‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 213 sur 450 · Tome H · texte numérisé non relu

Tome H

11 «*exeuse aapr^ d'elle de ne l'avoir pas nommée 6a lille, sur le respect qu'il lui porloit, et lui promet de lo raire à sa prière. Fondation de Grenoble. Les bonnes œuvres sont sujettes à des contradictions.

Annaqr, 18 Janvier 1611.

Madame, si jamais ma bouche a refusé de vous nommer ma fille , c'a été sans le consentement de mon cœur, qui dès le premier abord du vôtre, sentit bien que Dieu lui donnoit une forte et invariable affection toute vraiment paternelle pour vous; mais on n'ose pas toujours parler comme on désireroit, surtout quand on doit du respect à ceux qui portent les mômes litres (\) que nous voudrions avoir. Certes, puisque vous le voulez, je ne saurois aussi plus me priver de ce contentement; et je vous dirai donc , ma très-chère fille, que je suis bien aise que ces filles (2) soient venues faire ici l'apprentissage du sacré métier que par

(1) Le Satnt teot sans douta parler des Itires de aalnleté et ae lertu . comme s'il en éioit dépourva.

(t) MAdame de Chnrilal alla (riTalllerà la fondation de Grenoble, par l'ordre de son saint éréqne qui j éloit pnor lors. Ricunipnirnéo deses relifl<>u>es enifqu^iire iiniioea du même lieu, qui afiiirtit pris l'babit à Annecy. Elle y •rrha IcTarril, reille de>< Rameaux. leiS. el j fut reçne parluDt le monde arec des applaidUseinens exirnoniU naires. Le lendemain..., on fit la cérémonie de l'élablis. ical^nt. Elle donna place * quelque* flllei, el laissa pcor Mpérteoia U mèn P. H. de ChasM.

après elles iront exercer, comme J'capèi dedans le pays de leur naissance et de m affection : pour moi , je n*en puis plusik ter voyant cette générale concnrrenoed souhaits que font tant de gens de bien. ( pendant il est fort certain , comme fo dites , que cetto bonne œuvre ne se fi pas sans quelques contradictions; c comme seroit-il bon autrement? Maîspo cette dame , je ne crois pas qu'elle la m longue , puisqu'elle est vertueuse et deb esprit , et puisque Dieu dissipe les conl gions humaines par la science céleste.

Or sus , ma très-chère fille , conlim toujours à servir ce divin maître et sauvf de votre ame , en pureté et douceur d^i prit : c'est l'unique bonheur que nous pi vous prétendre ; et l'infaillible assurai de le posséder éternellement oonsiàft l'aimer en ce monde fidèlement et 001 demment. Je ne suis pas hors d'espérai de vous revoir ce carôme (4), et de v< dire de vive voix , comme je le dis de tt mon cœur, que je suis , ma très-chère fii votre y etc.

LETTRE CCaV.

s. FRANÇOIS DE SALES , AU ROI tOUfS X

Réplique aux propositions que le père prori» des carmes de la province de Narbonne a* faites au roi Louis XIII pour réiabli»ten d'un couvent de son ordre à Gex. 11 inarq» sa majesté les conditions avec lesqucllc* < peut se faire; puis, entrant dans la pensée roi, il propose l'établissement de quelques r munautcs rcliKieuses el autres , et les moy pour y réussir.

Annecy, f 1 janvier Uift

Sire , pour obéir au commandement c votre majesté me fait par sa lettre du d nier jour d'août 4617, que je n'ai re{ sinon quatre mois après , je dirai ce qi me semble sur la pro[)Osition que le pi provincial des carmes de la province Narbonne lui a faite, pour le rétablis ment du couvent que ceux de son on avoient jadis à Gex ; et attendu qu'il ; quelques restes des édifices et des bii dudit couvent, je crois bien , sire, q seroil bon ({u'ils fussent remis en Ton duquel ils dépendent à la char^^e qw service y fùl fuit selon la proportion du venu qui en proviendroit.

<l) 8. rrançole davolt prèeliar le eaitiM à Cm •tua aaAéa Mil.

DE ». FBAHÇOB BE SALfcS.

«Il

n pKtCB qoe mainleBaiit ii n'y a pss flafllsannnent ]H)iir entrctonir une seule personne , s'il plaisoit à votre majesti! leur ordonner les cent cinquante livres sur les tailles, que ledit père provincial lui a demanda en aumÀne, il pourroit par ce poyen y colloquer quelque habile et dis- 3Vt religieux , qui , par le^ voies ordinaires ée la justice et des lois publiques, retireroît petit à petit les pièces Égarées dudit rouvent, sans que pour cela aucun ait à se {duindre, ni que personne en Tût grandement incommodé.

