DE S. FIUIIÇ0I8 DE SALES
MT ûm oocwoitt tiotatteSy oa quand nnfinnîté corporelle vous tient
Au reste , je vous supplie de croire que rien ne m'enipôchera d'avoir le contentement de vous revoir, que l'impossibilité ; et prendrai tout le loisir que vous désirerez : tant il est vrai quo je désire infiniment le vôtre , et que Dieu m*a donné une trè^ singulière affection pour votre cœur, que sa divine Majesté veuille combler de ses béaédictionB Alors donc nous parlerons à souhait de votre conduite , et de tout ce qu'il vous plaira me pro(K)ser, sans que je m'excuse de rien sinon quand je n'aurai pas la lumière requise pour vous répondre.
Demeurez donc toute à Dieu, et en lui je serai à jamais i ma très-chère fille, sans rôserve et de toute mon ame , votre trèobumblet etc.
LETTRE CCCXCL
à HASAm L'ABDESSI DB PORT-ROYAL (4),
ALORS A AIAUBUISSON.
n iffolc la confession générale d'une personne à Paru. Il ezborie i'abbestt à qui il écrit, à une doaee, paisiblo et forte humilité, et à la fréquente communion. Il enseigne ceque c'est que de CMnmunier selon l'esprit.
t8jalnl6l9.
Je ne vous écris pas, ma très-chère filio, car je n*en ai pas le loisir, ce matin une ime pressée de retourner aux champs , et venant faire sa confession générale à la dérobée , m'ôtant cette commodité. Je salue chèrement votre chère âme , à laquelle il ne se peut dire combien la mienne chétive e8t affectionnée , ne cessant de lui désirer la perfection du divin amour ; et vraiment ]e la reverrai avant mon départ (2), s*il se peut, afin que , la connoissant encore plus particulièrement , Je puisse, si Dieu en dispose ainsi , la servir plus à son souhait es occurrences.
Dites cependant à cette fille bien-aiméo que je vous ai tant recommandée , et que fai tant à cœur, que je persévère à lui dire que Dieu la veut tirer à une excellente sorte (le vie y dont elle doit bénir cette infinie booté , qui Ta regardée de son œil aimable ; mais je lui dis aussi que le chemin par lequel elle doit suivre cette vocation n'est
(t) La aère AateO^M Amaold.
CSi)Df rariSi
point extraordinaire ; car , ma chère Alla , c'est une douce , paisible et forte humilité, et une très-humble , forte et paisible douceur. Dites-lui, ma très-chère fille , qu'elle ne doit en sorte quelconque penser si elle sera des âmes basses ou des haules ; ains qu'elle suive la voie que je lui ai marquée, et qu'elle se repose en Dieu, qu'elle marche devant icelui en simplicité et humilité. Qu'elle ne regarde iK)intoù elle va, mais avec qui elle va : or , j'entends qu'elle va avec son roi, son époux et son Dieu crucifié. Où qu'elle aille, elle sera bienheureuse. C'est aller avec Pépoux crucifié, que de s'abaisser et s'humilier , se mépriser soimême jusqu'à la mort de toutes nos passions , et je dis jusqu'à la mort de la croix. Mais, ma très-chère fille , notez que je réplique que cet abaissement , cette humilité, ce mépris de soi-même doit étro pratiqué doucement, paisiblement, constamment, et non-seulement suavement, mais allègrement et joyeusement.
Dites-lui qu'elle communie hardiment, en paix, avec toute humilité, pour correspondre à cet époux qui , pour s'unir à nous, s'est anéanti et suavement abaissé jusqu'à se rendre notre viande et pâture , de nous I qui sommes la pâture etla viande des vers. j 0 ma fille 1 qui se communie selon l'esprit de l'époux s'anéantit soi-môme, et dit à notre Seigneur ; Mâchez - moi , digérez- : moi , anéantissez-moi , et convertissez moi en vous.
! Jpiie trouve rien au monde de quoi nous ayons plus de possession et sur quoi nous [ ayons tant de domination , que la viande '/que nous anéantissons pour nous oonser- / ver , et notre Seigneur est venu jusqu'à cet ^ excès d'amour , que de se rendre viande \pour nous : et nous , quo ne devons-nous pas faire , afin qu'il nous possède , qu'il nous mange , qu'il nous mâche , qu'il nous avale et ravMe , qu'il fasse de nous à son gré ! Si l'on murmure , sentez-le humblement et amoureusement : les murmura tiens se convertiront en bénédictions. Du reste je vous en parlerai en présence.
Ne prenez point garde à bien bâtir voa lettres pour me les envoyer ; car je ne cherche point les beaux édifices ni le langage des anges, ains le nid des colombes et le langage de la dilection. Vivez toute à Dieu, ma très-chère fille , et recommandez sou-
LETTRB8
vent à sa bonté Tamo de celui qui , d*une {tffet'tion invariable , est tout dédié à la vétrc.
Je pensoisne vous écrire que pour vous paluer, mais insensiblement je vous ai écrit.
Mon frère vous salue très-hurohlement , et moi nos très-chères sœurs. Je salue la petite sœur, fille de M. Thonzé, et lui souhaite une heureuse persévérance.
LETTRE CCCXCII.