‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 152 sur 450 · LETTRE CCXLII · texte numérisé non relu

LETTRE CCXLII

s. FRANÇOIS DE SALES, A HADAMB DE CIIANTAL.

(Ttrée do mooaslère de le VUlUUon de U Tllle de L«'

Ttldotte.)

Le Saint loi parle de diTorsee aflairet temporelles.

A Tarin, 14 malieis.

Et moi , ma chère ûlle , je vous écris en^ core plus courtement pour réponse à votro lettre du 5 de ce mois , tant pour mille petites affaires et visites que je reçois , quo pour la ferme espéra^ice oue j*ai de tous

DE S. FRAMÇOiS DE SALES.

f«fr biealAi , résolu , Dieu aidant , de partir d'id samedi ou dimanche prochain, pour être à Annecy le jour delà sainte Pentecôte, puisque je n'arrête plus que pour raffaire de ces pauvres bannis : car, quant aux dépêches, je laisserai le bon M. de Blonay, qui de bon cœur demeurera pour les solliciter ; mais cette négociation de l'apaisement de monseigneur do Nemours ne peut être foite qu*en présence.

Or, j'ai toute ma confiance en Dieu d*en réussir. Je vous ai déjà fait savoir que nous aurons madame la duchesse de Mantoue , qui est la vertu même , pour notre protectrice; mais il ne faut pas encore faire du bruit , pour une raison que je vous dirai. M. de la Bretonnière est encore en volonté de nous aider en quelque chose pour Tédiûcation de notre oratoire.

Caressez cordialement les messieurs qui s'en revont, en particulier M. Floccard. Je nis en peine du retardement de madame DesgoufTiers , remettant néanmoins cela lia sainte providence de notre Seingneur, comme aussi notre pauvre petite malade.

Noos ramènerons votre Ois , qui , à la Téritéy a grand désir de s'employer à la gserro , si elle suit. Je salue fort ma chère file madame de Torens et madame de Rakitin , qui est aussi ma fille ; comme encore iBotes celles qui sont autour de vous , que mis savez m'étre précieuses plus qu'il ne m peut dire.

Diea soit à Jamais dedans notre cœur pour y vivre et régner éternellement; c'est lui qd sait ce qu'il lui plait que nous soyons tt la très-parfaite union qu'il a fuite en lui- Même et par lui-même. Amen.

P. S. 11 seroit mieux qu'on accommodât le procès en notre absence , à cause de ma trop grande condescendance. Je prierai ponr le pauvre sire Pierre, et loue Dieu qu'il soit passé en bonne disposition.

LETTRE CCXLin.

s. rBANQOIS DR SALfi^, A M. DESIIATES.

mite «V BOMitère de It f toitacAm « IttTRiU ttdQM.)

Il témoigne le désir qu'il a et IMinpuissance où il te Uttof e de prêcher lo carûmc à Paris en la ptroisse de If. Desbayes; et ii fjii entendre que Cil empêchement venoit du soupçon qu'on avoii donné au prince que cela éioit suggère par messieurs de Cliariuoisy et ncshaje.4. II dit que IL de Nemoars Ta en France, et se plaint de

I nnciTiUlé d'un libraire qui , ayant fait imprimer son ouvrage de la Croix sans sa participation, aToit changé le Utre et supprimé l'a vanlpropol. Il desUneson livre de ï'Àuumr de Dku à Rigaud de Lyon , et un autre pour Paris. Enfln, if espère voir dans peu M. de Cbarmolsj en liberté.

fO Ml iiis.

Monsieur, je reçus à Turin votre lettre du 30 mars avec une extrême confusion d'y voir le remerciement que vous me faites de ma persévérance au désir de servir votre paroisse le carême prochain , puisque ma volonté, ma persévérance, mon espérance, demeurent frustrées et inutiles, son altesse ne m'ayant pas voulu accorder que je sorte d*ici pour les prédications, avec des paroles tant honorables que rien de plus, mais nullement favorables à mon intention ; de sorte monsieur, que je vous supplie de no plus vous amuser à moi en façon quelconque, puisque je suis si icbpuissant à vous rendre le service que je vous dois.

J'ai bien néanmoins encore un ressort en main, lequel je vais faire jouer dès demain, mais je ne m'en ose rien promettre. Si vous saviez , monsieur, d'où vient l'empêchement, vous admireriez l'industrie du démon qui s'oppose à nos désirs. Pour Dieu , monsieur, croyez bien , je vous supplie , que mon cœur est totalement dédié au vôtre , et mes désirs à vos affections , et que si je savoîs faire mieux pour faire réussir vos intentions, jo le ferois.

Je vous dirai ce mot en la confiance que j'ai de votre prudence : M. Trouillons , qui sert son altesse es affaires de France , dit à Turin , sur lo propos de la recherche qui a été faite ci-devantde me faire aller ù Paris : C'est Charmoisy et le sieur Deshayes qui ont ce dessein , nul autre n'y eût pensé qu'eux. De là on passe à d'autres pensées. Jusques à quand sera-ce que l'on vivra ainsi ? Hors cette particularité , que votre seule considération me faisoit avoir plus à cœur qu'autre chose quelconque de celles que j'avois à traiter, son altesse m'a comblé de témoignages d'estime et de faveur, autant que l'action de la guerre, en laquelle je le trouvai , le pouvoit |)ermettre.

M. de Nemours va en France dans huit jours.

Je trouve très-mauvais la procédure du libraire qui a osé , sans rime ni raison", mettre un titre si impudent au livret de la

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Croix. Hors le titre et romission del'svani-

propos,aaDslequcl ce livre sembleunsonge, je n'en sei ois pas si fûché , bien que toujours ce scroit une incivililii commise on mon endroit; et, b'II m'eût Qverti, je lui eusse rendu ce livret mille fois plus vendable , par la correction et amendement que J'y eussefsitâ. Mais pour loutcela je no vous Bupplierai jioint do prendre la peine de faire faire les défenses qui seroicnt requises pour CD empêcher la di'bite ; car ce vous scroit une trop grande importunil^. Jo nie contenterai bien qu'il vous plaise lui dire qu'il me donne cette satisfaction de remettre le Ulre, Rien ne m'est plus à contre-cœur que l'amhilion des titres.

J'ai promislo livre der\mourdb Dieu à Rigaud de Lyon , et certaine petite besogne pour ce diocèse à un autre. Passé cela, si jamais je mets la main à la plume , ce sera pour Paria à votre gré , mais certes , jo ne sais ce queje pourrai jamais faire. J'espère dans cinq ou six jours voir M. de Charmoisy en liberté. J't^ris à madame de Charmoisy, qui vous fera savoir ce qui en est , et l'avis que je lui donne, puisque je suis pressé de finir. Monsieur, je suis plus qu'homme qui vive, votre, etc., qui vous souhaite , etâ madnmo votre moitié , tout le bonheur du ciel etde la terre.

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