En vertu de ce même amour ou poflsé- i 4ftM.,f.iB
poids le grand bien que les âmes reçoivent de la très-sainte oraison. Vous n'êtes donc point tromi)ées de Tavoir embrassée ; mais trompées sont les âmes qui , s'y pouvant appliquer, ne le font pas.
Et néanmoins en certaine façon (à ce que je vois) le doux Sauveur de vos âmes vous a trompées d'une tromperie amoureuse, pour vous tirer à sa communication plus particulière, vous ayant liées par des moyens que lui seul a su trouver et conduites par des voies que lui seul avoit con-
(t) Qat bltMrit ex aqni qoam eyo dabo et , non tltlet In eleronm ; sed aqu: ^nam «go dabo el D«t in •o foos aqne sallentU In vlUun elernam. Joah., o. if, V. 19 et 14.
>jBS
Belevez donc biea haut votre oou-
pour suivre soigneusement et sainte-
ses attraits; et , tandis que la vraie
mr et humilité de cœur régneront
i vous , ne craignez point d'être trom-
frère N. est un vrai ignorant , mais mt qui sait plus que beaucoup de sa- . il a les vrais fondemens de la vie aelle , et sa communication ne vous lu'ètre utile ; je m'assure que son suir ne vousle refusera pas tandis que m userez avec discrétion , et sans lui T trop de distraction .
n'ai pu encore lire les livrets que vous n envoyés, ce sera à mon premier
js avez bien fait de vous apprivoiser a bienheureuse mère Thérèse , car en > ses livres sont un trésor d'enseiens spirituels : surtout faites régner vous la dilection mutuelle , franche rituelle ; la communauté parfaite tant )le et si peu aimée en ce siècle , même onastères que le monde admire : la ) simplicité , la douceur de cœur et ur de la propre abjection : mais ce ma très-chère sœur, il faut qu'il soit nt et ferme, et non empressé, ni à sees.
serai bien aise de savoir souvent de Duvelies, et ne doutez point que je ne réponde. M. N. me fera tenir prou vos s.
particulier, ce m'a été de la consolale savoir la bonté et vertu de votre X)nfesseur, qui , avec un esprit vraide père envers vous , coopère à vos jésirs , et est encore bien aise que les s y contribuent. Plût à Dieu que tous ires de votre ordre fussent aussi chaes et afifectionnés à la gloire de Dieu; onastères qui sont en leur charge set plus parfaits et plus purs, resalue mes chères sœurs Anne et >-Salomé , et me réjouis de quoi elles îDlrées en cette religion en un temps îl la vraie et parfaite piété commence îfleurir ; et pour leur consolation , je isque leur parente madame Descrilles, 5t inaintenant novice à la Visitation , 4ussi fort de son côté de s'avancer en Seigneur.
, trèfl-chèresœurjevous écris sans
loisir, mais non pas sans une 'nfinie affection envers vous et toutes vos dlles , que je supplie toutes de recommander mon ame à la miséricorde de Dieu , conune de ma part je ne cesserai point de vous souhaiter bénédiction sur bénédiction, et que la source de toute lénédiction vive et règne à jamais au milieu de vos cœurs. Amen.
Je suis , d'un amour tout cordial , votre très-humble, etc.
LETTRE CCLXVra.
s. FRANÇOIS DE SALES, A H. JEAN-PIBRRB CAMUS , ÉVÊQUE DE BELLEY.
II l'encourage à soutenir rembarras des procès
pour la conservation des biens et des libertés
ecclésiastiques, el lui recommande les intérêts
du diocèse de Genève aux états de Bourgogne,
où il alloit assister.
ÀDDeey, SS août 1614.
Monseigneur, je me réjouis, certes, de vos victoires ; car, quoi que Ton sache dire, c'est la plus grande gloire de Dieu que notre ordre épiscopàl soit reconnu pour ce qu'il est , et que cette mousse des exceptions soit arrachée de Tarbre de l'Église où l'on voit qu'elle a fait tant de mal , ainsi que le saint concile de Trente a fort bien remarqué.
Mais je regrette pourtant quevotre esprit pâtisse tant en cette guerre , en laquelle, sans doute , il n'y a presque que les anges qui puissent conserver l'innocence : et qui tient la modération parmi les procès, le procès de sa canonisation est tout fait pour lui, ce me semble : Sapere et amare vix diiê conceditur; mais je dirois plus volontiers : Litigare et non insanire vix sanctis con^ ceditur. Néanmoins, quand la nécessité le requiert , et que Tintention est bonne , il faut s'embarquer sous l'espérance que la Providence même , qui vous oblige à la navigation , s'obligera elle-même à vous conduire.
