FRANÇOIS DB SALES, A UNE DAME
(Tirée di moustèra 4a U VIslUUoa, rça de Baa.)
Le Saint rend réponse A une dame qui avolt demandé de faire quelque séjour A la Vlnitati^n de la rue Saint-Antoine, a Paria ; il lui dit qu'il y avoit des difficultés, parce que M. Tarcbeféqoe de Paria avoit défendu \v% entrées dans le monastère, A moins que ce ne fùi pturétre
religieuse.
Avant la ifl aaptambra I6lf
Madame, j'ai promis à madame Goulay de vous tenir avertie de ce que j'aurois fait en son affaire, et je tiens parole. Je n'ai encore rien su apprendre distinctement de la résolution prise par messieurs du conseil de monseigneur le cardinal de ! Retz. Je crois néanmoins que je le saurai I ce soir, ayant supplié M. de Pierrevint, { son vicaire-général, de m'en éclaircir. Mais pourtant les sœurs de la Visitation disent qu'elles se sont aperçues que ledit conseil ne trouve nullement convenable qu'elles reçoivent cette bonne dame, parce que leur monastère est tout composé de novices, et si récent en cette ville, que la réputation en est délicate, comme regardé curieusement en ce commencement, et regardé de beaucoup d'esprits fort tendres; que de plus ledit conseil a mis en oonsidé-
LETTRES
ration quo mondil seigneurie cardinal avoit toujours déclaré qn*ii no souffriroit jamais qu'on y entrât, sinon pour y vouloir demeurer tout à fait : qu'ensuite de cela il fut conclu qu'on ne la reoevroit point pour quelque temps ; mais que si elle étoit bien tendre, et qu'elle voulût être religieuse à bon escient, on la pourroit recevoir. Gomme vous me dites, vous l'aimez : qu'on auroit bien éprouvé sa vocation; et qu'une des bonnes marques seroit qu'elle se contentât d'aller pour quelque temps en quelqu'un des monastères de France, pour ensuite revenir ici. Voilà en substance ce que j'en appris hier de la mère supérieure, laquelle me nomma son auteur bien digne do foi ; mais parce qu'il n'est pas du conseil, je m'adressai hier à M. de Pierrcvint, qui, je m'assure, me donnera plus de clarté.
Cependant, madame, vous jugerez que si la chose est telle, je ne dois rien dire sur ces messieurs, étant les interprètes du prélat; et n*étant ici qu'en attente de mon départ, je dois en tout et partout suivre leurs sentimens, outre que ce seul bruit donne tant d'appréhensions à ces sœurs, que s'il est vrai, je n'oserois leur persuader une réception de laquelle elles auroient tant de dégoût. Vous ménagerez, s'il vous plaît, cet avis, en attendant celui que je vous donnerai soudain que j'aurai reçu réponse de M. le grand-vicaire; et tenez-moi, je vous en supplie, madame, pour votre bien humble, etc.
LETTRE CCCCXIII.