‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 2)Chapitre 51 sur 356 · POUR LE JOUR DE LA RÉSURRECTION DU LAZARE · texte numérisé non relu

POUR LE JOUR DE LA RÉSURRECTION DU LAZARE

mandoienl que la guerison du Lazare leur frère , et Nostre* Seigneur le ressuscita.

La cause donc pour laquelle ces deux sœnrs envoyent à Nostre-Seigneur, c*est la maladie et la langueur du Lazare : Erat quidam languens Lazarus à Beihania i$ castelio MarùB et Marthœ, Miserunt ir§o. Donc elles envoyèrent, etc. Leur frère estoit malade , et partant elles envoyèrent, elles estoient affligées, et parlant elles eurent recours au Seigneur.

0 saincte affliction , ô bénite tribulation qui 0008 fait recourir à ce céleste consolateur; certes entre tous les profits de la tribulation qui ne sont pas petits , je trouve celuy-cy Fun des plus excellens, qui est qQ*elle nous fait revenir a Nostre-Seigneur. Quand nous sommes en prospérité , bien MDvent nous Toublions , mais en adversité 1008 recourons à luy conuno à nostre singufitf refuge.

Comme la liqueur de la vigne, si on la bosse dans la grappe longtemps, se pourrit et se gaste : ainsi Tame, si on la laisse en M8 plaisirs et voluptez, en ses désirs et soulitits, elfe se corrompt; mais si on la presse pirla tribulation, il en sort la douce li- (jneor de pénitence et d*amour. Aussi le prophète royal atteste, que quand Nostre- Sàgaeur affligeoit les Hébreux, ils retour- Boient à luy ; Cum occideret eo$, quœretoi eum, et dilueulo veniebant ad eum, Pisalm. 77.

Sedii populus manducare et hibere, et mrrexerunt liêdere. Exode, 32.

Et timuerunt valde, clamaveruntquead Dominum, estant persécutez. Exode, 44.

Psalme 34 . Quoniam gravata est super memanus tua, conversus sum in cerumna «M, dum configiturspina.

Psalme 444. Tribulatianem et dolorem meni, et nomen Domini invocavi»

Psalme 82. Impie faciès eorum ignomù da,el quanrent nomen tuum Domine, estil dit, de impiis hostibus.

Ainsi Valons empereur ayant persécuté S. Basile, recourt à luy lorsqu*il voit son fis malade, et Modestus prefect , estant Balade , recourt aussi au mesme Sainct, lequel il avoit menacé de mort. NazianzetiM, in Monodia de zanctoBazilio.

Jona* liber fugiebat à {acte Domini :

ionas estant en sa liberté , s'enfuit devint la face de Dieu , mais estant dans le

ventre de la baleine , il a recours à iuy.

Exempte de la chair qui ne pourrit dans Teau salée, mais dans la douce, etc.

Que dira-t-on de David, dit S. Augustin? en ses persécutions, il faisoitses psalmes; en paix il pèche, etc.

Ainsi l'arche de Noè'. Multiplieatœ suni aquœ, et elevaverunt arcam in sublime.

Gènes.

Ezechias malade se convertit à Dieu.

Domine^ eeee quem amas, infirmatur :

sainct exemple de recourir à Dieu , mais il faut comme ces dévotes dames recourir en confiance.

Nostre-Seigneur est loin, elles envoyent seulement dire : Ecce quem amaSj infirmatur, Celny que vous aymez,e8t malade.

Conditions de la prière, etc.

Confiance en Dieu. Eenuit consolari anima mea,

Psalme 76. Non enim in areu meo spe* rabo^ et gladius meus non salvabit me, sed in nomine tuo spememtu insurgentes in nobis. Hi in curribuSy et M in equis ; nos autem in nomine Domine Dei nostri invocabimus. Psalme 49.

Quoniam in me speratit^ liberabo eum, 90.

David persécuté de Satil , dit : In Domino confido. 4 . Reg. 49. Bonumest eonfidere in Domino, quam confidere in homine. Psabn. 447.

Miserere mei, secundùm magnam misericordiam tuam. Psalme 50.

Quàm bonus^ Israël, Deus hisqui recto sunt corde ! Psalm. 7^.

Confiiemini Domino quoniam bonus, Psalm. 4 47.

C'est pourquoy il nous enseigne dédire : Pater noster, etc. Et comme le prodigue : Pater peccaviy etc.