Tout mon plus grand déplaisir, c'est de voir qu'enfin cette amertume de cœur, que vous me dépeignez , vous ravira d'auprès de nous , et me ravira une des plus précieuses consolations que j'eusse, et à ce peuple un bien inestimable : car des prélats affectionnés, il y en a si peu : Jppa" rent ravinantes in gurgite vaslo (1). Sal" vam me fac , Domine , quoniam defecU ianelui (2).
(t) ViM.» Enéid. I. — 0) Psauu si.
SM
unmiM
Je iFob bien, raeoMigiiouPy par votre lettre et par celle de M. de N. , qui , en vérité y est fort mon ami , et bon père trèssingulier, que nous ne saurions conserver leslibertéscGcIésiastiquesque lesducsnous avoient laissées es paya étrangers. 0 1 Dieu bénisse la France de sa grande bénédiction et y fasse renaître la piété qui régnait du temps de S. Louis.
Mais cependant , monseigneur, puisque ce pauvre petit clerçé de votre évèché et du mien a le bonheur que vous parliez en fion nom aux États , nous serons délivrés de tout scrupule, si après nos remontrances nous sommes réduits en la servitude ; car que pourroit-on faire davantage, sinon crier au nom de TÉglise : Fide, Domine, et considéra y quoniam facta sum vHis.
Quelle abjection que nous ayons le glaive spirituel en main , et que , comme simples exécuteurs des volontés du magistrat temporel, il nous faille frapper quand ilTordonne , et cesser quand il nous le commande ; et que nous soyons privés de la principale clef de celles que notre Seigneur nous a données, qui est celle du jugement, du discernement et de la science en Tusage de notre glaive ! Manum suam misil hoitis ad omnia desiderabilia ejm; quia vidit §ent€S ingressas sanctuarium tuum^ de quitus prœceperas né intrarent in ecclesiamtuam(i).
Ce n'est pas avec un esprit d'impatience ni de murmuration que je dis ceci ; je me ressouviens toujours que ista mala invenerunt nos , quia peccavimus , injmiè egimus. Or sus pourtant, monseigneur, vous verrez nos articles , et ferez , je m*assure , toulce qui se pourra pour la conservation des droits de Dieu et de son Église ; et tandis que notre Josué sera là , nous tiendrons les mains haussées, et prierons qu'il ait uno spéciale assistance du Saint-Esprit ; nous invoquerons les anges protecteurs , et les saints évéques qui nous ont précédés, qu'ils soient autour de vous; qu'ils animent vos remontrances.
De vous envoyer quelqu'un de la part de mon diocèse, il n'en fut jamais question. Mon diocèse n'est-il pas vôtre , puisque je lie suis si parfaitement : Populus meus , populiss tuus. Vous verrez le père dom Jean de Saint-Malacbie à Saint-Bernard ; si (1) TuiH., o. t, r. 10.
vous le haBltt, vous twwfafefc m M me veine féoonde de piété , de sagene , et d^ mitié pour mol , qui Thonore réciproquement bien tort. De madame Falin dltes^noi un Jour à loisir l'histoire, paroe que ^2oriam. régis annuntiare juêtum est. Dieo soit à Jamais le oœur de bob âmes. Je suis, monseigneur, votre, etc.
LETTRE GGIJCIX.
8. FRANÇOIS DB SALES , A SON ALTMSB Mk* DAMB MABGUEAITB, INFANTS PB SAVOIE, VEUVE DE M. LB DUO DB MANTQIHi.
Il la supplie de prendre sons sa protection ipédM les daines de la Visitation de la ville d'ADMCj, de leur procurer les leures-patentes, eiéa permettre auc la première pierre de leur oifioirt j soit pofée en son nom. \
^ Afantioi8eapte«l«ttlti
Serenissima signera, si è fatta in Anne;
cy una congregazione di dame onoratiasi-
me, parte vedove, parte zitelle, leqoalî
scariche delle cose del mondo, attendooo
con grandissime pietâ ed edincazione al
servizio del Signer Iddio , recitando ogni dl
le ore délia sacratissima Vergine insieme
nel sue coro, facendo ogni di Torazioiie
mentale, vivendo in ubedienza, sotte il
governo di una superiore , clie esse hanno
dette, ed osservando una esattissima abne-
gazione delle cose terrene , corne si suole
nelli monasterii più riformati. Le giovani
non escono mai dclla casa , nella quale noa
v'entrano uomini : ma solamente le vecchi©
e mature , por soccorso degl'infermi , mas--
simo donne , le quali quando sono povere 9
patiscono molto in quella cîttà, non cssen"
dovi se non un povero ospitale , cbe non ha
modo di fare molta carità a dette inferme*
Ora esscndosi formata quella congrega-
; zione a similitiidine d'altre simili , stabilltd
! in Milano , dal gran servo d'Iddio S, Carlo,
' ed avendo comarata una casa , 0 deside*
! rando tuttavia fabbricar un oratQrio al no«
I me délia santissima visitazione dclla bea«
tissima Vergine, nel quale pur vi sia una
cappella , che si dedicherà sotto il non»
del beato Amedeo, quando sarà canonizato,
si supplica Y. A. serenissima, che si degni
accctlare , e rlcevere dotta congregazione
nella sua specialissima protezione, acciè
cbe sotto l'ombra del suo serenissimo nome,
e col fitvor délia 0ua carità 9 possa con tran<
DE S. mAMOQn DE SALES.
