‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 161 sur 450 · FRANÇOIS DE SALES, A UNE IflÈCB · texte numérisé non relu

FRANÇOIS DE SALES, A UNE IflÈCB

(Tirée do premier mooiisière de la Vktutloa de It iVk

de Roueo.)

Il loue une de ses nièces de la fenreur de sa dévotion ; il Pencouraireàpcrsévrrer, pI la c<>nivole sur des tentations d'amour-proprequ'etleéproovoit.

llarrilieik

J'aime mieux vous écrire sans loisir ni commodité, que de Tatlendre plus longtemps, ma Irés-chère nièce, ma fille. Votre lettre m'a fort plu, parce que j'y vois les marques de votre résolution de persévérance au dessein do servir à jamais notre Seigneur avec toute la pureté et fidélité que vous pourrez. Que bienheureux est un cœur, ma chère iille, qui se dédie à une affection si juste et si sainte! Plus nous irons avant, plus nous reconnaîtrons la grandeur de la grâce que le Saint-Esprit nous fait de nous donner ce courage.

Et, bien que quelquefois vous receviez des se* "eusses do l'aniour-propre et de votre imbécillité, ne vous en troublez point; car Dieu le permet ainsi, afin que vous lui serriez la main, que vous vous humiliiez et réclamiez son secours paternel.

L'espérance de vous voir avec madame la première.... m'excuse de vous parler plus long par écrit, principalement pressé comme je suis. Saluez, je vous prie, de ma part madame de la Fléchère , et toutes deux ensemble madame de N«, si elle est là.

Je suis sans réserve, d'un cœur tout fidèle, votre, etc.

S. FRANÇOB DE SALES, A DHB DAHB.

coDioleDaBdiiDc, «n lui raliinl «ivisigïr Ici

rengage d'en praQicr par l'eiBiupJe d« Jcaot- CkrCit.

L'antre jour qiie la bonne maUaine de revcrncy fut icy; jo sceu plus ampleiCDt la variélé dcâ travaux parmi lesquels DUS viviez, ma très-chèrc seur ma lillc. ot tries, j'en eus de la compassion mais [^us le coDSolatlon pncores, sur l'espérance que l'iy, que Dieu vous tiendra de sa main, et Rius conduira parcethcmin qu'il a frayé, i beaucoup de perfection, car je veux croire, ma chère seur, que vous voulez demeurer éternellement liée â la Ircs-sainte Ttlonté de celte divine majesté , et que TOUS luy avez consacré toute voslre vie ; et cela estant ainsy, quelle grâce d'estro sm-seulcment sous la croix, mais sur la croii et au moins un peu crucilîce avec Bostrc Seigneur! Ayez bien courage, ma thére scur, convertissez la nécessité en T«1u,et ne perdez pas l'occasion de bien lesmoigocrvostrc amour en vers Dieu parmi 1&^ tribulations, ainsi qu'il tesmoigna le tien envers nous parmi los espines. Mon une souhaite le comble de toute sainteté à lavostre, et suis d'une affection invariable rostre bumble très-affectionné frère et scrri leur.

Le porteur va prendre M. de Cbannoisy i une journée de Uasan.

I^TTRECCLX.

BédeiiOD* rcligicatei lut Is uint ladn.

En attendant de vous voir, ma très-chère mère , mon ame salue la vôtre de mille et mille souhaits; que Dieu la remplisse toute de la vie et mort deson fils notre Seigneur"

J'étois il y a un an, et environ ces heures, i Turin; et montrant le saint suaire parmi un si grand peuple, plusieurs gouttes de la sueur qui lomboitdemon visage rencoDtrèrent dedans le saint suaire même ; Bt notre cœur sur cela fit oe souhait : Hé I

plaise à vous, Sauveur de ma vie, mêler mes indignes sueurs avec les vôtres, et détremper mon sang , ma vie , mes affections dedans les mérites de votre sacrée moiteur I

Ma très-cbèrc mère, te prince cardinal se cuidoit ficher de quoi ma sueur di^gouttoit sur le saint suaire de mon Sauveur ; mais il me vint au cceur de lui dire que notre Seigneur n'étoit pas si délicat, et qu'il n'avoit point répandu de sueur ni de sang que pour les mêler avec les nàlres, afin de leur donner le prix de [a vie éternelle. Ainsi puissent nos soupirs s'allier aux siens, aRn qu'ils montent en odeur de suavité devant le Père éternel!

