‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 234 sur 450 · FRANÇOIS DB SALES , A LA MÈRE AR- GÉLIQUE DB PORT-ROYAL · texte numérisé non relu

FRANÇOIS DB SALES , A LA MÈRE AR- GÉLIQUE DB PORT-ROYAL

Amiliè forle «t itinte du saint prélat. Il parle de •on départ de Haris, en I6i9, qui etoit pro<-hain, faiMii encore inccnam. U la porte à rfpondte aux rtoiseina dé Dieu, qai vouloU remployer à def choneii iiuponanie». Au »ujft d'un livre qu'on lui porroii , il louiii^nt qu'on peut passer on ji>ur itttxi pei-lii'r iiiéiiie vcnlcllenient, et qu'il eu a uiéniK iVxpcrienre. Il lui conSfille rie ne poiiii se clurger de trop d'ausiérite», mais d'aller au p«ri royal de la vie rrliuicuse, par Hamour de Dieu et do prochain, rbumilité, la douceur, etc.

Aviiil le If septembre lilf.

tl n*y aura donc plus en moi de monsieur pour vous, ni en vous de madame pour moi ; les anciens cordiaux et cliaritiiblos noms de p6ro et de 611e sont plus chrétiens, plus doux , et d'une plus grande force potir témoigner la dilection sacrée que notre S(m- Kncur a voulu être en nous. Je dis ainsi hardiment que Dieu a voulu être on nous, parce que jo le sens puissamment , et ne crois pus que ce sentiment puisse venir d'ailleurs. Et de plus jo cotinois qu*il m>^t prontuble,et qu'il m'encourage â mieux faire, c'est |)onrquoi jo le conserverai soigneusement. De vous dire que vous en fassiez de même, je ne le ferai pas; car s'il plaît à Dieu , il vous Tinspirera, et je ne puis douter qu'il ne le fasse.

Or sus donc , ma très-chère fille , si c'est la vérité , que jo suis meshui en si grande incertitude du temps de mon départ , que je n*o^e plus me promettre la consolation de vous revoir de mes yeux mortels : mais si j'en ai le loisir , je le ferai très-affeclueuscmont; et si je crois que votre cœur bien-aimé en doive recevoir quelque notable utilité, jo ferai tout ce que je {X^urrai pjur cola.

Cependant, ma très-chère fîlle, souveno»vous de ce (jue je vous ai dit : Dieu a jeU; les yeux sur vous pour se servir de

nnlmez-les de oonflanoe 6ft tNett, en toHe que votre courage soit humble , e( voira

humilité courageuse.

P.irsemez toutes les pièces de votre eonversation, tant intérieure qu'extérieure, de sincérité, douceur et allégresse, suivant l'avis de l'apôtre (4): Béjomisesvous totijouré en iiotrê Seigneur f je v<m dis derechef, réjouissez-vous. Que vc9n modestie soit connue à tous lu hommtt.

Et s'il est possible soyez égale en hiuneur, et que toutes vc>s actions se reMenteitde la résolution que vous aVez faite d'àifl» const;imment l'amour de Dieii.

Ce bon |)orteur , que j'aime cordialemeot parce qu'il est tout vôtre, vous porte le livre du père dom Sens, général des fadlans , où il y a une grande et profonde doo* tri ne spirituelle , pleine de maximes tiii- ^ importantes. S*il vous sembloit qu*il portât hors de la sainte allégresse queji L vous conseille si fort , croyez que ce nW ^ point sa prétention , mais seulement di rendre sérieuse et grave cette joie, OOUM il faut aussi qu'elle soit * et quand je dii grave, je ne dis pas morne, ni affecléi) ni sombre, ni dédaigneuse, ni altièni mais jo veux dire sainte et charitable.

Le bon père (2) a une opinion foodée en sa vh-lu c*. humilité, qu'un ne puiai l , pus passer un jour sans péché véniel doot on se puii^e dccuser en confession. Mail l'expérience en ceci m'a fait voir le contraire : car j*ai vu plusieurs âmes bien euh | minées ne dire rien que je puisse remu^ ; querétre péché, et entre autres l'heureos» 1 I servante de Dieu , mademoiselle Àcarie. il \^ ne dis pas que peut-être il ne se pasik b~ quelques coulpos vénielles; mais je dit k qu'elle ne les pou voit remarquer en SM r=^ examen, ni moi roconnoltro en sa oonfc^ " sion , et que partant j'avois raison de lui >faire répéter l'accusation de quelque coulp : ancienne. . i

