‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 270 sur 450 · PBANÇOIS DE SALES , A UNR SUPÉRIEURE l>Ii LA VISITATION · texte numérisé non relu

PBANÇOIS DE SALES , A UNR SUPÉRIEURE l>Ii LA VISITATION

Le Saint l'exliorte à supporter avec courage la charge de sa supériorité.

Il Janvier itli.

Ma très-chère fille , rien tout à fait maintenant parmi ce déluge de lettres que j'écris, sinon que je vous souhaite toujours de plus en plus courap;euse en ce saint service de Dieu auquel vous êtes. Oh 1 combien de véritables cunsulalions votre ame recevra-t-cUe au jour auquel , comme dit ^ l'évangile d'aujourd'hui (4 ) , le grand maître do la vii;no dira à son facteur : jéppelle Uê ouvriers, et leur rends le salaire !

Il faut être constante et toute remise en cette sainte Providence y qui vous a mise en besogne. J'ai su vos peines intérieures; et extérieures : j*ai connu que Dieu a soumis sa main à votre cœur , afin qu'il ne lléchît point sous la pe.-anleur du fanleiîu.

(1) C'est l'éTanicilc du dimanche do In .St*{iluai:p.«in.'\ ou 11 est du : Voea oprrario» t' redde illi* mercedtm. Ln

%, llATTI., C. XX. V. S.

C'en sera toujours do même qoand vous dresserez vos yeux et vos espérances devers son sanctuaire.

Je vous vois toute pleine de eonsolatton sur le passage de la bonne mère (4) , que le porteur va prendre : car je voos laisse i penser quel contentement de se reroir ensemble , notre mère , notre sœur Pau! Hiéronyme , et ma fille Marie-Âimée. Je suis très-parfaitement tout vôtre, etc.

LETTRE DVin.

s. FRANÇOIS DE SALES , A LA MÈRB CLADI» AGNÈS JÛLT DE LA BOCHE , A ORLÉAltS.

(Tlréa d« premier nonaslàre 4e la Ttlle de ReeMâ)

Le Saint lui donne atis do pisMge de madame de Chantai par Orléans, en retoamant de Puif m Savoie, ete.

«JasTlcriett.

Les larmes (2) reçues par les mains de madame de Roissieu , une lettre toute ma* temelle , venue par la voie de Lyc» , mais surtout une dilcction témoignée par l'on et Taulre moyen , ma très-chère fille , me donnent une cxtrftno douce consolation.

M. Roland vous dira toutes les nouvelles que vous pourriez désirer de deçà , dont, cx)mme je chois , plusieurs vous écrivent plus amplement que moi , qui n en ai nul loisir; aussi est-il à propos que je sois court , i)our ne point divertir la consolation que vous aurez à recevoir ma bonne mère (3).

Si faut-il pourtant que je vous dise que rien ne me pourroit être plus doux et agréable en votre ici Ire que la bonne nouvelle que vous me donnez de la favorable souvenance que monseigneur l'évoque d'Orléans a de moi ; et, bien quo je sache que ce bien provienne de son bon naturel, qui est ferme et généreux, si ne laissé-je pas de le reconnoître de Dieu, qui, m'ayant donné une singulière affection envers ce prélat, a voulu qu'il y eût en lui cette agréable correspon-

(1) Hadane de Chantai M disposoit alors A partir de Paii*. el, en t'en retournant en Savoie, elle deroUpaiacr par plusieuru munniiteres qui étoient sur m route, â Orléan». a UourRfi. a Nrters. a Moulins, à Lyon, etc. La siipérJcurr de In Vi.oilotion. a qui S François écrit. deTolt profiler ilo l'.i7nni:ir(* de »a ^iMte et de celle de la mère MariP-Aiinrc iW Iti-n.iy. La racro de Chaniul partit de Paris le î! fo^rln irî:.

{•• Ce «ont 5an« donle drs I.iiok's de Vendôme qae la niere «le Ln Rurhi' nroent cnTojcos par niedave et l\oi»Hini. R 51)-.) >;'iiii f«jn«Jjtcur.

(5) \.A nuTC (icChouUl.

, et qu'il eût une bonne inclination oor moi. Je connois certes en lai beaucrap d'excellentes qualités grandement ropres au service de Dieu et de l'Église, «quelles il faut espérer devoir être égalelent utiles quand elles seront bien emloyées, ainsi qu'il commence à les rendre aria prédication, et qu'il continuera sans oute toujours plus fructueusement. Ce lui sra un grand bien de s'obliger à la vie postolique, par cette solennelle action de autorité apostolique. Je sais la grande esérance que son peuple a de lui, et je sais ne, s'il l'entreprend, il la surpassera; et m courage la lui fera entreprendre. J'ai rendement envie de lui écrire; mais il *Y a moyen maintenant, tant je suis accalé : et cependant je vous prie , ma trèsbère Glle, de lui baiser humblement les lains de ma part, l'assurant démon fidèle ET\'icc; et, sans on faire semblant, savoir eztremont do lui s'il aura agréable que je ni écrive parfois.

Votre chère et cordiale sœur prieure (4) les carmélites , recevra, je m'assure, le ihapelet et ma lettre par M. Jantel, à qui, »je m'en souviens bien, je remis le tout; !t n'étant pas encore parti de Belley, ce l'est pas merveille si mademoiselle M. et TOUS ne l'avez pas encore reçu. Cependant je salue très-chèrement le cœur de cette fille bien-aiméc, qui sera sainte aussi bien que sa mère, si mes souhaits sont exaucés ; H si ma bonne mère (2) la peut voir entrant en la ville ou sortant , j'en serai consolé : aussi leur écrivois-je que cette chère sœur est mon ancienne et partiale fille. Je salue aussi très-affectueusement et tendrement la mère sous-prieure, qui sait bien que Dieu veut que je la chérisse comme je «fais.

La fille qui accompagna ici madame de ^issieu me demanda une recommandation )our elle envors vous ; et je la lui donnai omme à une fille, Thumeur et l'intérieur le laquelle je ne connois nullement. Vous Qtendrcz bien ce que je désire, qui est urtout le bien et la consolation de votre maison.

(l)C'eti la nère Marie de Jétns. l'alaée des Iroto llles > madame Acarie. foiidairice de» carmélite* ea France, raliBien»e de cet ordre. .m)im le nom de MBor de l'Iirnaiion. Le Miot rvCqoe de Genèf e ia nomme terar é% >lle 4 qui ti écrit, parce qu'elles éiuleat teuiee deux aet ks apirltuelles.

(i> La mère de Chantai.

Je confesse quej'ai grand tort de ne point écrire à ma sœur Marie-Françoise Bellet, que j'affectionne grandement , non-seulement parce qu'elle est ma fille, mais parce qu'elle étoit chère à la bonne mèreLeBlanc; ni à ma petite fille M. A. Marguerite Clément, qui, à la vérité, est grandement bienaimée de mon ame, nonobstant la petite duplicité des soupçons qu'elle me demanda avant son départ. Or sus, ce sont toutes mes douces filles en notre Seigneur, que je supplie continuellement de les rendre tout à fait saintes, et vous de même, ma trèschère fille, à qui je suis entièrement toute dédiée, et en vérité très-cordialement vôtre. Amen.

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