LETTRE CLXXXVI
#• faANCOlS DE SALES, A MADAUB L*ÀBBES8B
DU puits-d'orbs-
(Ttarét do mouftèra de la viiliation , me S.-Aiitolne, è
Parte.)
Témoignages d'amlUé.
4 Janvier 1611.
Si votre lettre m'a comblé de joie, je le demande à mon cœur, qui a été tout absorbé de consolation , voyant et la souvenance que vous avez de moi, et l'honneur quo vous continuez de me faire en m'aimant, mais tondremont et chèrement, comme vous me le témoi^^nez. Mais que puis- je faire ni dire, ma très-chère sœur, qui- puisse dignement vous satisfaire sur ce sujet? Je confesse ingénument que je suis vaincu, et que, comnio vous me devancez infiniment de toutes partie, vous le faites très-parliculièrementen celle-ci de me rendre les devoirs et les lémoi:inaîj;cs d'amitié pour celle-là ùvec lui|nL>lle jo vous aime.
Je la sens si grande, si forte et si fidèle, qu'il ne me semble pus qu'aucun autre mo puisse devancer de ce côté. Maisjenesais comme mon malheur a voulu que je vous en aie rendu si peu de preuves cette année passée. Il faut, ma chère sœur, l'attribuer aux occasions qui ne s'en sont point présentées, et non jauiais à nulle sorte do méconnoissance des obligations que jç YPU9
ai, qui sontindieiUea, pajaqu'eBagMaoït pas compréhensibles. Croyez, ma très^hàie sœur, que mon cœur est fratemeUemant amoureux du vôtre ; et que, ai j'avois la conunodité d'assouvir ces désirs, je aerois bientôt en votre solitude , laquelle, voui dites, je redouta par son âpreté, mais laquelle j'aime précisément pour mille sujets, mais principalement pour l'amour de vous, qui, par votre présence, me Tavei rendue ci-devant plus douce et plus agréable que ne furent jamais les plus délicieuses cûih versa tions des villes.
Il ne faut pas oublier de dire quatre mots, avant de finir, de la chère sœur qui a manqué de nous être rayie^ces jours passés par un brave et galant gcntilhommp qui la recherchoit en mariage. Je serpl toujours extrêmement aise de son gqdtentcmont; mais, quand il sera de n'être point mariée, cette joie redoublera en moi. Mon Dieu ! ne nous verrons*^nou8 jamais tretous ensemble? J'en fus un peu, à dire vrai, impatient; mais je ne crois plus qu'elle m'aime, puisque, nonobstant que je lui écrivisse dernièrement, je n'ai poàU de ses nouvelles que par votre entrepiise. Or sus, si no laisserai-rje pas de lui écrire. Vous connoitroz bien , ma très-chère sœur, par la longueur de cette lettre , le plaisir quo j'ai de la faire et de m'entre* tenir avo<! vous. Mais il n'y a remède; votre charilé mo pardonnera; je n'ai pas tous les jours le bien de vous pouvoir entretenir; quand j'en ai la coninio<Jilé, il s'en faut prévaloir. Je ne vous parle point de M. ni de madame de Chantai, ils vous écrivent tretous.
Vous médites sur la fin de votre lettre je ne sais quoi de vos belles et bonnes confitures, et desquelles, étant avec vous, j'ai si abondamment usé. Mais, ma chère dame, vous êtes, avec la petite sœur, la souveraine friandise pour m'attirer par devers vous : tout le reste n'est qu'accessoire ; ces deux {)erionncs, que je viens de nommer K)n lie principal.
11 faut finir en vous recommandant \n soin de votre santé, avec la joie intt^ricMire et la récréation exlérieuro, qui vous serviront i)our un entier réti\bllssement. Fnilesle, ma chère sœur, sinon pour vous, pour le moins en la considération de ceux qui la souhaitent en0i»fy çj pjiffoitp, Je 6Vi6 <lo
DE S. FRARQOii DE SALES.
o#oz-lâ, et Yous !• croyez, n'est-ce pa»? Ma chère sœur, il faut bien le faire et m'aimer absolument presque gens réserve Je suis en notre Seigneur, que je vous déaire propice éternellement , ma tràa-cbère awir, votre, etc.
USURE axxxvn.