‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 2)Chapitre 81 sur 356 · POUR LA TESTE DE S. JEAW PORTE-LATINB · texte numérisé non relu

POUR LA TESTE DE S. JEAW PORTE-LATINB

il regardent purement Dieu , sans ireher eux-mesmes , et qui mar- Bimplicité de cœur , quoy que Noseor aye tant recommandé cette êtotesimpliees êicuteolumbœ{^)^ inples comme des colombes, dites apostres. Or il n*y a point de e Dieu ayme tant, ny qui aye pouvoir pour l'attirer dans une la Bimplicité.

K)ur entendre ce que c'est que h , il faut gçavoir qu'il y a trois li ont une telle ressemblance l'une , qu'il semble qu'il n'y aye point înce, à sçavoir, la vérité, la pu- 1 simplicité. La vérité nous fait

tels à l'extérieur que nous somînterieur , comme au contraire le a est de dire ou faire quelque ntraire à nostre sentiment inte- ! pureté a un grand rapport avec , d'autant qu'elle ne peut souffrir

cœurs aucun péché, pour petit , ny aucune intention soUillée ou

qui no tendent pas à glorifler js la simplicité surpasse ces deux m ce qu'elle n'a qu'Hun seul regarc) oict à Dieu. Ce que l'Espoux des s nous fait entendre par ces paro- Inerasd cor meum^ Sorormea

vulnerasii cor meum in une n tuonim^ et in uno crine colli Ma sœur et mon espouse , dit ce ant à sp bien-ayméc , tu as blessé r par l'un de tes yeux et par l'un loveux. Il est vray, veut-il dire, 'as autresfois regardé avec deux cslant ton interest propre avec re; mais maintenant que plus

en l'amour tu as fcrn^é l'œil avec lequel tu regardois les re- *s éternelles pour ne plus regarnoy, par cette unité de regards et es tu as navré mon cœur, ir reprendre l'histoire de TEvanstre-^eigneur qui aynie uniquc-

simplicilé , et qui n'agrepit pas étours : Quid vis? Qu'est-ce que landcz? dit-il à cette femme. Die %t hi duofilii mei^ unus ad dexam etuntis ad sinistram in regno neur, dit-elle, je vousdcmaiulecïue les enfans soit assis ù vostro dex-

Ife. X. — (t) Gant iT.

tre, et rauire à vottra tenestre «i toitif royaume : à quoy ses enfans qui étiolent avec elle ad|outerent (ainsi «que rapporta un autre evangeliste) : Seipeur, nous desirons que tout ce que nous vous demanderons vous nous l'aecordiez. Voyez , Je TOUS prie, que nostre misère est grande, nous désirons que Dieu fasse nostre volonté, et nous ne voulons. paa fWre la sienne j sinon lorsqu'elle se trauve conforma A la nostre. Certes si nous nous aiaminona bien , nous trouverons que la plupart de nos demandes sont grandement impures al imparféletes et ne tendent qu*A nostre propre satisfaction. Par exemple, si nous sommes à i'oraison , nous voulons tout auseitost que Nostre-Seigneur nous parle, qu'il nous vienne visiter et consoler ; nous luy disons qu'il fasse eecy , et qu'il nous donne cela, et s'il ne le fait pas, quoy que pour nostre plus grand bien , nous nous en inquiétons et troublons.

Mais cela provient de ee que nostre ama a deux enfans, l'un desquels est le propre Jugement, et l'autre la propre volonté, lesquels veulent tous deux estre assis, le jugement à la dextre et la volonté A la senes* tre ; car nostre Jugement veut tousjount gagner et tenir le dessus, ne se voulant point sousmettre aux autres, et nostre propre volonté ne veut point obeyr. Il est vray qu'il se trouve plusieurs personnes quiobeyssent extérieurement, maisextre»mement peu qui soumettent leur jugement; il s'en treuve beaucoup qui s'humilient en apparence , se mortifient , portent la haire , font de grandes pénitences et austerltez, et qui prient et font oraison ; mais d'en trouver qui soumettent entièrement leur propre jugement et renoncent parfaictement A leur propre volonté ^ ce!n est fort rare,

0 si le sftincte volonté de Die^i regnolt ep nous , que nous seripns heureux , nous ne commettrions Jemais aucun péché , et n'aurions ^rde dp vivre selon nos humeurs et inclinations desordonnées, parce qu'elle est la re^o do toute bonté et sainçteté. Enfin c'est cette propre volonté , comme dit S. Bernard, qui brusiera éternellement dans les enfers , et jl est vray que c'est celle qui ruine et gaste tout ou elle se trouve. Si elle est au cie|^ on l'en m9i dehors ; car les anges n'en furent chassez que

