‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 269 sur 450 · LETTRE DV · texte numérisé non relu

LETTRE DV

ÇOIS DE SALES, A LA MÈRE FAVRE, HEURE DU MONASTÈRE DE LA VISITA- A MONTFERRAND.

eoses qui commencent une fondation ne t sortir du monastère où elles ont fait ion, sans la permission des supérieures. )nt toujours membres de ta maison d'où Tient; on peut les y rappeler quand on omme elles peuvent demander à y rer. Il en est de même des fliles que Ton iser d'une maison dans une autre pour périeures. Désintéressempnt du saint inir de la Visitation de Sainte-Marie dans dations des couvens de cet ordre. Il de- 'on retarde l'établissement du monastère m, et que les sujets qui se prcsenient s composer fassent leur noticiat à Mont- 1, pendant qu'on bâtira leur maison, 4u'il veut que les filles soient bien forans la vertu avant de les envoyer for- B nouvclliS colonies religieuses. Il sou* ue la méreFavre,à qui il écrit, puisse lientôt pour la consolation de monsieur re, demeurer à Charobéri dans un mo- ) de son ordre qu'on songeoit à y établir; Is ne purent ni l'un ni l'autre avoir cette aDtmorts avantque cette mère put y aller.

AD commeDcement de an.

•ès-chère fille , il faut que je vous ivement, comme à vous, que je n'ai ilorité es maisons qui ne sont pas diocèse, ni sur les personnes, ni dépendances , hormis sur les sœurs L sorties d'ici, qui, selon leurs vœux :iproque obligation qu'elles ont à ce ère, duquel elles sont toujours, et istére envers elles , pour les recevoir s bonnes occurrences , demeurent s membres inséparables de celle

maison , de laquelle elles ne sont nullement privées, puisqu'elles n'en sont point dehors» sinon par obéissance et selon l'institut.

C'est pourquoi , ma très-chère fille , en toutes occasions de fondation , il faut que les supérieures des lieux où l'on a recours pour avoir des sœurs prennent avis et conseil avec les pères spirituels, et autres sages amis et amies , et qu*avec le conson- *tement du chapitre, et l'obéissance de l'évèque , ou , en son absence , du père spirituel (4) , elles disposent des personnes convenables à la fondation ; et quand c'est hors du diocèse qu'il faut aller fonder , et que l'obéissance est donnée par le père spirituel , il faut que le vicaire-général de l'évèché atteste que le père spirituel est député pour la direction du monastère.

Et faut observer encore cela quand, selon que le concile de Trente l'ordonne, un monastère élit et désire une supérieure d'un autre monastère hors du diocèse où se fait l'élection : de sorte , ma très-chère fille, que pour les deux fondations que vous me marquez, vous n'aviez nul besoin de m'avertir , sinon en ce qui regarde la disposition de votre chère personne , pour laquelle je ne vois nul lieu de me dispen* ser, contre les promesses faites à tant de personnes , mais surtout à monsieur votre père (î), qui ne peut quasi plus rien espérer pour l'accomplissement de ses consola tiens en ce monde , que de vous voir au monastère de Chambéri que l'on va entreprendre , afin de vous avoir auprès de lui (3) , d'où il a éloigné tous messieurs vos frères, par les charges honorables dont ils sont tous prxnnus maintenant ; puisque , comme vous savez , M. de Félicia (4) est sénateur et juge-n^age de la province de Chablais ; M. àes Charmettes (5) est à la cour auprès de Madame; monsieur notre président de Géne\t)is (6) ici, dont il ne peut s'absenter , non plus que M. de Vaugelas (7) de la cour

(1) C'ett-à-dire dn rapéritur.

(s) Le président Farre.

tS) Cela n'a pu s'exécater qa'apréi la mort da Saint el de non ami M. le présldeot.

(4) Qaatriènie nis de II Favre.

(5) Cinqalème (iU do même maflstrat; Il étoit chevalier d*honneor «o iénat de Sa? ote, et fenlillioonie ordinaire de la aaiton de Madame royale.

(6) Le flis atnô dn même président : Il tlippeloit René do La VallMinne , et étoit léuatenr de Chambéri et préaideni au c<»a»eil de GéiicTola.

