FRANÇOIS DB SALES, A M. DESHATES
(Tlfé« du moMsIère d« la TblUUon de la Tllle de Rouen.)
n lui enYoio un mémoire dans lequel est exposé que madame d'AuROuléme reieiioil injustement la moiiié de la légitime de la mère de la demoiselle de Charansonay, sa parente. Celle-ci établit son droit dans le mémoire, et prie M. Deshayes de l'appuyer Elle avoit promis, si elle reussissoit, d'en consacrer la moitié en œuvres pieuses, dont le saint évéque auroit Tadminisi ration. M. de Charmoisy éioil rendu à Chambéri, ei mit en liberté.
17 mars iSlli.
Monsieur, c'est à tout propos, et pour cela presque hors de propos que je vous importune des occurrences qui me viennent; mais la faveur de votre bienveillance m'assure Je vous supplie de voir le mémorial ci joint, et de considérer si on pourroit en quelque sorte f.iire ressentir à madame d*Angoulôme l'obligation qu'elle auroit de tenir compte à la seconde sœur de la demoiselle de Charansonay, de la moitié de la légitime de sa mère ; car selon l'avis que vous prendrez la peine, s'il vous plaît, de m'en donner, je verrai si ce sera chose qui se puisse entreprendre.
Or, la demoiselle qui prétend est ma parente ; et pour me porter encore davantage, elle me veut donner la moitié de ce qu'elle pourroit avoir, pour ôtre employée en œuvres pies. Mai? p( urtant j'ai une telle aversion de telles affaires, qui; sinon qu'il y eût grande apparence et de ki T^cilité , je ne voudrois pas y penser. Je vous supplie donc, monsieur, de me faire la grâce de me faire savoir si, toutes choses considérées, c'est une prétcnlion digne d'être relevée. Je vous écrivis il n'y a que trois jours, et à M. de Charmoisy, qui me retiendra de vous entretenir davantage, étant mèmoment pressé du départ de ce jeune gentilhomme, qui, par sa courtoisie , m'offre bien de retarder, mais il n'est pas raisonnable. Je suis
à jamais, et par mille aortefr de defoin, monsieur, votre, etc.
Monsieur, je salue très-humblement madame votre femme, et suis son trè»-humble serviteur.
M. de Charmoisv est à Chambéri, où il s'est rendu pour le passage du cardinal d'Est , et se porte fort bien , qui est tout ce que je pourrai dire do plus agréable à madame de Charmoisy sa femme , ma cousine, que je salue ici avec votre pe^ mission.
LETTRE CCLVin.