LETTRE CCCLXV
B. FIIAXCOIS VE SALES, A LA MfeRE DE EBEcnARD, SUPÉRIRIJRE DU MONASTÈRE DE LA TISITATION DE MOULINS
(Tlré« ia Moustèff* 4f la VUllatlon dt St-ltcooM.)
Il la eentole am sujet deqoelqoet intérêts tempoi«li; il loi prooiei do la voir dans un foyag« qu^l dait faire en France il lui donne des nou- Toilos de sa famille et de son pa|s.
AiMcr, t Bal tsti.
Ma très^hëre mère , je ne puis m'empécber d*étre un peu en peine de volrc tracas •unrenu si mal à propos ; mais il faut être oonstant et ferme auprès de la croix , et sur la croii même, 8*il plaît à Dieu de nous y mettre. Bienheureux sont les crucifiés, car ils seront glorifiés. J'ai cuidé oonnottre que M. Colomb venoit à double intention : hier il me demanda comme ma sœur avoit disposé i et je le lui dis franchement, et il témoigne de le trouver bon , hormis qu'il eût Toulu que madame do Chantai eût eu les trois mille écus, ce dit-il. Je ne lui parlai point des mille écus de la légitime. Que s'il faut défendre au notaire de n*en rien montrer, je tous prie d'en prendre la peine; car je m*en rais dans demi-heure au collège.
il me parla du mariage de M. de Forax en termes extrêmement extravagans, et me dit qu'il avoit chargo de vous en porter et à ma fille ; mais ces paroles procèdent d'un mauvais fondement : car ils croient que Ton vous ait fait la dcmî^nde et à madame de Chantai , pour qu'on veuille mépriser le consentement du frère et de l'oncle. Je dis que l'on n'avoit fait aucune demande, ains quelques significations par-ci par-là , lesquelles ne requéroient point de réponse, toquelle aussi on n*avait point faite.
Soulagez- vous , ma très-chère mère , au mieux qu'il se pourra. Je vous irai voir sans faillir. Dieu soit à jamais au milieu de noire cœur. Amen.
Il faut toujours témoigner à ma trèschère grande fille que j'ai une continuelle mémoire d'elle, et un mot suffit pour cela.*
Mo voici do retour, ma très-chère fille , et parmi l'espérance de la paix , je nourris celle de vous voir en l'occasion du voyage de If. le prince cardinal , s'il est vrai qu'il se lasse , comme nos courtisans m'assu-
rent. Si moins, je ferai mon vofige à Mnt Brocard ; et allant ou revraant , je prendrai la condulation de voir cette grandement très-chère fille, que mon ame aime très-singulièrement, et avec elle ces antres chères filles qui l'environnent.
Cependant le bon père viendra ici fiire les rogations avec nous, et madame la présidente et les frères, où nous ne aeroospis sans parler de vous. De vous dire des nouvelles de Grenoble, ce seroit chose superflue , car notre mère vous en fera part suffisante : de celles d'ici que vous dirois-je, sinon que tout y va très-bien?
Reste que vous continuiez aussi comme vous faites, que vous m'aimiex toujouif cordialement, et que vous priiez Dieupov mon cœur, afin qu'il vive tout à lui : k vôtre sait bien que je suis sien.
LETTRE CCCLXVI.