(7) Glande Favr^. haron de Pérnee^, el membre de Tncademie frençuise. était de Chnml>érl. et le Ot^dn pré«idenl Favrc. Il n'eut en pariago que cette baronute de Féro|ea

IiKTTilES

de France; de sMie qu'il m reste que monsieur le doyen de la Sainte-Chapelle (4). Mais, comme que ce soit, il est malaisé de répliquer au désir d'un père si juste comme est celui de voir sa fille , puisque cela se peut bonnement faire et selon la gloire de Dieu ; et bien que ce très-bon père, comme jtout dédié à Dieu lui-même, se remet très-volontiers à tout ce qui sera jugé plus à propos pour remploi de sa fîUe au service de la plus grande gloire do cette céleste majesté , si estpce que cela même nous oblige tant plus à le consoler en ce qui se pourra. Yoyet la lettre qu'il m'écrit, ma très-chère fille , et vous connottrcz ce que vous et moi devons vouloir cti cette occasion. Voilà donc quant à ce point.

Et quant à la fondation de madame de Chasseron , je vous dirai mon avis, qui est que Ton la contente en tout ce que Ion pourra , et surtout quant à la qualité , et quant aux autres privilèges de fondatrice dont elle prétend jouir dès maintenant ; mais j'upprouverois merveilleusement que Ton ne se hâtât pas tant de faire le monastère de Riom , non-seulement pour donner du temps aux autres instituts des filles carmélites , ursulines , et autres qui y sont, mais principalement pour en donner à votre monastère delà ville de Monlferrand, de se bien établir surtout on personnes : car c'est cela que j'appréhende en toutes les fondations, qu'elles ne se fassent sans filles bien formées et solides en cette vertu reli^^ieuse (]ue l'institut requiert autant ou plus qu'aucun autre institut qui soit en l'Eglise , puisque d'autant plus qu'il y a moins d'austérité extérieure, il fautquMl y ait de l'esprit intérieur.

en Bresse, qui ne ripportoit pas an Krftud revena, el une peoiiioii Diai payée de deui iniile frHDCs, que Henri IV aTOlt aci-onlée an préaident Forre ot à sea enfan». pour toa services que ce maflsirat aroit rendus à l'état. \anftliti vint a la cour fori Jva:iv , et fat Rentilbomme oriinaire, puis chamiielinn lie Gastou. duc d'Oriéans. qu'il niivil eu tontes ses retraites hors du royaume; il fut aii9>i. sur in Un de st>s Jour», puurerncur des eiilans du prince Tliunias. lils de Ciiaries. duc de Snroie; mais iiuoiqu'il ue iiéL'IiRfftt rien de ro qui ponvoit fervlr è sa fortune, il mi>urui ii pauvre que tont sou bien ne fDt pas !>uni>nnt pour pnyer »es rréannen. li r-esM de vivre MU mois de foTru'r itSO Aicé d'environ aoiiante-cinq ans.

C'eiolt un homme de beaucoup d'esprit II n*a laissé qui^ deux <)utr:i(;es cons^idérables. qui sont lo« Hemarquei iur In ianffuf fmnçoUê. et la traduction de Quintef,iirc>: Mir i;i(iuelio ii auiitcte trente aus. en la cbant;i .int M ror, i-.'i/iiu ^ans rf>f»o.

(1) TroiMimo lils du président Favre ; il etoit nbbé d'Ko> iremouis et d Alloude», et doyen de U 8«inte'Cha(iClle de «•vote.

Je voudrois donc q«t ron prit du temps

pour ce monastère de Riom , et que , s*i) se pouvoit , on retirât les filles qui en veulent être, en votre monastère de Montferrand, avec leurs pensions annuelles; puis, la nouvelle maison étant faite à Riom , comme une nouvelle ruche , on y envoyât des filles toutes faites , comme un essaim d'abeilla prêt à faire le miel.

