‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 239 sur 450 · LEURRES · texte numérisé non relu

LEURRES

divine Providence réduira tout à sa gloire. Ne soyez pus prompte à promettre ; mais demandez du loisir pour vous résoudre es hoses de quelque conséquence. Cela est propre pour bien assurer nos aifaires , et pour nouiTir Thumilité. S. Bernard écrivant à l'un de mes prédécesseurs, Arducius , évêque de Genève : Fais , dit^-il , toutei choses avec conseil de peu de gens , gui soient paisibles, sages et bons. Faites si suavement cela , que vos inférieures ne prennent point occasion de perdre le respect qui est dû à votre charge , ni de penser que vous ayez besoin d'elles pour gouverner : faite&-leur connoitre doucement , sans le dire , que vous faites ainsi pour suivre la règle de la modestie et humilité , et ce qui est porté par les constitutions. Car, voyezvous , ma très-chère ûUe , il faut , tant qu'il est possible , faire que le respect de nos inférieurs envers nous ne diminue point l'amour, et que l'amour ne diminue point le respect.

Ne vous troublez point d'être un peu contrôlée par cette bonne ame de dehors ; mais passez outre en paix, ou à faire selon son avis es choses esquelles il n'y a point de danger de la contenter, ou à faire autrement quand la plus grande gloire de Dieu le requerra ; et alors il faut , le plus dextremcnt qu'on pourra , la gagner, afin qu'elle le trouve bon.

S'il y a quelque sœur qui ne vous craigne pas avec assez de respect , faites-le-lui savoir pour celle des autres que vous jugerez la plus propre à cela ; non comme de votre part , mais comme de la sienne ; et afin qu'en toute façon votre douceur ne ressemble point à la timidité , et ne soit point traitée comme cela : quand vous verriez une sœur qui feroii profession de n'observer pas ce respect , il faudroit doucement et à ipart vous-même lui remontrer qu'elle doit «lionorer votre office et coopérer avec les autres à conserver en dignité la charge qui lie toute la congrégation en un corps et un esprit.

< Or sus , ma très-chère fille , tenez-vous bien toute en Dieu , et soyez humblement courageuse pour son service; et recommandez-lui souvent mon ame , qui do toutes SCS afVections chérit très-parfaitement lu vôtre, et lui souhaite mille et mille bénédictions.

Quand je vous dis ne montr lettre , je veux dire ne la mon difiéremment ; car si c'est votre de la montrer à quelqu'une, bien. Votre, etc.

LETTRE CCCCXIX

s. FRANÇOIS UE SALES, A 1 DE CHANTAL , ALORS A P

Courage et résignation de notre Sait de Dieu ; mépris pour les iMHinei et le séjour de la cour.

SOBOT

Je vois , ma très-chère mère nière do vos lettres, du 42 di que M. K. est toujours en pein* suis exposé à divers jugemens p riage. Pour lui , je n'ai rien à que bienheureux sont ceux q\ et soif de justice^ car ils ser siés {%). Et bien que ce rassasie tende |)Our le jour du jugement fera justice à tousceux à quielU et qui par conséquent en ont eu en ce nionde ; si est-ce que j'es parlement enfin rassasiera cep après qu'il aura eu faim et soif et Dieu veuille pardonnera ceu:

sécutent. Pour moi , jo dis qu'il pratique l'enseignement de saii vous défendez point , mes b mais laissez le passage à la pi

Et néanmoims , puisque vous à propos, j'écrirai au premier jo gier , afin qu'il ait de quoi rejeU nie , assuré de sa parfaite chari qui l'estime et honore plus qu'i dire.

Demeurez en paix , ma très-( sur tout cela. La. Providence si la mesure de la répntiition qui i saire pour bien faire le service me veut employer, et je n'en v ni moins que ce qu'il lui plairaq Or sus , c'est assez pour c^ coup

Madame S. A. et M. le princ que je fusse le grand aumôniei dame : et vous me croirez , jo p meut, quand je vous dirai que

(2) DeatI qui esuriuiit et sitlunt JastitltiE •atorabuntur. Hatt., c. ?, r. a.

(8) Non Tosmetlpboj» (lefendenteK. cbarii locum Ir». Eput. au Romamvs, u. xii, t. t

DE S. ra^nçois de sues.

indirectement anibitionu^ »Ue char^ : non , véritablement, ma trèadiëremère-.carjenesenBDullesorted'ain- Hlion , que celle de pouvoir utilement employer le reste de mes jours au Bcrvicode Wtre Seigneur. Non, certes, la cour m'est ;n souverain mépris , parce que ce sont les uDveraines délices du monde, que j'ab- Itorre de plus en plus, et lui , et son esprit , et ses maximes , et toutes ses niaileries.

Soyez à jamais bénile, ma trës-cbèro niËre ; et quo votre cœur et le mien soient i jamais remplisdudivinettrès-puramour, que la divine bonté vousa Tait la grâce do vouloir parfaitemeat aimer.

LETTRE CCCCXX.

s. nuNCOlS DE SALES, A MADAME

DE CUAKTAL, A PABIS.

