FRANÇOIS DE SALES, A MADAME DE GHANTAL
n hii apprend la eonfersion de madame de Saint- Or^e, a laquelle elle s'inicressoit beaucoup; il l'eiborte ensuite à se forlifler pour le service deDiaa.
Aiin«ey, Jtn? 1er 1611.
Or SUS, ma très-chère fiUc , la plus grande gloire de Dieu , qui est la souveraine maltresse de nos affections , m*a retenu auprès de cette bonne dame de Saint- Gergue, pour la réduction de laquelle vous avez prié ; car l'ayant vue disposée à prendre les finales résolutions de son bonheur, je ne l*ai point voulu abandonner qu'elle ne les eût faites , dont je loue notre Seigneur de tout mon cœur ; et vous , louezle aussi de tout votre cœur, et nous le louerons tous deux de tous nos cœurs. J'ai opinion que sa majesté divine sera honorée en cette conversion.
Je suis bien aise qu'elle se soit un peu récréée auprès de vous ; car, voyez-vous , elle sentira toujours quelque petite trandiée de l'enfantement qu'elle va faire. Nous afons pris jour pour nous voir demain , et commencer, à mon avis , sa confession et préparation à la sainte communion , laqodie nous ferons dimanche en votre oratoire aussi : car, ma très-chère fille , puis* qioe j'espère que les anges , et surtout la retne des anges , regarderont le spectacle de la dernière action de la réduction do cette ame, je désire qu'elle se fasse autour de votre chère petite troupe ; afin que nous soyons tous regardés avec une joie extraordinaire, et qu'avec les esprits célestes aoos Cassion le festin (4) d'allégresse sur oetenfiamt revenu.
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Je prie notre doux Sauveur qu'il répande sa douce et agréable suavité sur vous, aHn que vous reposiez saintement, sainement, tranquillement en lui, et qu'il veille paternellement sur vous, puisqu'il est le très» souverain amour de notre inséparable cœur. 0 Dieu ! ma chère fille , je le vous recx)mmande , notre pauvre cœur ; soulagez-le , confortez-le , récréez-le le plus et le mieux que vous pourrez, afin qu'il ser\'0 Dieu ; car c'est pour cette considération qu'il le nous faut traiter ; c'est l'agneau d'holocauste qu'il nous faut offrir à Dieu , il le faut donc tenir en bon point et grasselet s'il est possible; c'est le lit de l'époux, IM)ur cela le faut-il parsemer de fleurs. Consolez- le donc, ma chère fille , ce pauvre cœur, et lui donnez lé plus de joie et de paix que vous pourrez. Hélas , qu'avons-nous autre chose aussi à souhaiter que cela?
Vive Dieu , ma fille ; ou rien ou Dieu : car tout ce qui n'est pas Dieu , ou n'est rien , ou est pis que rien. Demeurez bien toute en lui , ma chère fille , et le priez que j'y demeure bien tout aussi, et là-dedans aimons-nous puissamment, ma fille, car nous ne le saurions jamais trop ni assez. Quel plaisir d'aimer sans craindre d'excès ! Or, il n'y en a jamais point où on aime Dieu. Je vous envoie ce Miroir d'amour à M. C. de GenneSy et après vous je le verrai ; car j'en ai envie , estimant que cette traduction , faite par les chartreux , sera parfaite.