , du 44 octobre 4604. Je l'ai renfermée entre ces deux marques ( ) pour indiquer le oommenoemaot et la fia*
YBAI CARACTÈRE M Là nvrassB sALonrAïai m ul
FBfFTBfCB.
La tristesse de la pénitence ne doit pas tant être nommée tristesse que déplaisir ou sentiment et détestation du mal. Tristesse qui n'est jamais ni ennuyeuse ni chagrine; tristesse qui n'engourdit point Tesprit, mais qui le rend actif, prompt, et diligent \ trL>tesàe aui n'abat point le ooniri
mais qui le relevii P"^ ^^ piSiv d nHps ranee et qui lui fait faire les éteai da 1 fervente dévotion^ tristesse laque Be au fort de ses amertumes , produit toajoorsll douceur d*une incomparable eonaobtioa , suivant le précepte du grand S. Augmrfia; Que le pénitent s'attriste toujours , qu'il se réjouisse toujours de
La tristesse, dit Cassien, qui opère II solide pénitence , de laquelle on ne si repent jamais, est (Misante, alifalea humble, dâ>onnaire, suave, patienla, comme étant issue et desoendoe de h charité; de sorte que n'étendant à touii douleur de corps et d'esprit, eOe est m certaine foçon joyeuse, animée, et rsvigoréa de l'espéranoa dm sob profit : sb retient toute la suavité de rsffsbililé tt longanimité, ayant en eU^-méme Issfrmli du Saiot-E^t, qui sont la charité, h joie» la paix, la kmgpnimité. la bonté. Il bénignité, la foi, la mansnénrietlacsa> tinenoa.
Talla est la vrais pénitence, et taUa a< la bonne tristesse, qui certes n'est psspi^ prement triste ni mélancoliqoe, mais ses» lesseni aHentive et ^tedîonnée à délesiBr, à rejeter et empêcher le ma! du péché pov le passé et pour revenir, par la aeul amov de Dieu , auquel il déplatt ; e'es^4-dhne SBSi mélange d'aucun amour imparftùl, aasss»
Gune vue d'intérêt de la peina on ds la lécompense éternelle (4).
Voici l'usage de cette repentanca amoa»
reuse, qui se pratique d'ordinaire psrdes élana ou par des élèveaients du eœnr sa Dieu , coHune le pratiquoieni les pénitents.
Je suis vôtre , é mon Dieu !
ayez miséricorde de moi , car mon ame se confie en vous; sauves-moi , fleignear, car les eaux submeiigent mon cœur; irites-moi eoaune un jfe vos Seigneur; soyez-moi propice, à vre pécheur.
Cest en ce sens qu'on dit que roraisoa justifie ; car l'oraison repentante, ou la lepentance suppliante, élève l'ameea Dieu; et , la réunissant à sa bonté, obtient sns doute pardon en vertu du saint amoarqai lui donne le mouvement sacré (8).
<l) TMoL, Ut. S&. du SL - (D JK Uf . u, ih. A
DE S. FRAlfÇOtS DK SALES.
nn
CONSTITUTIONS
DE L'ACADÉMIE PLORIMONTAINË (1),
ÉBÎGÉE A ANNECY PAR SAINT FRANÇOIS DE SALES, ÉfÊQtJB DE GENÊVB, Wt PAB U. ANTOINE FAVaK, ^ftSIDBtlT DV tttNEfOlS, L*AN 1607. (TiréM d6 li FU
da Saint, par Auguste da Sales, pag. M8 du flrançoto, pag. S0& da latin.)
^ÊÊâ
Finis academi» virttttum om^îam axercitium esto, suprcma Dei glori» , serenissimorum principum obsequium • et utilitas publica.
Soli probi et docti recipiuntor. Quicumque recipiendas erit , ab aliquo ex academicis praesontator. Et racepti no* men , cognomen , patrie , conditiones , in catalogum referuntor. Recipiendus Tel Terbo , sive libéra , sive solutA oratione ooràm academicis sua doctrinœ probationem facito.
Academici omnes et singuli nomina ad placilum cum symbolis congruis assumunlo. Censoribus autem ut rectè nomina et symbole sumantur, heve sumptadeserantiir,cura esto. Symbole ubi depicta fuerintfreceptionis ordine affiguntor.