J'entends de même de la propesitioa que l'on fait pour Aurillao, où j'aurna grande inclination , en voyant tant en ce bon père recteur qui vous écrit. Je crois que notre mère ira là ; et avec ces dames du pays et elle, vous pourrei prendre meilleur avis, par Topinion de Toa bons pères spirituels que vous avez là et vos aini.s , que non pas la mienne , qui ne vois pas dès ici ce qui pourroil être plus à propos. A cela donc je vous renvoie , m'étant avis que je le dois. L'inconvénient que vous apportez pour Âurillac seroit dissipé par celui que je propose, que les filles viennent faire lour noviciat à Monlferrand;

Je no vois pas qu'il y ait aucun inoohvénient que madame Dalet (4) entre is monastères de cette province-là ; au contraire , il me semble que la gratitude tt bienséance requièrent qu'elle y entre.

Vivez toute à Dieu , ma très-chère fille, et ne bougez ce reste de lemjîs d'auprès du polit enfant, qui vous dira, au coinmcîncemont de se.s ans , tjue l'éternité de ' laquelle il vient, à laquelle il est, à laquelle il va, est seule désirable. Bonjour, ma très» chère , et â toutes nos sœurs.

LETTRE DVL

MADAME DE CHANTALjA S. FRANÇOIS DE SAIX? !

(Tirée des lettres de madame de Chantai.)

Elle annonce au Saint l'établissement de si eornnHinaiilé â la rue Saiiit-.Antoinc de Pjri», ellr< didlcuile» qu'elle avoil essuyées |>o«ir cela; lui parle des motifs de son retour, el du dêfiir de Ivi Taire la revue de son aine, dans la crainte de n'en avoir pas le lemps.

Ad commencement de fttl

Seigneur Dieu! mon unique père, qu'il y a lon.u;-lonip> tjue je n'ai reçu de vo^ nouv(»lIes (2; î Esl-ce pour me mortifier ?0

(i) (. «■>i la mère Aiiiic-Tliérére de Prechoiiet. fondatric* du niitiii-'i:»' do MoniferrAnd

(• N ..i.x ne trouvons point de leHreilu Minlêtt^tine ••■ bienhuureiiie reère de Chantai depull le tlt^it iCtt.

DE S. FltANÇOlS 'DE SALES.

jj)ui:^juiU6cootonled«touioeqaiv(N» plaît, car V011& 4tefi mon vrai et irè»H;her père.

Enfin , nous voici en notre nouveau ménage (1) , avec un applaudiesement et un oontonlement de tout le quartier , grâces à Dieu : mais croyez que ce changement de lieu n'a pas été sans d'extrêmes difficultés d'une part d'où nous n'en attendions nullement. Trois ou quatre heures avant de partir , nous ne savions où nous en étions , quoique notre Seigneur me donnât toujours confiance que tout s'apaiscroit , comme il arriva par sa grâce ; car toutes ces passions n'avoient point de fondement. Messieurs les grands-vicaires ne nous connoissoient pas, et il fallutmontrer notre établissement, et le pouvoir de monsieur de Saint-Jacques (2), que par bonne fortune nous avions par écrit et en bonne forme ; car ici il faut faire ses affeires d'une aulre façon qu'ailleurs. Véritablement je n'avois trouvé un tel monde. Grâces à notre Seigneur et à sa très-sainte mère , nous voici en paix avec tous ; notre maison est payée (3) , et accommodée, et toutes nos affaires heureusement faites. *

Dans quinze jours j'espère remettre le gouvernement à l'assislanteCi), pour la voir un peu cheminer. Certes ( la gloire en MMt à Dieu) , celte maison va bien pour le spirituel et le temporel, elle est grandement aimée et estimée. On parle un peu de notre départ, mais l'espérance d'un prompt retour apaise ce murmure. Toutefois, madame la marquise de N. dit que , si je pouvois demeurer l'hiver , il seroit encore mieui.

Quand je lui eus dit mes petites raisons, que je pensois qu'il étoit en quelque sorte nécessaire pour le bien de l'institut que je fusse quelque temps auprès de vous ; que toutes nos maisons désiroient ardemment noire retour , croyant en recevoir quelque utilité ; qu'il y avoit quelque apparence d'un pins grand profit qu'ici , où domeuroit une supérieure p|us capable et plus vertueuse que moi ; qu'il y avoit quelque fon-

(I) Jaiqa'ilora les rellfleaies de la Visitation avoleat élA lofféct au fanboort Saint-Michel . paroiise Salat-Jaoqaea^u-iUDi-Pas. a Pan*.