Mais quant aui trois cents livres que ledit pire provincial demandoit sur lesautrea menus ecclésiastiques , remis entre mes f Mins pour le rétablissement de l'esercice aihollque es églises du bailliage du lieu , je ne vois pas que cela lui doive ni puisse H» accordé, vu que tout est remis pour Hre employé aux services et offices divins, (t é Tenlretien et rÉparalion des édifices ncrés, sans qu'on en puisse rien dter, ■insi quo J'ai clairement Tait voiraudilpère provincial par les comptesde ceux qui , de ïl part de votre majesté , ont iSté établis el : munis à la recette desdits revenus; outre ï qoe , s'il y avait quelque chose de plus , il • devroit plutdt être destiné à l'accommode- I ' wnt des pères capucins, qui depuis pluritun années en çà résident audit lieu de Gex , et y travaillent avec beaucoup de zélé (t d'incommodité.

Et quant à ce que votre majesté veut saitir, s'il ne serait point plus A propos d'introduire en la ville dudit Gex quelques compagnies dereligieuxréformésijcpense, lin, qu'il n'y a point de doute ; puisque litiéiojéa ne sont pas moins attirés à la ODSoiseance du bon chemin par les bons nemples que par les bonnes instructions ; Hisleresiedes biens du cou vent des cai^ ■es, étant si {lelii, serviroit de peu à cela, qui ne peut être Tait que par le dessein nprèsde votre majesté, et par l'union de ^que bénéHce riche, quand il viendroil I vaquer, ou par quelque autre libéralité njrale.

Et lors , sire , si votre majesté me corn- Btndoit de nommer quelque compagnie, <|iie j'estimcrois plus propre pour ce lieu-là, je nommerais celle des prêtres dcl'oratoire, boas â tontes sortes de services spirituels, M qui plus BisémeDi peuveot se mêler par-

mi lesadventairM. Que •! d'abouint votn majesté mo commandoit de lui marquer un autre moyen grandement utile A ravance> ment de la foi catholique en ce bailliage da Gei.jedirais.sire, qucceseroild'ymetlfQ des (rfliciers catholiques ; et uns ca moyra ici, les autres n'opéreront que foibla»

ment.

Je prie Dieu cependant qu'il combla A» bénédictions votre majesté, votre couronna et votre royaume ; qui suis el serai t jamais, sire , votre , etc.

LBITRB CCaVl.

Lcn dimndeU viiit«tlnii M doiirni pH raenelr in rnrintiTinlqu'rlIrKlrntl'tpinnptlrati IrurintUUila'OtpMpaurrAdiwaliMdMptUlM

Ma trés-chère fille, il hntdenwnrer coi en ce que Dieu dispose ei ordonne : mot l'avons même failcejourd'hui; Aiepthou»

res du matin , nous avons perdu pour celta vie le përedomSiroplicien,etàtroishea> res le bon U. de Sainte-Catherine , deux grands serviteurs de Dieu , sans qu'il y ait presque aucun maladeen celte ville 0 pr»* vidence célcstel sens éphicher vos effets, je les adore et embrasse de tout mon cour, et acquiesce é tous les événemens qoi s* succèdent par votre volonté.

Ha très^bére 611e , il faut tout ê rail éviter de recevoir des filles avant Vif^; car Dieu n'a pas élu votre institut pourl'édacation des petites Biles, ains pour la perfection des femmes et filles qui , en Age da pouvoir discerner ce qu'elles font, y soat appelées; et non-seulement l'expérienca, mais la raison noua apprend que les filles si jeunes étant réduites sous la discipline d'un monastère , qui est ordinairement trop disproportionnée  leur enfance, la haïaseat et prennent A contre-cceur, et si etlesdésirentpar aprèsde prendre rbabit.Gan'est pas le vrai et pur motif que requiert la sainteté de l'institut ; et ne s'ensuit pas qua cequi se fait pour cette fois , it le faille fairs pour des autres, non plus qu'il ne s'ensuit pas qu'un bommes'élanlcfaài^ d'une jusia charge pour un ami , il doit se ■urebargor d'une SMonde cha^ pour un second ami ; SI

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