SERMON

parce qu'ils avoienl une propre volonté et Youloient estre semblables à Dieu, et pour cela ils fursn t. précipitez aux enfers. Si elle est au monde, elle fait perdre la grâce à rhomme, etPassujettità lamort, comme elle a fait nos premiers parens au paradis terrestre. Bref elle n*apporte que du malheur; et partant lorsque nous treuvons quelque chose en nous qui n*est pas conforme à la volonté de Dieu, nous nous devons prosterner devant luy, et luy dire que nous détestons et desavouons nostre volonté propre, et tout ce qui est en nous qui luy peut despiaire et qui est contraire à son sainct amour, luy promettant de ne jamais rien vouloir que ce qui sera conforme à son bon plaisir.

Reupondens autem Jésus dixit : Néscitis quid pelatiSy Vous ne sçavez ce que vous demandez, dit Nostre -Seigneur à cette femme et à ses deux enfans. 0 Dieu, il est vray qu'ils ne sçavoient ce qu'ils demandoient, puisqu'au ciel il n'y a point de senestre, d'autant que la senestre est le lieu que l'Escriture saincte destine pour les damnez qui seront à jamais privez de la présence de Dieu, et que la dextre estpour les bien-heureux qui jouyront éternellement de la claire vision de l'essence divine, qui les comblera de toutes sortes de contentement et de félicité. Àh' nous ne savons ce que nous demandons , lorsque nous disons à Noslre-Seigneur qu'il fasse nostre volonté, et qu'il nous donne ce que nous desirons : ô non certes, mes chères âmes; car tout nostre bonheur consiste et despend d'estre entièrement abandonnez à sa divine providence, ne recherchant que son bon plaisir par une parfaicte sousmission à sa trèà-saincte volonté , nous resjouyssant de la voir accomplir en nous et en toutes créatures, quoy que ce soit parmy les aiïliclions , souffrances et humiliations. Nous avons quclquesfois affection à la pracliquo des vertus qui sont selon nostre volonté; par exemple, une personne qui sera malade , si on luy représente que les peines et souffrances prises avec patience et soumission au bon plaisir de Dieu, sont uniquement agréables à sa divine majesté; i^ est vray, rcspondra-t'elle ; mais je voudrois bien aller au chœur pour prier Dieu, et avoir des forces pour pouvoir faire des pénitences et mortifications, et practiquer

les actions de vertu que font les f Voyez-vous pas comme elle voudra vir Dieu en l'action , et cependant :

qu'elle le serve en pâtissant et soi pour son sainct amour.

Or ce divin Sauveur dit à ses ap sur le subject de la demande de cet saincts : Ne pensez pas que pour av< prééminences etdignitez en mon roy vous ayez pour cela plus de gloire < mour, vous autres quej'ay choisis que vous fussiez assis surdes trosne juger le monde au jour du jugemen moy ; vous n'en serez pas plus esle^ n'aurez pas plus de gloire pour cela seulement si vous beuvez mon calii participez à mes souffrances : ma me jamais esté eslevée dans les dignitea terre , et neantmoins elle ne laissai d'avoir infiniment plusde gloire et d'] au ciel que vous, ny qu'aucune autre ture, parce qu'il n'y en a eu et n'y ei jamais qui participe tant à mes sou ces qu'elle. Et comme il y a deux sor martyres, l'un affectif, et l'autre eil de mesme le calice de Nostre-Seigni peut boire en deux manières. Et qi S. Jean, il fut martyr affectif; car D permit pas qu'il souffrist effectivemc martyre, ains seulement de volonté e fection, faisant que l'huile bouillante avoit préparée pour le mettre et d laquelle on le mil, ne luy fist aucur ains luy fust aussi douce que si c'eus un bain très - agréable. Mais S. Ja fut martyr, non seulement affectif, encore effectif , parce que Dieu luy grâce de mourir pour son amour el la gloire de son nom, quoy que S. Je laissast pas d'avoir la recompense et 1 ronnedu martyre effectif.

Noslre-Seigneur donc dit à ces saincts : Potestis bibere calieem ego bibiiurus sum? Pouvez- vous le calice qui m'est préparé, et que j( ray? Quia descendi de cœlo^ non \ ciavivolunfatem meam^ sed volun ejus qui misit me, ut opus ejus ciam ; Car je suis descendu du ciel point pour faire ma volonté , mais accomplir celle de celuy qui m'a er afin de parachever son œuvre. Posst Nous le pouvons, respondirent-ils.

savez-vous bien ce que c'est que hoir

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