POUR LA. FESTE DE SAINT JEAN PORTE-LATINE
Iiflb Simpore , acuitit cÀ Jesum mater fiUorum Ztbedœieum filiis tuis, adoram et pelene tUiquid ek eo, ifui dixit ei : Quid vUP AU itli : Die ul tedeant ht duo fiUi met, unus ad dexteram tuam, tf WMif md sinistram in rcgno tuo. MATTn. xx.
bM lemps-li, la mère des enranis de Zebedee ten vint treu ver Jésus avec ses deux Ûls,et8e pcoMernant et l'adorant , lui demanda quelque chose. Jésus luy dit : Que demandei-rous'
Ordonnex, lay dit-elle, que mes deux Dis, qui sont icy, soient assis Vuj^ k vostre dextre, et l'autre
iTeUe fleoestre, en vostre royaume.
La saîncte Eglise célèbre aujourd*huy rone des festes du bien-aymé disciple de Nostre-Seigneur le glorieux S. Jean , en laquelle je remarque que TEvangilo semble raconter Tune dd ses plus grandes tares et imperfections qui est son ambition , au lieu de raconter ses perfections, grâces, vertus et excellences; en quoy j'admire la simplidlé des evangclistcs qui Font escrit: ce qui nous fait voir que Tesprit de Dieu est bien contraire à celuy du monde, comme je vous feray voir maintenant.
Lorsque les personnes du monde veulent Uerceux qu'elles ayment, elles racontent iOQsjours leurs grâces, vertus , perfections et excellences , leur donnant tous les titres d qualitez qui les peuvent rendre plus honorables , et tascbent de cacher et couirîr leurs péchez et imperfections , mettant en oubli tout co qui les pourroit rendre abjects et mesprisables : mais nostre mero la saincte Eglise fait tout au contraire ; car qu'elle avme uniquement ses enfans, lorsqu'elle les veut louer et
exalter , elle raconte exactementles pecbez qu'ils ont commis avant leur conversion , afin de rendre plus d'honneur et de gloire à la majesté de celuy qui les a sanctifiez , en faisant reluire sur eux son infinie miséricorde par laquelle il les a relevez de leurs misères et de leurs péchez , les comblant par après do ses grâces, et leur donnant son sainct amour , 4)ar le moyen duquel ils sont arrivés à le saincteté.
Certes nostre bonne mère l'Eglise en racontant ou escrivant les péchez des saincts, n'a eu autre intention sinon de nous monstrer qu'elle ne veut pas que nous nous estonnions , ou mettions en peine de ce que nous avons esté, ny des péchez que nous avons commis autrefois, ny de nos misères présentes, pourveu que nous ayons une ferme et inviolable resolution d'estre tout à Dieu et d'embrasser généreusement la perfection , et tous les moyens qui nous peuvent faire avancer en l'amour sacré , faisant en sorte que cette resolution soit efficace et produise ses œuvres. Certes nos
fflin^fei et foibliMM , pour i^rtndM qo^elles •oient , Da nom doivent^ pas deeourager , miis noue doivent plutoet faire humilier et Jetler entre les bras de la divine miséricorde , laquelle sera d'autant plus glorifiée en n;"s , que plus nos misères seront grandes, si nous venons à nous en relever ; ce que nous devons espérer de faire , moyennant ÏB grâce de Nostre-Seigneur.
Le grand S. Chrysostome, parlant de S. Paul , le loUe le plus pertinemment qu'il se peut , et en parle avec tant d'honneur et d*estime, que c'est chose admirable de voir comme il raconlo les vertus , perfections , excellences , prérogatives et grâces , desquelles Dieu avoil orné et enrichy Tamc de ce sainct aposlre ; mais après cela ce mesme docteur, pour faire voir que tous f'jes dons et toutes ces grâces ne venoient pas de luy , t^ins de la bonté infinie de Dieu , il parle par après de ses défauts, et raconte fort exactement ses péchez et imperfections. Voyez, dit-il, ce cruel persécuteur de l'Eglise, comme Dieu en a fait un vaisseau d'élection, et comme il a changé ce grand pécheur, en ayant fait d'un loup un agneau ; voyez de combien de grâces il a remply cet opiniastre et ambitieux , le rendant si soumis qu'il dit cette parolle : Seigneur , que vous plaist-il que je fasse ? et si humble qu'il dit de soy : £go sum minimuê jépostolorutn (4 } , Qui est le moindre des apostres et le plus grand des peehcurs , et si charitable qu'il s'est ^it tout à tous pour les gagner tous, Om* pir omnibus factus ium ut omnes facê^ r^S ialvo* (2). Qui est malade (dit ce giand apostre ) , avec lequel je ne sois malade ? qui est triste , avec lequel je ne sois triste? qui est joyeux , avec lequel je ne me resjouysso ? qui est scandalizé , avec lequel je ne sois scandalizé ? Certes les anciens pères qui escri voient la vie des saincts estoienl grandement exacts à raconter leurs défauts et péchez, afin d'exalter et magnifier d'autant plus la bonté de Nostre- F^tigneur qui s'est voulu glorifier en eux , faisant voir TcfiBcace de sa grâce , par le moyen de laquelle ils se sont convertis.
Or quant à nostre glorieux et tout aymablo S. Jean , il avoit certes fort peu de tares et d'imperfections , estant extresmement innocent , pur et chaste , et il estoil
MLCwLir.-CDib,,!!.
«leore ibrt Jeune , lorsqti'iki tuim cupez , son frère 8. Jacques ai luj ambition de vouloir astre asah^ dextre, et l'autre à la senestrad Seigneur. Il est à croire qu'ils eon ensemble comme ils feroient pour à cette dignité ; car ils ne la voal demander ouvertement, d'autan n*est pas la coustume des ambitie mander ouvertement eux-mesmi neur qu'ils recherchent , de pat estimez tels. Ils treuverent donc dicni qui fut de s'adresser à le mère, pour faire faire par icellc mande à Nostre-Seigneur , s'aseei pour raficction qu'il leur portoit accorderoit cette faveur : il est ' Nostre-Seigneur les ai moi t grau spécialement S. Jean, lequel pour s pureté et douceur estoit extresme:
mable. Donc pour obtenir plus fi ce qu'ils desiroient, ils s'adref leur bonne mère , laquelle toute < du bien et de l'honneur de ses enf] alla trouver Nostre-Seigneur i maistre : Adorans elpetens aliqu Se prosternant à ses pieds avec de humiliations pour gagner ses bon ces, afin qu'il luy octroyast ce q vouloit demander; mais ce divin la voyant : Quid vis ? Que demand luy dit-il. Une chose ay«je à vous der , Seigneur , luy respondit-elle.
Voyez un peu , je vous prie , cette bonne femme faisoit de tou tours ; ô Dieu 1 elle n'alloil pas sim c'estoit l'amour-propre qui luy faii tout cela : elle n'avoit garde de ouvertement : Seigneur, je veux i chose, octroyezrmoy cette graci certes! l'amour-propre est plus i discret que cela ; il fait faire def bules et harangues bien compos une humilité feinte et fausse , afin pense que nous sommes bien sage dens.
0 que c'est une chose dangereui nous porte de dommage que l'am pre , d'autant qu'il nous empesch simplement et rondement en toi actions, nous faisant recherchai propre intorest et satisfaction ai choses. Certes il se trouve fort peu sonnas» voira masma entra les pli