‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 202 sur 450 · LETTRE CCCXXXV · texte numérisé non relu

LETTRE CCCXXXV

8. PRANÇOTS DE 8ALKS, AU DUC DE SAVOIE. 11 loi demande U grâce d'un criminel.

TbODOB.TJalIletieiT.

Monseigneur, je demande très-humblement pardon à votre altesse , si en un temps auquel elle est environnée de tant d'aflaires de conséquence , je prends la confiance en Ba douceur, de lui présenter cette supplication , à laquelle jo suis force par le devoir que ceux de ma condition ont de compatir aux misérables , et soulager les désolés , lors même qu'ils sont abandonnés de tout autre secours.

ÂprôB dono avoir bien su que l'étrange accident arrivé au sieur N., éteit procédé de malheur, plutôt que d'aucune malice ou délibération ; voyant qu'en une si cxtième Iribulation il recouroit i moi , pour obtenir par ma très-humble intercession l'accès aux pieds do votre altesse , je no l'ai pu ni voulu éconduire , de peur d'offenser celui qui jugera les vivans et les morts, selon l'assistance qu'ils auront faite aux afiligés : puisque môme les deux personnes qui ont été les plus touchées en ce désastre , semblent conspirer au désir do la consolation de celui auquel il est arrivé ; car la lilie no souhaite rien tant que d'avoir son père , puisqu'elle a perdu sa mère.

Et quant à monsieur N., soit qu'il ait eu compassion de ce père et de cette fille , soit qu'il ait été animé de ce divin esprit qui nous fait vouloir lo bien de ceux qui nous font du mal , il a déjà protesté qu'il ne vouloit procurer aucune punition, ni faire partie.

Reste l'œil du public, qui, je m'assure, regardera avec édification la grâce d'un homme qui a tant de raisons et de justes excuses ; ainsi quevotrealtessejugcrabien, si elle commande que rapport lui soit fait de cette désaventure, selon qu'il en résultera des procédures de justice.

Et partant, monseigneur, la faveur que votre altesse fera à cette calamiteuse famille, sera également ornée da justice atd^

miséricorde, qni sooi les deux ailes sur lesquelles l'agréable renommée des bons princes vole et au ciel et en terre, parmi mille bénédictions et de Dieu et des hommes.

Plaise donc à votre débonnaîreté, monseigneur, de tendre sa main secourable à ce pauvre désolé, et d'excuser la liberté avec laquelle je lui propose cette boam œuvre : protestant que c'est avec toute k très-humble révérence que je dois à votre altesse , à laquelle je souhaite le comble de toute sainte prosi)érité, demeurant à ja mais , monseigneur, votre , eto,

LETTRE CCCXXXVL

s. FRANÇOIS DE SALES, A UKB DASI.

Arantage qu'il y a d'être tout à Diçu. EUortellM i à la joie spirituelle.

Quel bonheur, madame » d*ètre tout i Dieu 1 car il aime les siens, il les prptàgii il les conduit, il les met au port de la dMrable éternité. Demeures donc ainsi ^etie permettez jamais à votre ame qu'elle iCs^ triste , ni vive en amertume d*esprit| ou il scrupule ; puisque celui qui l'a aimée, et qui est mort pour la faire vivre , est si boo, si doux , si aimable.

U a voulu , ce grand Dieu , que vous tosioz sienne , et vous l'a fait vouloir, et votts l'avez voulu ; et il vous a fait prendre tous les vrais moyens pour le devenir. Vous l'êtes donc sans doute , ma très-chère fillfi dont je me réjouis infiniment , et en bénis sa miséricorde , comme étant en elle eaos fin , madame , votre , etc.

LETTRE CCCXXXVn.

s. FRANÇOIS DE SALES , A UNE SUPÉEnHIRB DE LA VISITATION.

Exhortation à la pureté d'intention et A onecoflrageuse humilité.

ATant le 80 ao«t MIT.

Ma très-chère fille , ce m'a été une grande satisfaction de vous savoir auprès de in> \ sœur N.; où vous êtes coopératrice en l^étS" blissement de cette nouvelle maison. Tene^ votre courage humblement élevé en Dieu»

ma très-chère fille : servez-le fidèlement f faites toutes vos œuvres pour son bon plai" sir ; car à cela étes-^vous appelée. Dqdiis^

DE S. nunçOTS de sales.

le 1*18 que vous pourrei , l'esprit d'une j cette ?ie périssablu? Noi» pri^h<ntionâ s

Irès-faumble, mais courageuse simplicité,

et de l'amour de la croix à ces âmes que

vous nourrissez , afin qu'elles soient agréa-

blc-3 à celui qui désire les rendre ses ' devez à Dieu, auquel vous avez si souvent

éiwHses. Dieu soit au milieu de votre ame , ma très-chère fille , et je suis en lui voire,

LETTRE CCCXXXVIU.

Que faites-vous, ma trèiv-chèrelille? car jtalà )e mot que vous voulez. Mon cœur pense souvent au vôtre : i<tsi, vous demande si vous êtes toujours au pied de la croix , où je vous laissai; c'est-à-dire, toujours attacbëe à la Irès-saînte volon^ de Dieu , pour ne Tourvoyer ni à droite ni à E^uche , ni aui contcntemens ni aux afflictions , ni entre les amis ni entre tes ennemis, du chemin do ses ordonnances. So le crois, certes, ma très-chère fille ; hé 1 je ïonsen conjure. Ces jours s'écoulent, l'éternité s'approche : passons si droit qu'elle nous soit heureuse, Cesontlessouhaitsque je fais sur vous , ma très-chère fille, à qui je Bulfl fortaflectionnément, vdtre, etc.

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