I. FBANÇOIS DE SALES, A UN INTIME AMI
(Urée do la Tte do Salai, par Ch.-Aaff. de Stlei.)
Sur une acciuation calomnieuse.
A mon arrivée, j'ai trouvé une grande calomnie pour me mettre en la disgrâce de ce prince qui a témoigné me tant aimer. Or f attends l'événement; cette bourrasque passera tantôt, Dieu aidant: mais quand je rappelle bourrasque , ne pensez pas que fcn sois agité non plus certes que de la mondre chose du monde ; car il n'y a en cela pour tout aucun sujet de mon côté. Ceux qui me connoissent savent que je no pensai jamais à intelligences (1), et que je
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fais mille traits de courage par une vraie
simplicité, nonpascertes simplicitéd'esprit (car je ne veux pas parler doublement avec vous), mais simplicité de confiance. Or tout cela n'est rien ; je ne le dis qu'à vous.
LETTRE CLXVI.
s. FRANÇOIS DE SALES, A MADAME DE GHANTAL.
II Pexhorle à s'abandonner toot entière au bon plaisir de Dieu pour tous les événemena , et à persévérer dans le dessein qu'elle avoilfomo de se consacrer à lui.
tt décembre 1609.
Vous croirez bien mieux que nous sommes venus à bon port, ma chère fille, quand vous en verrez ce petit témoignage de ma main. Hé bien, vous voilà donc toute résignée entre les mains de notre Sauveur, par un abandonnement de tout votre être à son bon plaisir et sainte providence? 0 Dieu I quel bonheur d'être ainsi entre les bras et les mamelles de celui duquel l'épouse sacrée disoit: P^os tétins sont incomparablement meilleurs que le vin (4). Demeurez ainsi, chère Glle; et, comme un autre petit S. Jean, tandis que le^ autres mangent à la table du Sauveur diverses viandes , reposez et penchez par une toute simple conhance votre tète, votre ame , votre esprit, sur la poitrine amoureuse de ce cher Soldeur ; car il est mieux de dormir sur ce sa<^ oreiller, que de veiller en tout autre posture.
Vous ne sauriez croire combien je sens mon cœur plein de grands désirs de servir ce Seigneur. Certes, ma fille, mes affections sont si grandes, ce me semble, que j'espère de le faire un jour , après que je me serai bien humilié devant sa bonté. Vive Dieu, ma chère fille, il m'est avis que tout ne m'est plus rien qu'en Dieu, auquel néanmoins et pour lequel j'aime plus tendrement que jamais ce que j'aime, et surtout votre ame. Or il est vrai, ma fille, j'ai ce sentiment-là.
Nous avons fait un heureux voyage au Comté. 0 que j'y ai prié de bon cœur pour vous au saint suaire que Ton montra publiquement, à ma contemplation à la sainte hostie, et à notre cher Suint-Claude, où je fus logé à votre logis, et pris plaisir à voir
(1) Mellora saat obara toa viao. Cart., Oi i. f. I>
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le lien où je reçue TOtre oonfeêskm, et fus coiâolé à repréeenter co canir, qu*en qualité de père, je présenterai pour la première fois à Tautel de Sain t*CIaude !
Il faut que je vous dise que la *8orte de vie que nous avons choisie me semble tous les jours plus désirable, et que noire Seigneur en sera fort servi. Je vois bien plusieurs difficultés : mais, croyant que Dieu le veut, cela ne me donne aucune crainte. Il faut avoir un peu de patience. Je vous recommande, co me semble, de bon cœur, à Dieu , ma chère fille, croyez que je le fais avec une aiïection du tout incomparable.
Vivez bien doucement cependant auprès de notre Soigneur , et de Notre-Dame, et do S. Joseph. Mon Dieu 1 ma fille, quelquefois j*ai do si bonnes et douées affections en mon ame à Tendroit de ce Sauveur : mais, hélas 1 je n*en ai guère en mes mains (4)* Je ne perds pourtant point courage , ma fille. Ne sommes-nous pas bien heureux de no prétendre rien moins qu'à Dieu ?
Adieu , ma chère fille , je m*envais aux prières du soir, qui se font devant le saint- •acrement, pour les nécessités de la paix; vous n*y serez pas oubliée, car vous tenez un rang dans mon cœur qui ne le peut permettre. Oui, je crois en mon ame que Dieu veut que je sois très-inséparablement et inviolablement tout vôtre.
LETTRE CLXVU.