Vous ne direz point ceci à personne (3), s'il vous plait, ma très-chère fille; car j0 ' révère si hautement ce bon père, et tout . ce qu*il dit, que je ne voudrois pas qu'oa

\<iiis en rhoses de conséquence, et vous | sût qu'en ceci môme je me retirasse de luitirer a une excellente sorte de vie. Portez ; (n caudett in Domino Mmper: iteràn otco. %%wM0 di ne re^^>ect âson élection , et suivez fidè- ""*'*•"• '""• "•** •" •"""•■• ^•■'■»b«^ '«w leinent son intention. Animez continuellement votre couraged'humiiité, c'est-à-dire, \otte misère, et le désir ë'ètre humble;

SoflMUa vestre oete tlt omnlbnt boi 0. VI, T. I.

f «) C*étt le père doni SeAf.

(s) Lé préteolion qoe prend le Stint petr M otr perto «e et m délicelMM de ooD«ei«Dee, ton* ■ n^ ■Mrqeer.

Outre que je ne sais pas comme H aura touché ce. article, ne Fuyant pas lu en son livre, que je n*ai point vu encore; ains seulement le lui aynnt ouï dire, et que je parle à votre cœur confiiiemmcnt.

Ne vous chargez pns do trop de veilles ni d*aubtérités, et (Toyoz-moi, ma trèschère Glle; car j'entends bien ce que je dis en ceci. Mais allez au port royal de la vie religieuse par le chemin royal de la dilectlon de Dieu et du prochain, de Thumilité et de la débonnairetô.

(4) [Si jamais vous m'écrivez des nouvelles de votre cœur, vous n'avez pas becoin de vous signer, ni de marquer le lieu d'où vous m'écrirez, ni de poirier de vous; ains seulement de la filic que je vous ai recommandée. Je ne sais pourquoi je vous écris si largement, c'est mon cœur qui ne se lasse pas de parler au vôtre ; mais il faut que je finisse pour entrer au bain, puisque je suis entre les mains du médecin]. Dieu soit à jamais au milieu de votre cœur, ma très-chère fille, et je suis de tout le mien invariablement (2) votre père et serviteur.

LETTRE CCCCXI.

s. FRANÇOIS DE SALES, A LAMàRB ANGÉUQUB DE PORT-BOYAL.

Kof ttltéres spiriiualles ne soni point à craindre Uni que noat ne les aimons pas.

Avant la it taptembra 1619.

Ce n*est pas écrire que d'écrire si peu, ma très-chère fille; mais c'est pourtant taire en partie ce que Ton doit quand on fditccque l'on peut. J'ai dit à M. Michel Fabre (3), mon as>istant continuel, que 8*il se pouvoit, il vous iiilùt voir de ma part : car si je pouvois j'irois moi-même, et m'en esllmerois plus heureux , ayant toujours une très-sin<^u1ièrc complaisance et consolation à seulement penser que tous êtes ma très chère fillo, et imaginezvous que M. ayant demeuré ici huit jours , ce n'a pas été sans faire mention de vous, mais non pas, certes , assez selon non gré.

Or, je ne crains point toutes ces misères

(I) C« qni eii entre danx crorhati D'est point daos l'édt* tt«a rfit iai7.

[I; Lu de* exemplaires qal ont paru antérieurement, ^rie : Voira Irav-liumbla al tres-affectionué fréra al trr tueur.

13) AttuOalar 4a M. réfêgua «la GcnàTa.

dont vous m'écrives que vous êtes aciutblée, tandis que, comme vous faites et ferez toujours, vous ne les aimerez pas et ne les nourrirez pas : car petit à petit votre esprit se fortifiera contre votre sens, la grâce contre la nature, vos résolutions sacrées contre vos indignations.

Envoyez-moi bien de vos nouvelles, ma ; trè»-chère ûlle, et ne vous mettez peint en des pensées pour me faire des exhorta»

tiens à ne point m'incommoder pour vous répondre : car je vous assure que je ne m'incommode point, ains je m'accommode grandement quand le loisir me le permet. A la première occasion, j'écrirai à la chère sœur Catherine de Gênes, qui m*est, je vous assure, toute chèrement chère; la pauvre fille, hélas! elle est du vrai monastère de la croix et volonté de Dieu. Ma très-chère fille , Dieu m'a rendu vôtre, et je le serai invariablement à jamais et tout a fait sans réserve; il est vrai, ma très-chère fille, je le suis plus qu'il ne se peut dire.

LETTRE CCCCXII.

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