LETTRE CCCXXXIX
k rRANÇOIS DB
Uon esprit ne peut cesser de penser à TOUS, ma Irès-chèrc couiiinc, ma fdle, et ne voudroit faire autre chose que de vous parler ea la façon qu'il peut, et ne sait néanmoins que vous dire, étant, comme le vdtre, encore tout étonné; sinon, ma Ir6ft-«hère fille , que le divin époux de nos mes veut que nous regardions tous nos tvénemens dans le sein de sa céliisto providence , et que nous jetions nos affections ED l'éternité , où nous nous reverrons tous, jam ne plus jamais être séparés.
OUSdIIoI pourquoi nous sommes-nous kiulto'MStirés et confiés en la vanité de
au delà , où il faut donc lancer nos ai lions. En somme, nous voilà, ma très-chère 6llc , au vrai essai de la fidélité que vous
résigné toutcsvosaventures. Ma très-chère cousine, tenez votre cœur en haut,etmeW tez le sacré crucifix sur votre poitrine , afin qu'il accoise vos sanglots etsoupirs. Soya bien toute sienne, et croyez-moi, il Ben tout vôtre. Pour moi, je ne puis pas dire plus que jamais , s'il se pouvoit dire , cer* tes, je dirai qu'inséparablement, plus que jamais, je suis tout vôtre, sans condition ni réserve.
LETTRE CGCXL.
k s. nuHcon
La paix de notre Seigneur , avec son éternelle bénédiction , soit toujours au milieu do votre cœur, mon vrai très-cher père. Certes , la médecine spirituelle que ce bon Sauveur nous a donnée , a fait encore aujourd'hui son effet avec la corporelle ; mais l'une et l'autre avec tant de douceur , que je n'en ressens que fort peu de lassitude. Je me sens même soulagée , mon unique père , de ces maux de cŒur , et mon esprit demeure tout plein de douceur et de suavité dans sa soumission et Vin amour pour la volonté divine , laquelle j'ai toujours plus de désir de voir régnn souverainement en notre sainte unité.
Mais, mon Dieul nonobstant cela, ]e vois et je sens combien cette ûlle était véritablement l'enfant parfaitement aimé de notre cœur , combien elle le sera toujours et avec justice, ce me semble. C'est un son* lagement nonpareil pour moi dans cette douleur, de sentir cet amour où vous 1'^ vez placé , comme une goutte d'eau piédeuse dans un grand océan.
Je me soulage encore de vous dire ceci , mon unique et très-bon père: Dieustrit loué 1 mais je le dis de toute mon ame , en paix et en douceur, et avec une tiès-^unde connoissance et reconnoissancc de la grsce que sa bonté nous a faite do nous donner une telle enfant , et de l'avoir attirée l «Â