DB LA VISITATION
11 l'eihorte à iupporter le proehati.
• MtoènMic.
Ma très-chère fille , les aTerskn» et répugnances de quoi on nous écrit obus eIe^ cent un peu. 0 Dieu ! quand sera-ce qm le support du prochain aura sa foroe daoi nos cœurs 1 C'est la dernière et la plus excellente Icçoo de la doctrine des saints : bienheureux l'esprit qui la sait I Nous désirons du support en nos misères, que nous trouvons toujours dignes d'èlre tolérées : celles du prochain nous semblent toujours plus grandes et pesantes.
Dieu vous fasse sainte , ma très-chère fille, e\f toute votre chère troupe. Dieu soit exalté en vos misères, sur le trône de sa bonté ; et le théâtre de notre pure et sm* cère humilité Dieu vous fasse tout faire pour sa gloire , afin qu'un jour vois en soyez couronnée. Ma très-chère fille, voas êtes la fille de mon cœur, et je ne laisser» jamais de souhaiter que vous soyez la fUte du cœur de Dieu , qui nous a donné des coïurs afin que nous fussions ses enfans, en l'aimant, bénissant et servantes sièdes des siècles. Vive Jésus I
LETTRE CCCXXIV.
s. FBAKÇOIS DE SALES, A 11 . N***, SECSéTilll i>£ SON ALTESSE SéaiNlfiSUIB.
(Tirée da premier inoireftère tte ta VhitaUoB, rat
AattfiMs)
Il 4e prie de hii rtfxidier ose lettre 4e reesi deiien qu'il «voit obieMie 441 duc de Savoie fotf le vice-legat d'Avipion , au sujei de quelque! 1>ourses dans le collège de Savuie en celle villt, aHiifueties le Baini rt sen chapitre avoieot dni de mêomttr, et ^u'ob ienr oeiaesloiL
Annecy, 13 octobre 1611.
Monsieur, je vous supplie de me faire b charité que je puisse avoir la lettre que son altesse a accordée au vice-légat dlÂvij^nan, en recommandation de laQairc que b Sainte-Maison de Thonon, mou chapitre et moi y avons , sur le sujet des plaçai d*Annecy, ou de Savoie , fondé audit AW* gnon, qui appartient à la nation de Savoia, afin que nous soyons remis en possession dalea avoir.
DE S. FRiM^ÇOiS DfC SALES.
Je vous enverrai le mémorial, et M. Boshy me fll teïaveDf de me promettre Fcxédition de ladite lettre , laquclic nous déirons avoîr, âfm de faire p'rlir au plus H Ip personnage que nous envoyons pour lire la âotlicitation.
Cependant je vous conjure de m'aimcr >Djourâ, de me tenir en la bonne grâce tïdit seigneur Boschy, que je salue humlément , tel dô ïne croire , monsieur, vore, etc.
LEÏTftlÊ CCCXXV.
ife CAftMfÂL toÊllARniM , A B. FHXKÇÔId
t»B SALES.
Rome. M iMtffliibt^ i«fV.
hiid foper re sibi propositâ seniiat, rem iiiteHm itUm M pro viribiM curaliiruin.
Etsi Portasse non multis in Urbe rcvtî*r«ndi<^sima awiplitirdo veslfa nota sit, mit» tamen è muitis annis virtutes vestrâe miilt^ etmagnae notissimaèsunt : nequc mihi lam lèm, sed «liam sanctissinK) pfttri nostro nota est vigilantia ï)astordli3 ^Ithariiôs in pegeiw proprt*mi iiftVerendissimae dominatioDis vestra;.
Sed quod att^t ad negotium vîrginnm etvMwâiWjfi , x)uod mihi amplitmto vestrâ (MRMCUdot , tton scio prorsùs quid agam ; tm ^yiiia Vkomohic est, qiiod sciam, ^^tri oMgMn «oMicitet; tum qnia certum est cum illià tribus conditionibus obtineri non poisè 9lb apostolicà sede, Tit "Conltnnetur ma moiMBlica professio. Ego quidem parfUs 8MII f^ro viribfis adjuvafi*e prOrpositîïm reverendissimae dominationis vcstne , si quis sit qui ad me venial , et nogotium urgeat. I]actenùs<enim neminem vidi, nec satis)Scio oui litteras tradam quas nunc sc4*il>o.
