‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 109 sur 450 · FRANÇOIS-M BALEB, A UN AMf · texte numérisé non relu

FRANÇOIS-M BALEB, A UN AMf

(Tlré« do iqoDUtèra de l^ VUltaUon de Stru)>oQrf .)

]lHpliiiBtd«ce qu'U neYeaipae se réconeilior •vee 9Qn ÛU, ni lui accorder son pardon.

Annecf , le 8 jenrier |6lli

Monsieur ,

Mais serois-je donc ainsi éconduit es prières que je fais à ceux que je chéris et honore tant, et pour choses si honnêtes et si justes? Monsieur d'Avully me fait attendre plus longuement à mon avis , que ne mérite une bonne et favorable résolution lu mariage que je lui ai proposé, El vous , monsieur, me relu serez- vous la race que je vous ai requise , de voir et reevoir monsieur votre fils, qui recourt à votre sein paternel , pour y vivre meshui

(1) s. François fait Ici alluion au présens dai berfen itoiaiTH.

avec toute humilité 61 obélinpr» qvH iroi doit rendre ? Donoex-moi , je vous coi^iir monsieur, oe contentement, que ce m par mon entremise que ce bonheur ant à œ fils , afin qu'il sache que je tiens i rang en votre binveillance aussi grand qi celui que vous tenez en mon honneur respect. Encore, faut-il, monsieur, que j' joute à ma supplication ce mot de mon m tier. Tandis que les pèrea exercent leur s vérité à l'endroit de leurs enfans par néce site , ils leur doivent préparer de la doucei en leur volonté , afin que la rigueur qui l a cJiâtiéâ ne les accable pas , dégénénli en dureté et fierté. Cet enfant se jette vos pieds , et je vous supplie de le recevt paternellement, cependant que je o^'e^sai rai de vaincre aussi de l'autre côté monslei d'Âvully. Que , si tout en retour de me attente, je suis partout rejeté , je cesser cet oflice 'd'intercéder vers l'un et Tautn mais non jamais d*ôtre, monsieur, votn etc,

LETTRE aXVIlI.

s. FBANÇOIS DE SALES, AlfADAMB DE CUANTAIi.

11 faut saifre l'aurait du Saint-Esprit dans l'on son. Quelle difîérence il y a entre se tenir mettre en la présence de Dieu. On peut se ici en la présence de Dieu, même en dormant.

16 Janvier ifita

Ma trèsHïhère fille , votre façon d'oraiw est bonne: soyez seulement bien fidèle demeurer auprès de Dieu en cette douce tranquille attention de cœur et en ce doi endormissement entre les bras de sa prov dence , et en ce doux acquiescemont à i sainte volonté : car tout cela lui est agréi ble.

Gardez-vous des fortes applications c Tentendcment, puisqu'elles vous nuisoni non-seulement au reste , mais à l'oraisc mémo, et travaillez autour de votre ch< objet avec les affections tout simplemen et le plus doucement que vous pourrez, ne 80 peut faire que l'entendement ne fass quelquefois des élancemens pour s'appl quer ; et il ne faut pas s'amuser à s'en te nir dessus sa garde , car cela serviroit c distraction , mais il faut se contenter que vous en apercevant, vous retourniez au ^mpic^ actions de la volonté

Se tenir en la présence deiUeu , et i

DE S. FRMfÇÛIS PB SALES

jMdra en la présence de Dieu , ce sont, à mon avis, deux choses : car pour s'y mettre , il faut révoquer son amo de tout autre objet , et la rendre attentive à cette préscn • re actuellemeot , ainsi que je dis dans le livre : mais après qu*on s'y est mis , on s*y tient toujours, tandis que , ou par Tentendenumt, où par la volonté, on fait des uctes CDvera Dieu , soit en le re.irardant, ou regardant quelque autre chose pour Tamovr de lui; ou no regardant rien, mais lui parlant; ou ne le regardant ni ]>nrlant à lui , mais simplement demeurant où il nous a mis , comme une statue dans sa niche. Et «piand à cette simple demeure se joint quelque sentiment que nous sommes à Dieu , et qu'il est notre tout, nous en devons bien tendre grâce à sa bonté. Si une statue que Ton auroit mi^e en une niche au milieu d*une salle avoit du discours , et qu'on lui demandât : Pourquoi es-tu là ? Parce que ,

nous sommes heureux, quand nous voulons aimer notre Seigneur 1 Âimons-le bien donc , ne nous mettons point à considérer trop par le menu ce que nous faisons pour son amour, pourvu que nous sachions que nous ne voulons jamais rien faire que pour son amour. Pour moi , je pense .que nous nous tenons en la présence de Dieu mémement en dormant : car nous nous endormons à sa vue , à son gré et par sa volonté ; et il nous met là sur le lit, comme des statues dans une niche ; et quand nous nous éveillons , nous trouvons qu'il est là auprès de nous, il n'en a point bougé ni nous aussi : nous nous sommes donc tenus en sa pré* sence , mais les yeux fermés et clos.

Or, voilà qu'on me presse : bonsoir, ma chère sœur, ma fille, vous aurez de mes nouvelles le plus souvent que je pourrai.

Croyez que la première parole que je

vous écrivis fut bien véritable , que Dieu

diroil»elle, le statuaire mon maître m'a m'avoit donné à vous: les sentiments en

mise ici. Pourquoi ne te remues-tu point? Parce qu'il veut que j'y demeure immobile. De quoi sers-tu là? quel profit te revient-il

que j'y suis, c'e^t pour servir et obéir à la volonté df mon maître. Mais tu ne le vois pas. Non, diroit-elle, mais il me voit et prend plaisir que je sois où il m'a mise. Mais ne voudrois-tu pas bien avoir du mouvement, pour aller pluâ près de lui? Non pas , sinon qu'il me le commandât. Ne délirea-tu donc rien? Non; car je suis où non naaltre m'a mise , et son gré est l'unique contentement de mon être.

Mon Dieu 1 ma ftUe , que c'est une bonne omieoBi et c'est une bonne façon do se tenir en la présence de Dieu , que de se tenir en sa volonté et en son bon plaisir ! Il m'est avis que Magdeleine étoit une statue en sa niche , quand , sans dire mot , sans se remuer, cl peut-être sans le rcjrarder, elle écoutoii ea que notre Seigneur disoit, aimiso à ses pieds; quand il parloit, elle écoutoit; quand il entrelaissoit de parler, elle ccssoit d'écoulefi et cependant clic étoit toi^ours là.

Un pelil enfant qui est sur le soin de sa mère dormanle , est vraiment en sa bonne et désirable place , bien qu'ello ne lui dise mot, ni lui à vile.

Alon Dieu ! ma fille , que je suis aise do parler un peu de ces choses avor. vous 1 Que

sont tous les jours plus grands en mon ame. Ce grand Dieu soità jamais notre tout. Je salue ma chère petite ÛUe , ma sœur, et

d'étro ainsi? Ce n'est pas pour mon service toute la maison. Tenez ferme , chère fille ;

ne doutez point ; Dieu vous tient de sa main, et ne vous abandonnera jamais. Gloiro lui soit es siècles des siècles I Amen.

Vive Jésus et sa très-sainte mèro I Amen, et loué soit le bon père Joseph 1 Dieu vous bénisse de mille bénédictions.

LBTTRB CLXIX.

S. FBANÇOIS DE SALES, iUX MAGISTBAT?

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