POUR LE VENDREDY DE ÎA IV* SEMAINE DE CARESME
fèmit korm «f mune 9ii^ quëndo wH aâoratorei adorabunt Patrem in tpiritu et verilaie ,
Pohr Mêi qwtriî qui adorent eum. Joar. iv.
If'bo^re est Tenue que les trais adorateurs adoreront mon Père eu esprit etTerité«
car il Teut de tels adorateun.
Oette-cy est l*une des plus notables et signalées sentences de l'Evangile , en laquelle la manière de bien et deiiment servir Dieu est exprimée et déclarée par Dieu mesmc. Au reste elle est tres-difBcile à entendre , et diversement expliquée par les adversaires de l'Eglise calhoiiquc, pour renverser la foy des anciens, et neanlmoins en icolle sont cachez plusieurs admirables secrets en confirmation de la créance do l'Eglise, et de la vérité d*icelle. Secrets et mystères, lesquels jamais nous ne descouvrirons, si celuy qui les y a mis pour nostre salut ne les nous fait voir par sa grâce. Prions-le donc par le mérite de son sang, qu'il nous en fasse participant à son honneur et gloire, et prenons pour advocate sa saincte Mère, à laquelle nous présenterons le salut angelique. Ave Maria,
Comme le chasseur ayant donné la chasse et le cours au cerf et à la biche, va Tattendre auprès de quelque fontaine où elle a accouslumé de s'ubbreuver (carcettc sorte d'animal est extrêmement subjetà la soif) pour la prendre après que ia froideur de Peau l'aura engourdie, suivant le dire du psalroiste : Quemadmodum desidêrat cervus ad fontes aquarum^ ita déciderai anima mea ad te, Deu» ; Comme le cerf altéré désire la fontaine , ainsi mon ame vous souhaite , 6 mon Dieu 1 Tout de mosmc Noslre-Seigneur en Thistoire de TEvangile du jour d'huy, s'en va auprès d'une fontaine aUendre une pauvre péche-
resse altérée par son iniquité, afin de la prendre par une très - glorieuse chasse, après qu*avec ses saincls discours il Ta engourdie auxmouvemens de son perhéet de sa concupiscence. Mais entendez brie^ vement Thistoirc. puis nous nous arreste» rons sur nostre principal poinct quand nous l'aurons rencontré.
Les disciples de Nostre-Seigneur baplisoient une grande multitude de personnes en Judée, et beaucoup plus que S. Jean* Baptiste n'avoit fait, de quoy Nostre-Seigneur s'apperccvant les Scribes et les Pharisiens estro irritez pour Tcnvie qu'ils avoient sur luy , et n'estant encore venu le temps de sa passion , voyant le peu de profitqu'ils faisoient en Judée, et pour donner commencement à sa saincte predica* tion, il s'en alla en Galilée, et s'arresta en Capharnaum, qui estoit sur les limites de Zabulon et Ncphtali, suivant la prophétie d'Isaye : Primo tempore alleviata âii terra Zabulon , et terra Nephtali.
Or entre la Judée 'et la Galilée estoit la Samarie , en laquelle il y avoit une ville qui s'appeloit Sichar, ville située sur lo mont (iarizin , illustre pour avoir esté le chef du royaume d'Israël, establie par cet obstiné Jéroboam , pour ce qu'Abraham, sortant de Mésopotamie, y édifia un autel, y estant arrivé, cette tprre luy fut promise; Jacob, revenant de Mcso))o(amie, y dressa sa tente, et y achepta une partie du champ d'Emor. Là fui corrompue Dîna, etie tti
POUR LE TEIfDREDY DE Là Vf SEMAINE DE GARESME.
lu nf tué, et beaucoup d*homines par les luluis de Jacob. Ce fui une cité de refuge : oieph y fut ensevely.