Consul tationes maturo judicio et accuratè de dicluris fiunto. Ad générales oonvenlus ingeniosi quique arlium magistri , ut pictores, sculptores , fabri , architecti , et bis similes admilluntor.
Lectio quaovis integrum aliquA de materiâ, si fieri possit, tractatum comprebendito; sin minus eorum qnœ in prima lectione tractabuntu^, oplima conclusio babetor. Dicendi , legendive stylus gravis, ezcultus ac plenus esto , nec ullo modo rbemnianum sapito. Lectiones vel arilhmetic® , vel- géométrie® ^ vel cosmograpbic8B , vel philosophicfiB , vel rbetoricas , ai non theoiogicœ, eut politicaa, sunto. De linguarum ornatu , ac prœcipuè Gallicte, tracta lor. Academici leclionibus de-
(1) U tfoe tf« nmawm , Heari de SaTole* fM établi M
Clnc« «l 1« protecteur do racadémie. et S. François de lai , arec U. Parre . ie« deox auesteiin, Pao pour la gMIONfai* M la lté«l*fl« , reairt pmkt la |oriiyraif ■§«, •i toM les dau eoiamble pour Ici bellet-laltre*.
atioati nunqoèm aine nacêsSitate abeaae promittunto.
Ad academise januam syngraphus» que lectionum materia , locus et tempus notentur, aiSgitor Lectores benè, mullùm»
et brevi tempore docere lotis viribus, conantor. Auditores ad ea quae docebuntur, attentionem, cogitationem et curam oonferunto. De ils quœ non intcllexerinl, lectione habita, interroganto. Seftnoaes et discursus majori cum eioquentiâ quàm lectiones fiunto» et in iis ara oratoria adhl« betor.
Nemo, hœreticus, schismaticus, inSdelis, apostate , patriœ aut serenissimorum principum inimicus, quietis publics perturbator, autaliquâ publicâ infamià notatus, admittitor.
Omnes et singuli academici mutuum et fratemum amorem nuUriunto. Omnis discordisB fomes ab academiâ abigitor. Ortis forte controversiis et dissensionibus, princeps aut ejus gerens vices prudenlissimè quid agendum fuerit, decernito.
Omnes meliora cbafismata œmutantor.
Advenlentes , inceptâ academiâ , absque cœremoniis aut prœrogativœ dispulatione sedento. Magnatibus tamen , ut princlpibns, praslatis, et hujusmodi, peculiaris locus èsto. Academicorum nemo levitatié animi ullum vel minimum dignutti edlto; alioquin à censoribus corrigitor.
Academis princeps iltuslrisvir, virtutibus prseditus,et academico bono propensua eligitor.
Collatérales seu asseSsorea aaplentea, prudentes, docti et expert! sunto.
Secretarius, perspicui, subtilis, etpediti et generosi ingenii, et humailidrtntt (rttâil
OPUSCULES
nim sciens esto. Nulles epistolas ille, nisi prlùs principi, collatcralibus ci ceDSoribus benè visas, miltito.
Crnsores in rébus omnibus, quantum fieri poterit, versiitissimi, et encyclopédie proximi sunto : examinandas tamen compo^itiones principi et coliateralibus corn* municanto.
Quœstor vir pradens, œquus et studiosus eligitor. Âcademici pro iis quse necessaria erunt, quaotùm rationi consonum erit,contribuere ne gravantor.Âvari in academiam ne accedunto.
Accensus cum mercede Creator. Hic, cùm opus fuerit. academicos vocato. Priocipem et collatérales ad academiam conducito et reducito, aulam parato, et sedes disposilo.
Cœtera, prout res et tempera doctura sont, decernunlor.
La fin de Tacadémie sera l'exercice de toutes les vertus, la souveraine gloire de Dieu , le service des sérénissimes princes (de Savoie), et le bien public.
On n*y recevra que des gens de bien et des personnes savantes. Tous ceux qui devront être reçus seront présentés par quelqu'un des académiciens. On écrira dans le catalogue le nom , le surnom , la patrie, et les qualités de celui qui sera reçu , lequel sera tenu de faire preuve de sa science et de sa capacité par écrit, ou de vive voix , en prose ou en vers, devant les académiciens.