Sed tamen intérim consiiium dabo, quod ftiM ipse accipercm, si res mea agcrctut. %>igitur rctinercm virgines el viduas istas in statu in quo suRi, nec muiarem quod benè se hubet. N«Hn «ntè tempera Bonitacii YIII, erant in Ecclesià sanctimo- (Mes, tom m Oriente, tum in Occrdcnle, lf(iaf!rem sèepè montioirem facitfnt sancti tares ) ex Latinis , •Cyprtanas , Ambrolius, Wycronimus, Augiibtinns; otvX'Gr»cis, Atlhati^rus , Basilics, GlH^sostomus, HitHi. Sed iWm non crtfnl'ilé<'lavsn3 in nio- Mferîis, ul Ron'^x^nenftéruaiidè^ypus erat. Met i^MiMA tfmplitudo vostra , coram Ooo Mft wiftt»Ma «em mteàs «<ii>tigare , nec
minoris meriti esse, quàm solenmia ; aolemnitas enim, utetiam clausura, inchoata est ccclosiaslico inslituto ab eodem Dunifacio VIII.
Et nunc ctiam Romie floret valdc monas^ tcrium nobilium feminarum à sanclâ Francisco Romanà institulum; in quo tamen , neque clausura est, nec solemnjs illa professio.
Proindè si in isiâ regione sine ckusurâ et sine professione virgines et viduse tam 'sanctè vivunt , ut audio , et simul prodosse possunt spécula ribus , non video cur ista ratio Vivendi mutari debeat. Hoc tamen consiiium meum meliori judicio libenter submilto.
Accepi , dùm hanc epistolam scrîborem, alias litleras revcrendissima) dominationis vcslra? pro negotio Avênionensi , pro quo laborabo quantum potero. His benè valeal reverendissima dominalio veslra , meî memor in sanctis prccibns suis. Admodum illustrissimte cl reverendiàsimâe dominationis Vcstrs addiclissimus , alque ad ob<»diendum prompUssimus.
RéponM A la Keitre d« to juiUci 4C16. Lfi car4iM»«l ^îail connolire A no^re Sainlqiie sa demande <«
tdes dil1h.'ultés ; il aJoiAe cp pendant qv'ilVy tnt6
ressera de Wfàl «Mi p«uf<ùr.
Quoique peut-être pou de personnes dans Rome connoissent votre seigneurie révérendissime , je ne laisse pas d^'avoir depuis longtemps connoi>sancede I9 grandeur et de la multitudede vosvertus ; eX je ne suis pas ^eul , car le saint \^te (Paul V) est instruit de votre vigilance pastorale, el de la charité avec laquelle vous gouvemex votre troupeau.
Pour venir tfux vierges el aux vetïVes que votre seigneurie me recommande , je vous avoue que je suis rorlenpeine,\)arce qu*il n'y a perspnne ici , que je sadie , quî s'intéresse dans celte négociation. Oirtro c«la , il est certain qu'on ne pourra jamais obtenir du saint-siégo Tctablisscment des congrégations en litre deineligion aux cldu SOS et conditions énoncées dans votre lot trc. •Qttoiqa'il en soit , je suis prèl * eRVet ^ icmt mon potivoir'dirts'tes -«^es 4te H««re rcvéronLlissimc sei;^e«rie, poorrvt que quoiqu'un vieiifto ici solliciter cette alLûre; car jusqu'à pré.^nt je n'ai vu personne, et je ne sais même à qui donner la lettre que j'écris.