(t) Le CDré de8alot-JacqtteiMlu-Haat-Pas,à Paris.

{3} Cr fit des deniers Ues dotd de quciciar» tilicii qui en- Irtreml alors dans l'ordre de la Visitatinii a^rc des vocatlo«s fort eitraofltiiaalres.

li) La uere de Iteauaioat. qni fvl élue su|t(>rfcttre tt 11 Mttvi«r iêss.

dation A faire (1) ; ellô me dit : Yuiiû de;. raisons qui Sônt moillrures que les miennes, qui ne sont fofiiléés qtio eut la pi'iN dendo humaine; et la chose mérite bien que M< dé Genève la considèro : mandezla lui.

Je le lui promis , et je le fais simplement mon très-unique père, quoique j*y aiecii une grande répugnance , qui n'étoit toutes fois qu'en la partie inférieure ; car , par la grâce de Dieu , je veux , ce me semble , rt d'une volonté très-absolue , que ce qui est la plus grande gloire de notre Seigneur so fasse ; et je ne me sens aucune répugnance à cela dans la raison. Que si je sentois que Dieu me voulût davantage ici , je vous le dirois tout franchement; mais véritablement, quand les raisons me sont prcVcntées dans l'entendement d'une part et d'autre , je ne me sens inclinée à rien , qu'a ce que Dieu désirera et à ceux que vor» me commanderez ; de sorte que , par sa gruco^ me voici prête à tout ce qu'il vous plaira. J'ai seulement à vous proposer simplenunt que je ne pense pas qu'il faille faire une grande difficulté de voya^^er l'hiver, parco que nous nous arrêtons souvent , et qu'il sera peut-être utile que nous séjoiirniuns deux ou trois semaines , à Bourges , ù Nevers et à Moulins , surtout en a^s deux rier^ niers lieux. Peut-être est-ce présomption à moi de penser pouvoir les servir. Vous êtes mon père et mon juge , et par la grâce do Dieu vous pouvez fîiirc tout ce quW vous plaira , vous me commanderez , s'il vous plait.

Que bienheureux sont ces deux ijons Israélites , d'aller voir mon seul , unique , vrai et cher père ! Certes , si je suiî» ici relardée, j'y demeurerai avec une alTecrion d'autant plus grande, que je ferai ungr;ind sacrifice à Dieu , et plus grand que vou^ no sauriez penser : car il me semble que si nous mourions l'un ou l'autre Ci) sans qiio je me confesse encore une fois à vous . je serois au hasard d'avoir beaucoup de scrupules et d'inquiétudes. Mais j'ai déjà dit à notre Seigneur tout tranquillement que , pour obéir à sa sainte volonté, je ne voulois avoir égard à quoi que ce fût qui me

(1) C'est la rondafinn de IlIJon.*

{*) U "Senibie que la bieulieurcn#c m:'re de Cbae •«> ail eu on prtf>keutinienl de ce qui <ii-voit lui arriver, car U saint ér^'iup de Genève moomt avaat ^a*ollo eût po aiu^ cette satisfai-tioo

UETTRES

regardât ; et je me confie en sa miséricorde, qu*il me fera la grâce de faire encore une bonne revue devant vous.

Ce n'est pas que j'aie rien d'importance depuis que vous êtes absent d'ici , et je ne sais si ce n'est point tentation , vous pouvez le juger ; car je n'ai rien de nouveau , sinon que ce qui regarde ma charge , en laquelle je crois que je fais beaucoup de fautes par imprudence , défaut de charité, de zèle , de soin , de l)on exemple ; et cependant je ne me confesse et je ne pense à me corriger que de fautes particulières que je oonnois. Cela toutefois ne me met en peine ; mais j'espère un jour bien examiner tout cela avec vous , et me tenir cependant en paix.

Vous n'avez point de nouvelles à m'écrire, dites-vous : eh ! n'avcz-vous point quelque mot a tirer de votre cœur? car il y a si long-temps que vous ne m'en avez rien dit. Bon Jésus ! quelle consolation d'en parler un jour cœur à cœur 1 Que ce divin Sauveur m'en fasse la grâce ; et cependant , mon unique père , qu'il nous rende plus purement et simplement tous siens. Votre très-humble , etc.

LETTRE DVll.

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