‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 2)Chapitre 351 sur 356 · FRAGMENT SUR LA JUSTICE · texte numérisé non relu

FRAGMENT SUR LA JUSTICE

Mais tout ce qui regarde la justice , il y a une vertu que nous appelions équité, qui empesche que la justice ne soit pas injuste, et que le droit ne se change pas en injure ; c'est cette vertu qui modère les loix inférieures par les supérieures, en sorte que une loy code à Puutre selon que la rayson requiert : et que le législateur mesnie le diroits'il voyoit Testât présent des affaires. Il faut rendre à chacun ce qui luy appartient, rendez donc à ce furieux son espée , et il en tuera quelqu*un sur-le-champ. Non, Philotée , ce ne se doit pas faire , car bien qu'il faille rendre à chacun ce qui est à luy, cela s'entend quand il nVn abuse pas au plus grand dommage du prochain , et l'équité nous enseigne c^la. La loy dit, ne tue point, mais si le \oleur attaque une personne et vous le tuiez pour une simple défense , qui vous en |>eut blasmer, Ciir la loy de la conserva lion de ma propre vie , pricede celle de la conservuiiun de la vie du prochain. La loy dit, chomme les jours de feste , ouyes la saincte messe ; le feu cependant se prend à la maison , ne Festeindray-je doncqaes pas? Si fait; car la loy

n'a pas entendu de vous obliger en ce caslà ; vous ferez bien un autre jour la feste et en tendrez bien un autre jour la messe, mais vous ne saurez empcschcr ce grand dommage si vous n*y travaille/ maintenant. Ains doncqucâ les loix veulent que pur droit on les modère.

A la force appartient la magnanimilé , qui n'est autre choae qu'une vertu (| li nous porte aux entreprises gr«in«les et reli'vées en chaque matière et esp'cede verui, non . pour le regiird du bien qu'il y a en Tact ion grande de la vertu , mais pour le reapect de la seule granJeur de l'action ; car, par exemple, considérez d'un coslé un liunimo qui aime de grand la ch^istelé, et d'un autre costé un homme magnanimo et de grand courage : l'un et l'autie au choix de la chasteté entreprendront la chasteté vir* ginale ci-mme le plus haut et relevé «Je^rô qui puisse eslre en la vertu de rhaolmé. Mais Tun fait cette enlrepnae par le grand amour qu'ii porte à la cha-tcté, laquelle plus elle est grande plus il Tainie. L'autre fait la mesme entreprise, non pour l'amour de la chasteté qui est en cette grandeur ai

OPUSCULES DE S. FRANÇOIS DE SALES

hauteur de vertu, mais pour Tamour de la grandeur qui est en cette chasteté , si que Tun cherche la perfection de la chasteté en la grandeur de cette action , et Tautre cherche la grandeur de Taciion en la per* fection de la chasteté. Or comme cette tertu cherche la vraye girandeur qui est èa actkns héroYqiies ùSê ywios, aussi

n eslime-t-elle rien de grand que cela C'est poiirquoy elle a ses propriétéa selon Aristole (qui neantmoins, au sujet de celte vertu, tesmoigne avee la foiblesae de la religion naturelle en oomparaiaon de Tevangelique): 4* de ne se plaire que Ires-tobrement entre les hoonears , tant grands el relevéa qu'ils soient ; t* aatre egalaineot.-

FIN DU TOMi: DRUXTEMG.

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