US
friWll • pwi intarim $i etUrior» «Itopdete aile cm» cetarti. F»ril oheMnbbe
I. Che V. A. serenissima , o f)er lettere patentî» o per lettere chiuse , manifestasse die ella rioeve a piglia in prolesionedatta oongregazione e ciascheduna dellq aorella, eaianodama, oheinesaaaaranpOyadeaso aperrawenire.
S. Che V. A. aerenissima faoda een let-i tere saper qucsta sua intcnzione al signop march. di Lans , ed al senato di Savoja, ac-i QÔ dove occorrerà essi abbiaoo çur^ dl detta congregazione.
3. Sarebbe anco conveniente , che simili lettere si scrivesserodair altena del seret aissimo signer duca nostro signore , per le qnali facesse sapere che detta congregazio* ne essendo per ordine suo nella proteziono di y. Â., yuole che sia negli statl suoi favo« rita e oonservata.
n che è tanto più ragionevole , che detta oongregazione non mendica, anzi si stabiliflse a spese délie dame congregate , né prétende glammai aver entrata , se pon per mantener gli ediflcil , la sacristia , il çappcUano , e pagar il medico loro , o per m de* censi perpetui , q in altre manière che non facciono aggravio a Dcssupo i ne diano impedimento alcuno alli da^ii, owcro aile taglie del serenissimo duca, Aiui detta ooQgregavone essendo | come si ^pera « fra pochi anni dotata di quella entrata per
rdie cose communi , le vedove friche figliuoli , e le yergini che yprranno in Castîtà, ubbidienza, e pietà servir il Signor UdiOy avranpo grandissima comodità di de lare , perché saranno ricevute in detta CûQgregazione, mediante una sola pensione aisegnatale dalla casa loro , menlre yiye- ^ fanno.
Onde V. A. serenissima farà cosa gratissima alla maestàdiyina , ed alla sua sanctissima Madré nostra Signora , se ricevendo qnesta pia eongregaxione nelle braeoia della aoa protezione , essa si degna ohiamare signora y patrona e madré.
E perché ben presto spera detta congre-
exione di fabbricare rpratorio suo, e çhe sarebbe un onor e oonaolaxioned'importaoza , che a nome di Y. A. serenissima si mettesse la prima pietra ; si supplica per fine , che degni commander a qualche dali quelle banda 9 di yenir ooftU da parte
diV,A. fdmistoreiaiiipoaisiojatdifjMta pietra , metteodovi la medaglia «oiita , taie obe V. A. si eompiacerà di notare,
Che coal Y, A. avrâ sempre ottima parte in tutte le buone opère che in detta congrega3(iQQQ e detto oratorio si faranno , massime nelle orazîoni di quelle dame , che giorno e notte inyocheranno lo Spirito santo pqp Teteriut coasQlanone di Y. A*
Madame , nous avons en cette ville d'An^ necy une congrégation de trës^honorables damçs, les unes yeuvea, les autres filles, qui , n'ayant que du dégoût pour le monde, s'adonnent au senrice de Dieu avec qpe trèS'grande piété et une singulière édification. Elles récitent toutes ensemble au chœur les heures de la très-sacrée Yierge , font Toraison mentale, et vivent dans l'obéissance sous le gouvernement d*une supérieure qu'elles ont élue. De plus, elles observent une très-grande abnégation des biens de la terre, comme il se pratique dans les monastères les plus réguhers. Les jeunes ne sortent point de la maison ( où les hommes, d'ailleurs, n'entrent jamais sous aucun prétexte ) , mais seulement les lus âgées et les plus sages, et c'est pour e secours des iofirmes , principalement des pauvres femmes, qui, ayant de grands besoins , ont beaucoup A souflï*ir en cette ville , où il n'y a qu un pauyre hôpital , qui n'a pas assez de reyenu pour faire de grandes charités.
