‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 105 sur 450 · FRARÇOIS DE SALES, A MADAME DE CnANTAL · texte numérisé non relu

FRARÇOIS DE SALES, A MADAME DE CnANTAL

Il foiblesse de l'koaiaie esi^igne de compassion dans M sensibilité A la mort de ses proches : il tst vrai qu'onn'y peut pas être tout à Tait insensible; mais, après avoir payé le tribut A la oatore , H favl que la raison et la religion prenmba le dessus.

La Ttille de rAstomptlon, 14 août K09.

Voici la troisième fois qiio je vous écris depuis votre départ, ma chère sœur ; ma fille N. m'a bien dit de vos nouvelles, et de celles de M., laquelle il m'a dépeinte pour fort adligée : mais je le crois bien ; c^ôtoit sa fille, celle qui est morte. Hélas 1 H faut avoir compassion à nos misérables •oie», le^uelles tandis qu'elles sont en Tmibécinilô de nos corps, sont si très-fort Myettetàlairanlté Comment eslMpoêsi"

ble, disoit S. Grégoire A un évèque, qtiê les orages de la terre ébranlent si fort ceux qui sont au ciel? S'ils sont au ciel, comme sonl'ils agités de ee qui se passe en la terre ? 0 Dieu 1 que cette leçon de la sainte constance est requise à ceux qui veulent sérieusement embrasser leur salut. Il est vrai que cette imaginaire insensibilité de ceux qui ne veulent pas souffrir qu'on soit homme, m*a toujours semblé une vraie chimère; mais aussi, après qu'on a rendu le tribut à cette partie inférieure, il faut rendre le devoir A la supérieure, à laquelle sied, comme en son trône, l'esprit de la foi qui doit nous consoler dans nos afflictions, mais nous consoler par nos afllictiens. Que bienheureux sont ceux lesquels se réjouissent d'être alllij^és, et qui convertissent l'absinthe en miel I II no faut pas que je vous dise, ma chère fille, com« bicnaCTcctionnémcntje vous recommande à notre Seigneur; car c'est avec un ccour tout nouveau, et qui va toujours s'agrandissant de ce côté-là.

Je suis un peu plus à l'oraison qu'à l'ordinaire : car ne vous faut-il pas un peu parler de mon ame , qui est tant vôtre? Grâces à Dieu, j'ai un extrême désir d'être tout à lui, et de bien servir son peuple. Adieu, ma chère (ille, que mon ame aimo et chérit incomparablement, absolument, uniquement eu celui qui, pour nous aimer et se rendre à notre amour, s'est rendu à la mort. Vive Jésus, vive Mario. Ameo.

LETTRE CLXï.

s. FRANÇOIS UE SALES, A UXE DAUB.

U le. console dans une maladie , et lui d^oae les moyens d'en faire un saint usage

tOaoÉiiSOlL

Selon la sainte et parfaite amitié que Dieu m'a donnée pour vous, ma très* chère fille, j'ai de la peine de votre maladie. Or sus, il faut pourtant s'ncconiniorlcr à non -seulement vouloir, mais à chérir, honorer et caresser le mal , comme ve»

nant de la main de cette souveraine bonté, à laquelle et pour laquelle nous sommes. Que puissiez-vous bientôt guérir, si c'est la plus grande gloire de Dieu, ma chère flile : ai moins « que puisftiez-voufi amoureusement souflrir, tandis qu'ainai le requiert

LETIRKS

la Providence céleste; afin que, gaérissant ou souffrant, le bon plaisir divin soit exercé.

Que vous puis-je plus dire, ma chère fille? sinon ce que je vous ai si souvent dit, que vous alliez toujours votre train ordinaire, le plus que vous pourrez , pour Tamour de Dieu, faisant plus d'actions intérieures de cet amour, et encore des extérieures; et surtout contournant tant que vous pourrez votre cœur à la sainte douceur et tranquillité , et à la douceur envers le prochain , quoique fâcheux et ennuyeux ; à la tranquillité envers vous-même , quoique tentée ou affligée , et quoique misérable.

J'espère en notre Seigneur que vous vous tiendrez toujours en sa main, et que, par conséquent, jamais vous ne trébucherez du tout : que si à la rencontre de quelque pierre vous choppez, ce ne sera que pour vous faire tant mieux tenir sur vos gardes, et pour vous faire de plus en plus réclamer l'aide et le secours de ce doux Père céleste, que je supplie vous avoir à jamais en sa sainte protection. Amen.

Je suis en lui très-fermement tout vôtre, etc.

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