FBANÇOIS DE SALES, A MADAME DE GHAIO'AL
(Tiré* do praBltr noMsièr* d« la VltlUUon de Sta^
■oble, àAiz.)
Il lai bit part de diTertes nouTelles, et entre •aires qo'il va commencer le liTre de VÂmour de Dieu.
> férrler 1610.
Cette lettre sera courte , ma très-chère 6IIc , car je n*ai nul loisir. Elle vous dira donc seulement qu'avant Jiier j*ai su que je n'irai pas à Salins ce carême , parce que monsieur l'archevêque de Besançon a résolu à ceux de celte viiie-là , qu'il ne vouloit pas que j'y allasse ; et il est leur prélat. Et pourquoi de cela , je ne le sais pas bien ; mais, à le dire entre nous, il ne sera pas grandement pris en bonne part de tous.
Quant à moi , j'en suis bien aise , quoique je fusse résolu d'y aller de bon cœur.
Mon frère vous enverra son laquais dans peu de jours, en attendant d'y aller luimême y après qu'il aura démêlé quelques afluires de deçà.
Mademoiselle Favre s'est enûn résolue , avec le bon congé de son père , d'être toute à notre Seigneur, et de demeurer ma Glle plus que jamais; et je crois que nous en ferons quelque chose de bon.
J'écoute de toute part ce que Dieu de mande de moi. Priez-lo, ma chère fille, qu'il en dise ce bon mot, que je suis sien ; oui certes , je le suis do tout mon cœur, quoique misérable et chétif f je ne manque point à la promesse faite de l'oraison ; car il faut que de temps en temps je vous en rende compte.
La pauvre chère sœur est toute grosse, et vraiment fort bonne , ainsi que j'ai vu par la revue annuelle qu'elle a faite ces jours passés avec une grande dévotion. Je vais mettre la main au livre de l'amour de Dieu, et m'essayerai d'en écrire autant sur mon cœur comme je ferai sur le papier. Bonjour, mon unique , ma très-chère , mon incomi)arabie chère fille, soyez toute à Dieu. J'es-
père tous les jours plus en lui qiie nom fe* rions prou en notre dessein de vie. M» Dieu 1 j'écris à perte d'haleine. . :