Cette congrégation s'est formée sur le modèle d'autres semblables établies dans le Milanais par ce grand serviteur de Dieu, le glorieux S. Charles. Elles ont déjà une maison; mais, désirant néanmoins faire construire un oratoire en Thonneur de la très^sainte Visitation de la bienheureuse Yierge, dans lequel il y aura une chapelle sous le nom du bienheureux Amédée, lorsqu'il sera canonisé, yotre altesse sérénissime est très-humblement suppliée de prendre cette congrégation sous sa protection spéciale , afin qu'à l'ombre de son nom et à la faveur de sa charité, elle puisse va< quer aux choses célestes avec tranquillité^ n'ayant rien qui la trouble ni au-^edans ni au-dehors.
A quoi il sera nécessaire, 4* Que votre altesse séréiiissime déclare par lettres patentes, ou par lettres de oa-
su LETT
chet, qn'elTft reçoit «t prend wus sa l protection cette congr^tion en entier , ' et chacune des sœurs ou dames en particulier, tant pourleprésent quepourl'a- Tenir;
S* Que votre altesse sérénissime fasse savoir son intention ô M. le marquis de Lans et au sénat do Savoie , aGn que dans les occurrences ils prennent les intérêts de ladite congrégation ;
3» Il seroit encore à propos que son allesse sérénissime monseigneur le duc de Savoie envoyât de semblables lettres , par lesquelles il Eignifi^t que cette congré^tion g'étant mise sous la protection do votre altesse, c'est aussi sa volonté qu'elle soit favorisée et conservée en ses états.
' Et cela est d'autant plus raisonnable, que cette congrégation no mendie point d'aumAnes,maiss'établitcn telle sorte que les dames qui s'y rendent ne prétendent pas y avoir entrée, sinon pour conlribuer aux entretiens, tant des bùlimens et de la Eucristie, que du chapelain et du médecin, soit par le moyen des rentes perpétuelles , soit partoulautrc voie semblable, qui ne fesse aucun dommage à personne , et qui ne mette nul empêchement aux dasces ou tailles du sérénissime duc; et même ladite congrégation sera, comme j'espère, dans peu d'années , dotée de revenus siiIGàans pour l'entretien de la communauli ; si bien que les veuves qui seront sans enfans , et les filles qui voudront servir Dieu dans la chasteté, l'obéissimco et la piété, auront une grande facilité à y entrer, y étant reçues moyennant une |>cnsion que leur fauiillc leur assignera leur vie durant , sans qu'on en cxigo rien de plus.
Cela étant ainsi, votre altesse sérénissime fera une chose trés-agréablo à la divine majeslil et à sa très-sainte Mère Notre-Dame , si , recevant cette dévote congrégation entre les bras do sa charité, elle daigne s'en avouer la dame , la patronne et la mère.
Et parce que ladite congrégation espère bJenlùt bùlir l'oratoire, ce lui sera un grand honneur et une grande consolation que In pn-niièrc pierre soit posée au nom de votre oltesi^e séréniijin.o; c'est pourquoi je la supplie, en finissant, qu'elle daigne envoyer quelque dame de sa cour pour assister à la cérémonie et y mettre
la médsitlft Hcoutmnée , telto qnil pUn à votre altesBO de la marquer.
Ainsi elle aura toujours lameilleorepnt dans toutes les bonnes œuvres qui se feront en ladite congrégation et dans Vonloire, principalement aux oraisons deçà dames, qui jour et nuit invoqueront le Saint-Esprit pour l'étemelle consolatiOD de votre altesse, de Inquelle j'ai l'honiieiir d'être, madame, le très-humble, etc.
INSCaiPTION.
nEUPKGHIÈBB PIERRE DDBATIHBKTDIU VISITATION, Qt;i PUT COHMENCÉ L'AH 1 GU.
Dbo opiimo maximo , Jesu-Cumsto, laneliuima Matri Firgini Maux vtiilatiU.
Carolo Emmanuele Sabaudia , Ilm- '■ rico Oebennensii ducibus,amio millt- Kimo , texcetitesimo decimo - quartt , decimd-ocimà teptembrii , Margariii infante Sabaudice, viduà ducU AlaiHiue, protectrice , Francinco epifcopo , eimgregaiionis tororum oblataniin fiiilalioniidevotioni tacritm.
A Dieu trit-bon et tréi-grand, d lises- CnnisT , et A sa irés-iainte mire , tout U tilredeia viiilalion.
Durégjie de Charles'l^mmattuet , due de Savoie , Henri de Savoie étant du de Nemouri et de Génecoi» , {'an mil lix cent quatorze , le dir-liuiliéme jrnir du mois de teplembre , sotis la proleciioni» Marguerite, infante de Savoie, veuti dit duc de Manloue . et sout l'épiscofat de monieigneitr François , préieni ettifficiaiit d celle cérémonie , a été jetée tt ' bénie celte première pierre , monument consacré à la dévotion de la ciinjrfjfl* lion dee saurs oblatesde la Fiailatiûit.