&Iuis de quoi me vats-je souvenir? J'ai vu que quand mes Trères étoienl malades en leur enta ncc, ma mère les faisoit coucher dans la chemise de mon père, disant que les sueurs des pères étoicnt salutaires aux enfans. 0 que notre cœur se couche en celte sainte journée dans le suaire de notre divin pire, enveloppé de ses sueurs et de son sang; et que là il soit, comme la mort mémo do ce divin Sauveur, enseveli dans le st'pulcre d'une invariable résolution de demeurer toujours mort en soi-même, jusqu'à ce qu'il ressuscite en la gloire éternelle. IVotti lommei enievtli», dit l'apùtre, avec Jinu-Chriit en la mort d'icelui, afin que nou» ne vivions plus de la vieille vie, mai* de la nouoelle (i). Amen.

LETTRE CaXI.

S. FRAHÇOrS DE SALES, AU DUC DK BAVOIB.

H lui UmoitincMMlliricliondorequelPiIucda Sivoic, ajant consenti 1 iiablir hb charlreui dam ton diocèse, leur detUne l'abbaye de nipaillé, tl lepteiK d'eiecuter >od projet au

Monseigneur, lorsque j'eus l'honneur de faire la révérence à votre altcsso , il y a un an, je lui proposai de faire lo;;cr les révérends pères chartreux en l'abbaye de Filly en Chablaia, pour l'accroistienient de la dévotion qu'un si saint ordre feroît en co pays-là, et pour l'ornement que la réparation d'une abbaye si remarquable y apporteroit.

LtTTMS

Hais depuis, ayant su qDd Votfô à)t6âS6 avoît jeté ses yeux et son aésir sur filpaillc pour le même effet, je m'en suiâ infiniment réjoui ; et en toute humilité je la supplie d'en ordonner au plus tôt Texécution , afin que nous voyions en bos jours la piété rétablie en un lieu qui a été rendu tant signalé par celle que messeigneurs les prédécesseurs mêmes de votre altesse y ont si saintement et honorablement pratiqué.

Assurant qu'en meilleures mains le généreux et pieux dessein de cette restauration ne pourroit être confié qu'en celles d'un ordre si ferme et constant , comme est celui des chartreux, lequel, ayant toujours été dès son commencement fort obligé à la sérénissime maison de votre altesse, lui a aussi réciproquement toujours été et est très-affectionné et dédié. Et tandis je continue de supplier incessamment la divine majesté qu'elle répande à jamais toutes ses plus chères bénédictions sur la personne et la couronne de votre altesse , de laquelle Je suis f Monseigneur, très-humble , etc.

LEtTBS GCLXn.

s. FàAltCOlS DE SALES, A H. DÉ U tLÉCfiÈllJB. Gomndmlfoé* H' V» <• La 6trd«,aiidit«iir dM complM.)

Kotttelles âb eboMs Mtoporélle».

Aùo«ey, Il jnlft 1614.

Ce billet écrit à l'impourvu vous saluera, ma très-chère ûlie , de la part de mon ame, qui aime parfaitement la vétre en notre Seigneur. Je n'ai eu nul moyen de répondro à vos lettres jusqu'à présent. Mercredi nous allons faire le baptême dti petit neveu , et la grande nièce se porte beaucoup mieux.

Nous pensons y avoir monsieur et madame de Charmoisy; car, encore que tnon frère ne le sache pas , étant néanmoins tous les deux à Dalmai , pour les noces de mademoiselle de Dalmaz , il y a l'apparence qu'ils viendront à Prêtez , où étant, il n'y auroit pas de l'apparence de ne les supK pléer pas , principalement parce que ixnis n'avons encore point vu la chère cousine.

Or sus , cependant allet bien doucement 8t!r le pavé de Ghambéri à la sollicitation de votre affaire ; mais je dis bien douce • ment ^ car c'est l'importaoce.

madame notre sodurde Bonseei à ta» Vî litation , mais je ne l'ai encore point irue.

Madame de Grille pèttse êti jour de la Visitation. Saluez , ji de tout mon cœur notre sœur ] Brèssieu , et M. de la Valbohe, guebelette. Je suis sans fin toi notre Seigneur.

LETTRE caxm.

d FàAKçdiS DE SALES , A UK nn LA COUR.