Et ces dames : Ecce quem amas^ tn/ir* matur, etc.

Qui filium dédit, quomodo non omnia dabity etc.

Reconnaissance de nostre misère. Quem amas, infirmatur, etc.

Quid est homo, quod memores ejus? etc.

Psalm. 8. In humilitate nostra^ memor fuit nosiri. Psalm. 435.

Nostre-Seigneur nous l'enseigne, se prosternant sur sa face au jardin des Olivs. Jacob, Gen. 32. Domine, minor sum omnibus miserationUbuê tuis, etc.

SERMON

SERMON

POUR LE DIMANaiE DE LA PASSION.

Qui $x Dto têt, ««rte De» audU : propiêrea voi non ûudiUi , quia ex Deo non eêtis. JOAK*

Ceux qui son! de Dieu eniendent la parole deDiea; et partani vook ne renleodea pm, parce que voua n'eslea point de Dieu, diaoit noatre Sauveur aux Juifa.

Une parole peut estre rcceuë ou rejett^e pour trois raisons. La première, pour la cpDsideration de la personne qui -la dit : la seconde pour la considération de la parole qui est dite : et la troisiesme , pour les bonnes ou mauvaises dispositions des personnes qui Tentendent Donc pour faire qu'une parole qui est dite soit estimée et bien receuë, il faut premièrement que celuy qui la dit soit vertueux et digne de croyance, autrement sa parole sera rejettée et me^prisée. Secondement il faut que ce qui estdit soit bon et véritable: et en Iroisiesme lieu, il îi\ui que ceux qui entendent la parole lioient vertueux et bien disposez pour la recevoir, car autrement elle no pourra estre receuë, estimée, ny gardée, ainsi que nous apprend TËvangile que TEglise nous propose en ce jour, où il est fait mention d'un reproche, que Nostre- Seigneur fist aux Scribes et t^harisiens, dequoy ils no recevoient pas ses divines paroles : Et pour leur faire voir que ce défaut procedoit de leuri mauvaises dispositions, il leur dit : Pourquoy ne croyez-vous pas à la vérité que je vous enseigne? iStteritalem dico. quare non credUis mihi ?

Comme leur voulant dire, vous n*avez nulle excuse de rejetter mes paroles ; car qui est celui d^entre vous qui me reprendra de i)eché? Quis ex vohis arguet me de peccato? Pourquoy donc ne me croyez -vous pas, .puisque ce que je vous dis est la vérité me^me? il faut indubitablement que vostre malice en soit la cause, d'autant que le défaut n*est point en moy , ny en la parole que je vous enseigne.

Il est donc requis en premier lieu que la personne qui parle et qui annonce la pa-

role de Dieu soit irréprochable, et que sa vie soit conforme à ce qu'elle enseigne, ou bien sa parole ne sera pas receuë et approuvée. C'est pourquoy Dieu défend au pécheur par son prophète d'annoncer sa parole : Peccatori auiem dixit Deus :

Quare tu enarras justilias meas, et asêumis teslamenlum tneum per os tuum (4)? Comment misérable, luy dit-il, oserois-tu bien enseigner ma doctrine de parole, et la deshonorer par ta mauvaise vie! Comment veux-tu que ma parole soit bien receuë, ayant passé par une bouche si puante et si pleine d'infection et de meschancelé ■* jà n'udvienne que j'aye un tel proclamateur de ma doctrine et de mes volontez. Il est donc deffendu au pécheur d'annoncer la parole de Dieu , crainte qu'elle ne soit rejettée par ceux qui Tescouteront; mais cela ne se doit entendre que des grands et signalez pécheurs, car autrement qui annonccroit la parole de Dieu? veu que tous les hommes sont pécheurs, et qui dira autrement sera menteur ; les apostres mesmcs n'ont pas esté sans poché, et celuy qui diroit qu'il n'est point pécheur contreviendroilàrÉscriture, et feroit bien voir le contraire de son dire en mesme temps qu'il prononceroit cette parole: Sidixerimus, quoniampeccatum non habemus, ipsi nos seduciinus^ et Veritas in nobis non est (2). Si nous disons que nous sommes sans péché , nous nous séduisons nous-mesmes, et la vérité n'est point en nous, dit le bien-aymé disciple de Nostre-Seigncur.

Et S. Augustin dit clairement, que cette parole du Pater ^ que nous disons tous les

(l)FMLua -(i)I.JoaB. k

Page 1