Tous les académiciens prendront des noms et des devises à leur volonté, pourvu toutefois qu'elles soient convenables; et le censeur prendra garde que les uns et les autres soient bien choisis, et qu'on ne les change point. Quand on les aura peints, on les affichera selon Tordre de la réception.
Les consultations sur ceux qui auront à parler publiquement, se feront avec un jugement mûr et avec exactitude. On admettra aux assemblées générales tous les plus habiles maîtres des arts honnêtes, comme peintres, sculpteurs, artisans, architectes 6l sQOiblabiea*
Chaque leçon comprendra, autant quH se pourra faire, un sujet entier de quelque matière ; sinon on conclura dans la leçon suivante ce qui aura été commencé dam la première leçon , soit en parlant, soit en écrivant. Le style sera grave, poli et plein, sans se ressentir en aucune façon de la pédanterie. Les leçons se feront oa sur Farîthmétique, la géométrie, la cosmographie, la philosophie, la rhétorique, ou sur la théologie et la politique. On y traitera de l'ornement des langues, et surtout de la langue françoise. Les académiciens destinés à faire les leçons promettront de ne s'absenter jamais sans nécessité.
On mettra à la porte de l'académie une affiche , où seront marqués la matière , le lieu et le temps des leçons, les lecteurs (oa professeurs) feront tous les efforts pour enseigner bien , et pour dire beaucoup de choses en peu de temps. Les auditeurs apporteront toute leur attention et tout leur soin à ce qu'on leur enseignera , sans permettre à leurs pensées de se divertir ail- /dUtb bit ya quelque chose qu'ils n 'entendent point , ils s'en feront instruire par le professeur lorsque la leçon sera faite. Les discours et les harangues se feront avec plus d'éloquence que les leçons , et Ton y emploiera les ornemens de l'art oratoire.
On n'y admettra point d'hérétiques , de schismatiques . d'infidèles , d'apostati , d'ennemis de la patrie ou des sérénissimes princes, de perturbateurs du repos public, ou des gens notés de quelque infamie.
Tous les académiciens entretiendront entre eux un amour fraternel. On tâchera d'éloigner de l'académie tout ce qui pourroit en quelque façon nourrir la discorde. Quand il y aura quelque dispute ou dissension , le prince ou celui qui tient sa place , ordonnera avec beaucoup de prudence ce qu'il verra èlre nécessaire.
Il y aura une noble émulation entre les membres de l'académie , à qui fera le mieux. Ceux qui arriveront lorsque la séance sera commencée , s'assiéront sans cérémonie , et sans disputer pour la pré> séance. Toutefois il y aura une place par ticuliëre pour les grands, c'est-à-dire les princes , les prélats et autres semblables. Nul des académiciens ne fera rien qui marque de la légèreté d'esprit, quand ce ne serait qu'une bagatelle ; et ai cela arrivoît
DE S. FRANÇOIS DB SALES
à quelqu'un, il en sera corrigé par les censeurs.
On choisira tOD^ours pour prince de Ta-' cadémie quelque personne illustre, vertueuse, et portée au bien de la compagnie.
Les collatéraux ou assesseurs seront sages , prudents , savants et expérimentés.
Le secrétaire doit avoir des idées nettes et claires, un esprit fin et délié, des pensées nobles , et être expéditif et bien versé dans les belles-lettres. Il n*enverra point de lettres qu'il ne les ait montrées auparavant au prince, aux collatéraux et aux censeurs.
Autant qu'il sera possible , les censeurs seront habiles en tout genre, et bien près de Tencyclopédie : toutefois ils donneront communication au prince et aux collaté-
raux des ouvrages qui devront être examinés.
On prendra pour trésorier un homme prudent, équitable et soigneux. Les aca démiciens ne se feront point de peine de contribuer aux -dépenses nécessaires et raisonnables. Que les ayaricieux ne mettent point le pied dans l'académie.
On créera un huissier à g»ge, lequel scm obligé d'appeler les académirions , quand il en sera besoin ; de conduire et recon* duire le prmce et les collatéraux à l'académie, de préparer la salle, et de disposer les sièges.
On réglera toutes les autres choses selon que les circonstances et les temps le de* manderont.