‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 151 sur 450 · LETTRE CCXL · texte numérisé non relu

LETTRE CCXL

s. FBANÇOIS DB SALES, A UNE DAMB.

Il n'y a point de temps plus propre pour marquer à Dieu notre iidéliié, que celui des afllicUons dont cette vie est toujours pleine.

Le Jour des Inaoeens, 1611.

Je ne doute point, ma chère fille , que vous ne soyez grandement exercée de diverses rencontres déplaisantes, sachant une partie des sujets qui vous en peuvent donner ; mais en quoi , et quand et comment pouvons-nous témoigner la vraie fidélité que nous devons à notre Seigneur, qu'entre les tribulations , es contradictions , et au temps des répugnances?

Cette vie est telle qu'il nous faut plus manger d'absinthe que de miel, mais celui pour lequel nous avons résolu de nourrir la sainte patience au travers de toutes oppositions , nous donnera la consolation de son saint Esprit en sa saison. Gardez-bien, dit Tapôtre , de perdre la confiance par laquelle étant revigorés , vous souffrirez et

(1) Ce qal est en italique sont des Uennes de qaelqaes nets rongés par la veloslé. On a suppléé à caui^t'AB a pa, et Iai8«é les aalres.

LETTRES

supporterez vaillamment le combat des afflictions , pour grand qu*il soit (4).

J'ai été , certes , marri , quand J*ai su eettc petite altercation survenue entre les deux chers cousins pour ce morceau de pain laissé par le pauvre M. de N. Ainsi arriva-t-il entre les enfans des hommes.

Or sus , je suis pressé. Dieu nous donne la grâce de bien et saintement commencer et passer cette nouvelle année prochaine. Que puissions-nous en icello sanctincr le saint nom de Jésus, et faire profiler le sacré soin de notre salut. Jo suis immortellemcnt tout votre , etc.

LETTRE CCXLI.

s. FRANÇOIS DB SALES , A MADASIB L*ÀBBeB8B DU PUITS^D ORBB.

(Tirée da rnooMièra de la Visitation de la ville de

Langref.)

W In félicite du bon ordre qu'elle avoiC mis dans son monastère par le moyen d'un bon prêtre.

ta féTrier 16f 8.

Je suis, certes, bien marri, ma très-chère sœur, ma fîllc , que vous n*ayez reçu mes Irltres , que souvent je vous ai écrites et a(irc>ïccs à Dijon, non point tant pour autre sujet , que pour la consolation que votre bon naturel vous fait recevoir -quand vous voyez mes écrits. Or sus , Dieu soit loué. Wcsliui , quand notre mère de Chantai écrira à Bourbilly, je me servirai de roccasion, puisqu'elle est plus assurée Miiis dites-moi, je vous prie, ma chère fille, cns!?iez-vous bien pu croire qu'une alTection plunti^o de la main de Dieu , arrosée pur tant d'obligations que jo vous ai et à votre maison, fût sujette à diminution ou ébranlement? Non , certes, ma tfès-chèro soniir, mu fille, il n'est pas possible qu'une amitié vraie et solide puisse jamais cesser.

Quelle joie de quoi votre monastère va si bien , et qu'il fait honneur devant Dieu at 8es anges à M. de Sauzea 1 Certes , je ne suis pas ange , mais jo l'en honoro davantage , et prie Dieu qu'il rétablisse de plus en plus cette sainte famille en son amour. J'écrivis il y a quelque temps audit sieur de Sauzea une réponse assez ample aux siennes : je ne sais s'il Ta reçue. Au reste , pour votre particulier, faites souvent ro-

(') Vollte amiilere confldentliin Tealrtm, qaa mainaiB babet remaoertUoBein. Rmm^ q. s, v. ML

nattre toutes les aaintea rétàhitioiu qu'an

commencement de nos ferveurs Dieu nous départoit si abondamment : que si elles ne sont plus sensibles , il n'importe , pourvu qu'elles soient femies et fortes. J'ai bien entendu tout ce que vous m'écrivez , et me suffit. Dieu par sa bonté vous tienne tous les jours de sa très-sainte main; c'est une prière quotidienne que lui fais.

Je vous remercie de la toile ; si vous venez l'été prochain, vous nous communiquerez bien de la recette: et cependant on emploiera ce que j'en ai.

Je dis , si vous venez ; parce que , encore que ce me seroit un contentement extrême de vous voir à souhait en nos pauvres p^ tites contrées, si est-ce que je ne voudrois pas tirer sur moi le contregré de messieun vos proches, s'ils en avoient, en ne voos le conseillant pas, ni aussi préjudicierea ma consolation en vous conseillant. Dieu vous inspirera ce qui sera pour sa gloire et la vôtre.

Cependant il faudra donc écrire dans le livre quoique chose , à mesure que y panoi les fréquentes pensées que j'ai sur vous, il plaira à notre Seigneur jeter dans mon coeur des avis propres pour le nôtre. Je salue infiniment toute votre chère troupe, et spécialement notre sœur. Je salue encore U. de Sauzea , si par fortune il est là. Ues frères sont tous vos serviteurs très-humblei, surtout mon frère de Boisy, qui n'est pas présent maintenant que j'écris , et si , je oe l'ai pcjintaverti. Aimez-moi toujours cordialement, ma très-chère sœur, ma ûlle , puisque de tout mon cœiu' je suis vôtre. Di4Mt vous bénisse. Amen.

Votre , etc.

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