Il rtocottrage A perse? érer daoft It ti Uon qu'il Afoii pris» de Mirii

Monsieur, J'ai re^u la lettre \ \ votre grandeur s'abaisse jusqu'i rer que désormais je l'appelle et ma petitesse s'élève bien at là que de le vouloir faire ; et pé le puis sans faire tort à ce que

Bien qu'à la vérité ce sera ch voir la disproportion d'un si < avec un enfant si relevé ; maii même , qui est si sage, a bien i reille singularité en une plante boristes nomment communém avant le père (I), parce qu'i son fruit avant ses fleurs.

Et puis vous ne regardez pas pense , ma personne , mais cet < duquel elle est douée, qui est de tous les ordres en l'Égliso , < vous avez cet incomparable l bonheur d'être un membre viva seulement vivant , mais animé sacré, qui seul est la vie de comme vos bons désirs le témc

Or sus donc, noonsieur, je voi rai désormais mon fils; mais vous seriez ennuyé de voir te protestalionâdu respect avec leq de ce terme d'amour, je vous vei fois pour toutes que je vous nom fils avec deux diflérentes mais a affections, dont Jacob appela d enfanta ^ fils*

Car voyez-vous , Monsieur, il cher Benjamin son Qls avec un co d'amour^ que pour cela on a de| ainsi tous les enfans bien-fiim< pères.

(1) FiHnt antt patréM, e'aèi le m«i mu Él«ai iiiiei<Mf»li le tuaittagê e« pm$ rf'Iei TemeBl ceite propriété.

DE S. FRAHÇOIS IME SALES.

3sr

•cm cher enfant Joseph , devenu en Egypte, il l'appela son fils avec ir ii plein d'honneur, que pour ce Dnneur il est dit quo même il l'ar si bien ce fut en songe, ce ne fut aensonge , mais en vérité , que ce mverneur d'Egypte avoit vu , lore ifànœ, que son pore, sous le signe

, lui faisoit une profonde rêvé* te rEcriture sainte appelle du nom ion.

donc comme je proteste de vous mon fils , et comme mon Benjamin 9 et comme mon Joseph d'honneur, mot de fila sera plus plein d'honï respect et de révérence que celui ieur, mais d'une révérence toute lée en l'amour, pour le mélange dur ) répandra en mon ame une suavité ira point d'égale. C'est pourquoi je rai point au nom de fils celui de r, sinon quelquefois, parce qu'il a pas besoin, l'un étant plus exquioompris en l'autre qu'il ne sauroit >rimé.

Taise , mon cher fils, quand on me

vous êtes le seigneur au grand ui , emmi ces vaines vanités de la imeurcz ferme en la résolution que

a prise de contenter celui de Dieu 1 aites , mon cher fils , persévérez à lier souvent , et à faire les autres )s que Dieu vous a si souvent inspi* monde croit vous avoir déjà perdu :

us tient plus des siens. Il se faut rder qu'il ne vous regagne ; car ce ous perdre du tout , que de vous gagner à cet infortuné, que Dieu a t perdra éternellement. Le monde mirera, et, malgré sa mauvaise hu- 1 vous regardera par honneur quand verra emmi ses palais, ses galeries, inets , conserver soigneusement les le la dévotion , mais dévotion sagCf dy forte , invariable , noble et toute iUnsi 8oii*il, mon cher fils , qu'à j»> ieu soit votre grandeur, et le monde képris : et je suis ce père qui vous »mme son Benjamin, et vous hooor

son Joseph.

LBBTRE CCLXIV.

s. FRANÇOIS DE SALBS AU ROI DB FRAlieB LOUIS XIU.

LêSAlnlIt remercie d'une lamône qvm rfsfl faite à régUse de Gei.

Sire , rien n*est caché à la chaleur du soleil en ce monde : rien non plus n'est éloigné du soin des bons rois en leurs monar^ chies. C'est pourquoi votre majesté a regardé l'église de Gex , qui est sur le fin bord du royauino , et , la voyant extrêmement misérable, lui a ordonné aumône de trois cents écus, pour laquelle je vais maintenant en esprit , avec tous les catholiques de ce lieu-là, en faire action de grâce à votre charité royale , sire, laquelle nous supplions en toute humilité nous vouloir donner la jouissance de ce bienfait, duquel nous avons déjà la concession , pour laquelle nous implorerons à jamais la souveraine bonté de notre Seigneur, qu'elle conserve et prospère votre majesté en l'abondance des grâces célestes. C'est le souhait perpétuel, sire, de votre très-humble, etc.

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