En un champ qui avoit esté donné à Joeph en prérogative, et qui estoit celuy de lomor, y avoit une fontaine de Jacob qu'il t feire , et Joseph y estoit ensevely : où fostre-Seigneur estant arrivé, lassé et rereudu chemin qu*il avoit fait, il s'assit linsi sur la fontaine : Jestu aut9m fa$i§ar ut ex ilinere $edU sie super ffmtem, ^, ainsi comme il se trouva : $ie, parce [a*n estoit las; sie, il estoit recreu; et par liiisi il 8*assit,<ic, comme un autre homme, ^osiderez-vous point la bonté de ce Sei- SWur, raflection de ce chasseur qui court pour prendre la proie de Tame, tant qu*il nest las, et constraint , par manière de tire, de se reposer. Gonslderex-vous point Nstre lascheté , qui nous faschons de la iDoindre peine du monde qu'il faut prendre pour nous sauver nous-mesmes. OrNosire-Seigneur n'estoitpas las sans rause, ar il avoit cheminé bien tard, et à pied •BS doute, dont l'Evangeliste dit i Hora mffm erat quasi seœla , il estoit desja (iiasi niidy ; car les Juifs partagent le Jour 0 douze heures, et la nuiot en douze : et epeadant que ce céleste chasseur se rc- Me, voicy venir la pauvre misérable )iehe; mais bien-tost heureuse , et trois 'us heureuse Samaritaine , qui venoit à éau : F'enit autem mulier de Samaria amrire aquam. 0 bien-heureuse Sama* laine! tu viens puiser feau mortelle, et i as trouvé Teau immortelle de la grâce u Sauveur. Heureuse Rcbccca, qui veant à la fontaine y trouvas le valold'Abiham qui te rendit espousc dlsafic : mais lus heureuse Samaritaine , qui venante eau , nutintepant y trouves Nostre - Seineur, qi|i de pécheresse que tu eslois te 3od sa Glle et son espou.se.
Voicy Toccasion que Nostrc - Sauveup rend de sauver cette amc : car là près de ifbouine il luy dit: Da mihibibere, donn-inoy à boire. Nostre -Seigneur, pour nÀr occasion de nous faire du bien, nous anande les œuvres de miséricorde. Il ne Baande pas à boire pour boire, mois mr faire boire cette Samaritaine l'eau de race. Or il entre en propos avec elle, parce 16 tes discjples estoient allez en la ville Bteplerdes viandea : Disc^li enim ^h$
ahietrmt in eivitaiem ui cihan m^ent- Parlant aussi seul avec elle, il avoit pluji de commodité de luy faire confesser ion péché, dont la femme luy dit : IHxii ergo ei muHer Samaritana; oapce qu'elle n'eust pas commencé. Bern. I. 4^ Qrt^i. pt lih. «r^. Conaius Hberi aostri (NràUrii eoêti sunt si non oêjupentUfF , §$ nuUi lî nonexciteniur.
Çuomoio tu Judœue eum <f#, hibere 4 meposeis, ^utf sum muHerS^màriiana?
Non enim eoutunturJuimiSam^ritendê, Lm Samaritains estoient en horreur aux Juifs, comme je diray cy-aprea. Cette femme donc luy reproohe cela , comme disant : vous autres Juifs tenei les Samaritaina pour exeommuniez, et eonme doua ma demandez-vous à boire 1 Ella sgait bien que ce n'est pas commerce que da demander un peu d'eau; maia elle luy dit cala par reproche.
