LETTRE CLXII
s. FRANÇOIS DE SALES, A SA SAINTETÉ LE PAPE PAUL V.
(Tirée de la rie du Saiel, ptr Maapu.)
Il loi recommande son Église de Gex , en lai rendant compte de ce qu'il a fait, et par la même occasion celle da Chablais.
Aq commencemeot d*ortobre 1609.
Très-saint Père ,
Ayant été depuis quelques années auprès du roi très-chrétien, pour obtenïr le rétablissement de la religion catholique au bailliage do Gex, il nous fut permis d'en exercer les fonctions en trois lieux, comme nous venons de faire, ce grand prince nous ayant mis lui-même en avant, pour le total, qu'il eût bien désiré la foi catholique partout; mais que tout ce qu'il vouloit ne lui étoit pas possible. Et moi je dis à votre sainteté (4) que le cardinal de Médicis, légat en France, Tan 4598, vous pourra dire, que rien n*est impossible à Dieu ;
(1) Pael V e^iolt pat OMore pape en IBM, leitqae 8. màfiolstaldltoeoi.
car, passant lors à Thonon, il trouva par sa miséricorde un nombre infini de personnes qui rentroient au parc de Jésus- Christ, lesquelles, après un fâcheux hivef de contradictions et de peines , formoienti en ce lieu, un printemps nouveau, où le bel arbre de la croix vivifiant paroissoît de toutes parts ; de façon que je puis dire à votre sainteté, avec assurance, que *^e notre temps, en nul lieu, tant d'hérétiques ne sont retournés à la vraie foi ni plus suavement ni avec plus d'efiîcace.
Il n'y a qu'onze ans que l'hérésie 8*enseignoit et préchoit dans soixante-cinq paroisses proche la villede Genève, oùà peine il y avoit cent catholiques, et j'y fus, en ce temps-là, trois ans tout seul à prêcher l'évangile; et maintenant en autant de lieux la sainte Église a étendu ses branches , et est en telle vigueur, que le calvinisme en est exclu, et n'y pourroit-on pas trouver à présent cent huguenots ; jusque-là que par^ tout on y célèbre le sacriGce de la sainte messe : et, ce qui est le principal , ils ont persévéré inviolablement parmi toutes les persécutions et épouvantes des guerres; fruit qui n'est pas de saison en ces rencontres tempétueuses, mais que Dieu a voulu donner aux désirs et aux prières des ouvriers qu'il a employés. II reste que le saint siège apostotolique, par son soin et par sa grâce, prenne à cœur et embrasse cette affaire, grande à la vérité, et digne d'être affectionnée ; c'est ce que je demande, et que j'attends très-humblement de la clémence de votre sainteté, priant notre Seigneur Jésus-Christ qu'il soit toujours propice.
LETTRE CLXm,
s. FRANÇOIS DE SVLES, AUX MAGISTRATS DE LA VILLE DE SALINS.
(TIrAe da nonaslère de la VUitatlon de la Tllle «•
Salioi.)
II les remercie de la proposition qu'ils lai tToient faite de venir prêcher le carême en leur TUIe l'année suivante.
Dôie, Joar de Toasialnt, 16M.
Messieurs,
Vous m'obligez extrêmement par le désir que vous avez de mes prédications, lesquelles seront utiles à votre peuple, si Dieu me donne autant de force comme il m'a dopné de courage et d'affection de vous
DE S. FRATfÇOIS DE SALES.
mdredii senrioe. Que s'il exauce mes prières, tous vivrez tous longuement, heureusement et saintement en ce monde, et dtemellement, glorieusement et très-semblablement en l'autre ; car ce sont les souiiiits continuels que je ferai meshui devant n divine Majesté, pour vous et pour votre ville, étant messieurs, votre, etc.
LETTRE aXIV.