‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 218 sur 450 · rBÀNÇOIS UE SALES, A UN ABLIGIBUX · texte numérisé non relu

rBÀNÇOIS UE SALES, A UN ABLIGIBUX

^arqooi les T«ligi«us€s de U Visitation disent ploidt le petit otBee que le grand , incon? énient do bréTiaUe pour les lillcs.

se arrll 1618.

Mon révérend père , quant à la demande que fait le bon seigneur duquel vous m'é- . crivezsur Toocupation des sœurs de la VisitaiioD , en cas qu'elles ne disent le grand oiBce, il y a deux raisons.

La première , que les sœurs disant le petit office gravement et avec pause , elles y emploient autant de temps comme la plupart des autres religieuses on mettent à dire le grand office , sans autre différence , sinon que les unes le disent avec plus d'édification ei meilleure prononciation que les autres.

I Certes , il y a huit jourè qu'étant en un monastère près de cette ville, je y\& des choses qui pouvoient bien faire rire les huguenots; et des religieuses me dirent qu'elles n'avoient jamais moins de dévolion qu'à Toffice , où elles savoient de faire toujours beaucoup de fautes, tant faute de savoir les accens et quantités , que faute de savoir les rubriques, comme encore pour la précipitation avec laquelle elles étoient contraintes do le dire; et que, ne sachant ni n'entendant rien de tout ce qu'elles di* soient , il leur étoit impossible , parmi tant d'incommodités , de demeurer en attention. Je ne veux pas dire pourtant qu'il les faille décharger, sinon quand le saint-siége, ayant compassion d'elles, le trouvera bon . Mais je veux bien diro pourtant qu'il n'y a nul inconvénient , ains beaucoup d'utilité à laisser le seul petitoffice en la Visitation. En somme , mon révérend père , ce petit office est la vie de la dévotion en la Visit»tien.

La deuxième réponse , c'est qu*ea la Visitation il n'y a pas un seul moment qui ne soit employé très-utilement en prières, examen de conscience, lecture spirituelle, et autres exercices. Je m'assure que le saint-siége favorisera cette œuvre, qui n'est ni contre les lois , ni contre l'état religieux, et qui lui acquiert beaucoup de maisons d'obéissance en un temps et en un royaume où il en a tant perdu ; et puisque même il n'y a pas tant de considérations à faire pour des maisons de filles , d'autant qu'elles ne sont de nulle conséquence pour les autres ordres, ni ne peuvent être oocasioa de plaintes aux fondées sous autres statuts. La seule considération de la plus grande (çioire de Dieu me donne ce désir, et l'utilité de plusieurs âmes capables de servirbeauooap sa divine majesté en cette congrégation , avec la seule cliarge du petit office , incapables autant de pouvoir suivre le grand . office. Sera-ce pas une chose digne du chri^ tianisme , qu'il y ait des lieux où retirer ces pauvres filles, qui ont le cœurfort, et

, les yeux et la compicxion foibles? Pour le reste, mon révérend père, travaillez diligemment à faire réussir l'entreprise do votre séminaire ; car j'ai opinion qu'il sera meshui nécessaire.

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