VW Ht dail pu m conduire lelen let régie* de

It pradanca banuiae, man par Ici maiimtado

t'IBcai^lle.

Adbkj, itdimnlinmg.

■ Vive Jésus , auquel , et i«ur lequel , et iJirlequel jesuisparfailcmentvàire, ma W»-chère mère. Je viens d'écrire troia grandes lettres, quo je vous envoie ouvertes, afin quo vous les voyiez, et eniccIlL's plusieurs choses qu'il faudroitquo jo vous écrivisse ; et je n'en ai pas le loisir, étant bien tard.

Enrm donc j'écris à M. de Hontelon ; mis avant que de lui envoyer ma lettre , lailes-la voir, s'il vouâ plaît, àM. Deshaies, ctconsidérez s'il sera ù propos qu'elle lui nit rendue; car, quant à moi, ma trèscfaère mère, j'ai remis loua ces mauvais vents à la providence de Dieu : qu'ils souflent ou qu'ils s'accoisoot, selon qu'il lui phira ; la tempête et ta Iwnace me sont indiSërentes. Sietiheureux toyex-vout , fitptd le* homnuê diront tout mal eon- Invouâ pour Camoiir de moi , en mmtnt [i). Si le monde ne trouvoit à redire sur nous, nous ne serions pas boonement MmteursdeDieu.

L'autre jour, nommants. Joseph â la nesee, je me ressouvins de cette souveraine modération dont il usa, voyant son iKomparable épouso toute enceinte, la-

quelle il avoit cru fltro toute vierge. El je lui recommandai l'eiprit et la langue de ces bons messieurs, afm qu'il leur impiitrât un peu de cette douceur et débonnaireté : et tôt après il mo vint à l'esprit que Notre-Dame en cette perplexité ne dit mol, ne s'excusa point , ne se troubla point , et la providence de Dieu la délivra ; et je lui recommandai cette affaire, et me résolus de lui en laisser le soin , et de me tenir coi r aussi bien que gagne-t-on de s'exposer aui vents et aux vagues , sinon de l'écume '

0 ma chère mère 1 il ne faut pas être si tendre sur moi. 11 faut bien vouloir qu'on me censure : si je ne le mérite pas d'uue façon , je le mérite do l'autre. La mère do celui qui méritoit une éternelle adoration ne dit jamaisun seul mot quand on le convroit d'opprobres et d'ignominies. Aux patiens et débonnaires demeurent la terre et lociel(4}. Ha mère ,, vous êtes trop sensible pour ce qui me regarde. Et donc , fautil que moi seul au monde je sois exempt d'opprobres? Jo vous assure que rien ne m'a tant touché en cette occasion que de vous voir touchée. Demeurea en paix , et leDicudepaix sera avec vous, et il foulera les aspics et les basilics; et rien ne troublera notre paix si nous sommes ses serviteurs. Ma chère mère, il y nbien de l'amourpropre à vouloir que tout le monde nous aime , que tout nous soit à gloire.

Je prêche ici (2) les avens , les commandemens de Dieu , qu'ils ont désiré ouïr de moi ; et je suis merveilleusement écouté : mais aussi je prêche de tout mon cœur, duquel cœur jo vous dirai , ma Irès-chère mère , que Dieu par sa bonté infima le favorise fort, lui donnant beaucoup d'amour des maximes du christianisme, et cela ensuite des clartés qu'il me donne de leur beauté , et de l'amour que tous les saints leur portent au ciel , m'élant avis que làhaut on chanteavecuno joie incomparable:

Bienheureux It» pauvres d'etprit , car â eux apparlientie royaume den deux (3).

Sur le commencement du la semainequi vient , je ferai ma revue pour un renouvellement extraordinaire que notre Seigneur

■ iplriu, iiaaolui Ipwna i

|[XTTRES

m'invite de faire, afîn qu'à mesure que ces années périssables passeront , je me prépare aux éternelles.

Nos sœurs d*ici (4) feront fort bien ; il n'y a rien à redire , sinon qu'elles veulent trop bien faire , afin que notre mare revenant trouve que tout va bien : cela les presse un peu. Hier nous fîmes un entretien où je m'essayai de les mettre un peu qu large.

Je salue nos très-chères sœurs Ânnc- Catberine et Jeanne-Marie. Je leur écrirai aussi trois mots au premier jour , s'il plaît à Dieu ; et à notre sœur Mqrie-Anastase mille salutations. C'est une petite jacobite (2) ; car notre Seigneur l'a touchée à la cuisse : et elle ira mieux boiteuse , au chemin de la perfection qu'elle n'eût fiiit autrement, comme j'espère. Je salue notre très-grande novice , et toutes tant qu'elles sont mes très-chères sœurs et Glles en notre Seigneur. Je n'écrirai point pour ce coup à ces dames , que j'honore tant , et que Dieu veut que j'honore de plus en plus : saluez-les toutes chèrementèsoccurrences.

Dieu les veuille combler de ses grâces.

LETTRE CCCCXXI.

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