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LETTRES
Je veux cependant tous donner un conseil , que je prcndrois pour moi-même si j*é(ois dans le cas où vous ètos : jo laisserois ces filles et ces veuves dans Tctat où elles sont , et je ne chan|:;orois iH)int ce qui est bien fait. Avant Boniface YIIl il y avoit des religieuses tant en Orient qu'en Occident. Nous en avons pour garans les saints pères; à savoir, parmi les Latins, S. Cyprien , S. Ambroise , S. Jérôme , et S. Augustin ; entre les Grecs , S. Athanase , et S. Chrysostome , S. Basile , et plusieurs autres. Or , ces religieuses n*éloient point tellement enfermées dans leurs monastères , qu'elles ne sortissent dehors quand il étoit nécessaire. Et votre révérendissime seigneurie n*ignore point que les vœux simples n'obligent pas moins et ne sont pas du moindre mérite devant Dieu que les vœux solennels , puisque la solennité, aussi bien que la clôture , a commencé depuis le décret ecclésiastique du môme pape.
Aujourd'hui même le monastère des nobles dames, institué par Ste Françoise Romaine, qui fleurit merveilleusement dans Rome , lious fournit un exemple de cet ancien usage; car ces religieuses n'ont ni clôture ni profession solennelle.
C'est pourquoi , si dans votre pays les filles et les veuves vivent aussi saintement, et peuvent être aussi utiles aux personnes du siècle par leur charité et leurs bons exemples , sans être enfermées ou cloîtrées, je ne vois pas pourquoi cetle façon de vivre doit être changée. Toutefois, si quelqu'un a un meilleur avis à vous donner, j*y soumets volontiers le mien.
En écrivant cette lettre , j'en ai reçu de votre part qui regardent TafTaire d'Avignon ; je m'y emploierai de tout mon pouvoir. Je désire que Dieu conserve votre seigneurie révérendissime ; et jo la prie de se souvenir de moi dans ses saintes prières, étant , monseigneur, votre, etc.
LETTRE CCCXXVL
8. FRANÇOIS nE SALES, A LA MÈRE FAVRB , SUPÉRIEURE DE LA CONGRÉGATION DE LA VISITATION, A LYON.
(Tirée do nonaslèn de 1« VlsIUtion de Grenoble.) Nouvelles particulières sur diverses personnes.
tl Jan? 1er 1617.
Ma très-chère fille, je vous vois , certes.
assez occupée parmi tant d'ooeurrenoes; Dieu soit à jamais votre force. Il l'auin^ nier m'écrit que monseigneur l'archevéquft le vou-i 5te : je crois que ce no sera pas sans vous bien pourvoir. Je crains pourtant la variété des opinions au maniement des âmes ; mais Dieu aura soin de votre chère troupe , afin qu'elle aille toujours le même chemin , puisque c'est celui auquel il Fa mise.
Notre mère ne sait pas que j'écrive : elle n'est pas sans affaires, mais bonnes et agréables, ayant madame la comtesse de Tournon et ses deux filles , qui font les exivcices, et préparent leur confession générale.
lié Dieu ! quelles nouvelles du Puitsd*Orbe?cela me traverse le cœur. Oh!
qu'il faut bien regarder à qui l'on doooo accès en telles maisons , et quelles hantises , quels devis on admet.
La chère sœur do la Valbonne pen^oit venir ; mais le frère n'a pas voulu. Il y a obéissance en leur monastère, oui, et mortification.
Mais celle-ci est bien plus grande à Sales , où ma sœur a fait sa troisième couche d'une fille , laquelle une heure après soa baptême est morte. Pour moi , je n'en aurois nul sentiment, si ce n'est pour compatir un petit avec la mère ■
Vivez toujours toute à Dieu , ma trèschère fille : c'est le continuel souhait de mon cœur, qui chérit le vôtre incomparablement. Vive Jésus.
LETTRE CCCXXVU.
s. FRANÇOIS DE SALES , A UN RELIGIEUX.
Le Saint raitconnottre les raisons pour lesquelld les religieuses de la Visilalion ne disent pas U grand oflice, mais seulement celui de Notre- Dame. Il ajoute que cela est compensé parbei* coup d'exercices spirituels.