Respondii Jésus, et dixiiei j> ^t Mtrei âonum Dei, eê quis est qui dicit tibi, 4a n\ihi bihere, tu foreitan peHisses ah eo, ei dedisset it'M «f iiam nivam. Voicy oà Nostre*Seigneur oommenoe à lui tirer lea sagettes de son divin amour : il lui dit deux choses. Premièrement , ai tu sçavoia le don de Dieu que le Père a donné au monda \ Sie Deue dileant mundum^ ut fUium êuum uniqenitum darei, ut amnis qui crédit, etc., habeat vitam œternam. Secondement, et qui est celuy qui te demande à boire; car c -est celuy qui est venu abreuver toutes les âmes, c'est celuy qui osv venu respandre son sang pour arrouser l'Evangile , c'est celuy qui est venu , non vocare justos, sed pecca tores, adpœnitif^tiam : si (u eusses connu Tun et Tautre , le don du Pore éternel , et que c'est moy qqî suis ce (lon-1^,
4 . Autres choses. Tu forsiian peliisses abeo.k. forsitan, le libre arbitre: petiisses ab eo , non expectasses,
2. Autres choses. 4 . lit dedisset (ibi non sicut lu quœ récusas. %, Aquam vivam multo excellentiorem ea quam à te peto,
Dicit ei mulier * Domine, neque in qua haurias habes, et puteus altus est, unde ergo kabes aquam vitam? Comme elle s'esloigne de l'intelligence de Noslre-Seigneur qui parle d'un don de Dieu , et eiio va parler de la terre. %. Nostre-Seigneur parle da l'aau viva, at alk da la imohie •
SERMON
Unde ergo v Quomodo hie camem êuam, etc.
Nutnquid tu tnajor e$pairenoslro Jor cob , qui dédit nolks pitteum , et ipse ex eo hibit^ et filii ejus, et pecora ejus? .Voyez la ruse , elle est desja esclairée du Sauveur, elle n'ose dire , non tu n*es pas ; mais interroge, ntim^titd lu. Cependant elle monstre qu'il y a bien de la peine à croire : mais voyez quelle honorable mémoire elle fait de Jacob, et comme elle s'apprivoise peu à peu , disant, pâtre nostro, do nostre père Jacob , nous sommes venus tous d'un mesme père.
Jtespondit ei Jesuê , et dixit : Omnis qui-bibit ex aqua hac sitiet iterum; qui autem biberit ex aqua quam ego dabo^ non sitiet in œternum. Considérez un peu la différence qu'il y a entre ces deux eaux; l'une a(>paise la soif, mais ce n'est pas pour long-temps; l'autre pour tousjours, m œlernum , etc.
Il y a ici à considérer deux soifs, l'une du corps , l'autre de Tame , car les desiç» sont une soif à l'ame, dontNostre-Seigneur dit, non sitiet^ et le psalme, sitivit anima mea ad Deum fontem vivUm : mais le Sai net-Esprit , à qui le reçoit par grâce , il esteint la soif du corps et de l'ame en ce monde et en l'autre. En ce monde, comme dit S. Paul , Omnia arbilraiuê $um ut
stereora, ut Christum lucrifaeermn; mais imparfaictement , car il y a tousjoun de l'homme, Sentio in tnembris meie U" gemrepugnantem legi mentis meœ : en l'autre parfaictemcnt, satiabor cum apparuerit gloriatua. Psal. 46. Les eaux da monde n*empeschent pas la soif éternelle, mais si font les eaux du SainctrEsprit. Exemple du Lazare et du mauvais riche.
Sed aqua quam ego dabo eifiet m eo fons aquœ salientis in vilam œtemam.
Autant monte l'eau qu'elle descend. Rom. 8. Suscilabit corpora vestra mortalia pnh pier inhabilantem spiritum ^u$ in VQbis, etc.
Dicit ei mulier : Domine, da mihi hane aquam ut non sitiam^ nec veniam hûe haurire. Elle croit que Nostre-Seigneur est plus grand que Jacob , et donne une meilleure eau ; mais elle la demande pour le temporel , n'estant pas encore esclairée.
Dicit ei Jésus : Foca vh-um tuum»
Respondit^ non habeo virum, Dicit ei Jésus : Bené dixisti, quia virum non Aobes, quinque enim viros habuisti^et nune quem habes non est tuw vir^ hoc ver$ dixisli. Dicit ei mulier ; Domine , video quia propheta es tu.
Confessiopeccatorum, Dixi confitebor eidversum meinjustitiammeam Domino^ et tu remisisti iniquitatem peceati mei.
SERMON