Mon révérend père , l'afiaire des dame de la Visitation à Rome consiste en o point : qu'il plaise à sa sainteté leur per mettre de n'être point obligées à dire 1 grand ofiice, pour les raisons suivantes :
Premièrement, il n'y a nation au mond où les femmes prononcent si mal le lati qu'en celle de France , et notamment id et serait presque impossible de faire bie apprendre la prononciation de tout 1
lot
gmnd ofhce , là où il seroit bien aisé de la leur apprendre pour le petit office de Notre- Dame, comme elles le prononcent en effet bien dès ô présent.
Secondement, en cette congrégation on désire recevoir les Biles de petite complexion , et lesquelles , faute de forces corporelles , ne peuvent être reçues es religions plus austères. Or , celles qui sont obligées au grand office , si elles le veulent dire distinctement et posément , ne le peuvent faire sans effort ; et si elles le veulent dire vite et couramment, elles se rendent ridicules et indévotes. Cest pourquoi il est plus convenable que celles-ci , qui , faute de for4-es corporelles , ne le pourroient pas dire posément , ne disent que le petit office.
Troisièmement, il y a exemple à Paris , où tes sœurs de Sainte-Ursule, religieuses des trois vœux solennels, ne disent que le petit office.
Quatrièmement, les sœurs de la Visitation font plusieurs exercices spirituels qu*elles ne pourroient pas faire en disant le grand office.
Je pensois vous marquer les autres points ; mais je me ressouviens que le père procureur général les a bien au long. II feut que je vous dise que les règles dont on demande Tapprobation sont toutes conformes à la règle de saint Augustin , hormis en la clausure absolue, que saint Augustin n*avoit point établie , à laquelle néanmoins les sœurs se veulent astreindre, selon le sacré concile de Trente. Peul-étre que le saint-siége commettra quelqu*im de deçà, quelques prélats de religion et autres théologiens , pour les revoir , corriger et approuver.
Je ne vois pas qu*il soit besoin de vous avertir d'autre chose sur«ne sujet , sinon que , quant au monastère de cette ville , attendu que Téglise d'icelui est consacrée sous le titre de la Visitation de Notre- Dame et du glorieux saint Joseph , il seroit désirable que Ton obtint indulgence plénière pour ce joùr-là , et pour les jours des titres des autres maisons et monastères de cette congrégation , outre Tindulgence du jour de la Visitation , qui est titre général de la congrégation.
Monseigneur de Lyon est là , auquel s'il piaf t de favoriser Taflaire, il peut infiniiMoieDcela. Or» je crois qu'il lui plaira»
puisqu'il a en sa ville métropolitaine une maison de la Visitation, où Dieu est grandement honoré.
Mais, mon révérend père, il faut traiter toutes choses doucement ei avec circonspection; ce que je dis, parce que quelques ecclésiastiques austères et exacts en leurs personnes ont rendu quelques signes qu*ils n'étoient pas satisfaits de quoi en cette congrégation il y avoit si peu d'austérité et de rigueur de peines : mais il faut toujours regarder à la fin , qui est de pouvoir recueillir les filles et les femmes débiles soit en âge soit en complexion.
Je désire encore obtenir une lettre de la congrégation desévéques à moi et au clergé de ce diocèse , par laquelle il me soit enjoint d*ériger un séminaire de ceux qui prétendent à Tétat ecclésiastique , où ils puissent se civiliser es cérémonies, à catéchiser et exhorter , à chanter , et autres telles vertus cléricùles; car, quant aux petits enfans , nous en avons de reste qui veulent être ecclésiastiques , et qui n'étudient pour autre fin.
Or, je désire que le clergé ait part à la lettre , afin qu'on puisse imposer pour cela quelque petite cotisation sur les bénéfices. Le concile de Trente suffiroit ; mais pour le faire valoir plus efficacement, la susdite lettre seroit requise. Je suis votre , etc.
LETTRE CCCXXVIÏI.