‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 287 sur 450 · LETTRE DXXXI · texte numérisé non relu

LETTRE DXXXI

s. FBANÇOIS DE SALES, A MADAME ÙÊ GHAIfTAL,

Qui étoU à Dijon poor la fondation d'an monastère de la Visiution (2) et qui ailoit repartir pour Annecy. Sentiroens sar la résignation à la v^ lonté de Dieu et sur Pamonr divin.

AnMey.tfloetokie Mtt.

Voyez, je vous prie, vous-même, ma

(1) QtUa lettre fai éoriu deoa Bolt aiaet la mort da Saint

(t) S. Françoli de Sales aTolt fbadé eel ordre toes le non de !• Vinuttion de Sa««l«^lfori«, |»arce qa*U l'avoU destloé a la vùite det paarrea malades. Salnia Jeanne Franfolie de Cbaoïal et sea eonperaee remplirent ces foneiloas lea cinq premières «unées de leur iastitnu • C'é*

• lolt vna merfellle qal tonciiaUde Uedreié les cosnrs de m Ions les bons, dit Anfiaie de Sales, de ruir des dames

• de qaailté et de délleatee demoiselles, élevées et aocoa* 9 tnmées parmi les délices dn siècle , mépriser ainsi le

• monde, visiter les malades les pies Infeois et posas,

• ieor servir toat ee qel leer faisoll besoin pour recon- > Trer la santé, et sonlager les donlenrs de leer maladie ;

• porter des llntee. nettoyer et blanchir oeox qnl étoleot

• aales, apporter leur viande, faire lears lits, les exbortor

• et lenr donner roursfe par des boas entretiens, n'avoir

• point d'horrenr d'entrer dsns les oebanes des pauvres et

• dans les lieu les plus al[éeoU;et onire cela, montrer en- » vers tont le monde «ne si grande douceur et courtoisie.

• cbanteraucbosursl modestement et tr«vemeat,etaerT{r

• a tous selon leurs facultés. •

La renommée d'nne si belle Institution se répandit bien. tôt en Froncot des dames de Lyon forent à Annecy pour être temoios de ce qu'on en racontolt. el elles obtinrent dn saint fondateur qne des reliirienses de cet ordre viu ■> seul en établir une maison dens leur ville. Les Dlles de 1 1 Visitation s'occupèrent a Lyon . comme a Annecy, (le« «snvres de miséricorde; mais M de Marqnemont, arclie. vèqoe de Lyou . depuis caniioal, désira qu'elles fBS«e..t cloîtrées, soit qn'll crût, dit nu auteur du temps, qne de Olles de condittoo ne pourroient lonf-temps soutenir les fatifues et les mouvemens perpétuels d'un einplul si pénibte, floltqall craigelt ieeesiatlea de sMcla. « Il

LETTRES

Irès-bonno et trèâ-chèrc mère, les lettres ci-jointes ; et voyez s'il y a apparence que, sans vous incommoder beaucoup, vous puissiez donner ce contentement tant désiré à ces chères amcs : car, si cela se peut Jx)nnement, pour moi, non seulement j'y consens, mais je le souhaiterois très- volontiers, surtout s'il est vrai que venant de Dijon à Montferrand , ce fût votre passage de voir votre chère fille (1) ; et encore plus, si venant de Montferrand à Lyon, c'étoit votre passage de voir Saint-Éticnno de Forez ; et je confesse que ce me scroit de la consolation de savoir des nouvelles de ces nouvelles plantes, que Dieu, ce me semble, a plantées de sa main pour son plus grand honneur et service.

Il vous faut dire , ma très-chère mère , que ce matin, étant un peu en solitude ^ j*ai fait un acte de résignation non pareil , mais que je ne puis écrire, et que je réserve pour vous dire de bouche , quand Dieu me fera la grâce de vous voir.

0 que bienheureuses sont les âmes qui vivent de la seule volonté de Dieu I Hélus ! si pour en savourer seulement un bien peu par une considération passa<;ôre , on a tant de suavités spirituelles au fond du cœur, qui accepte celte sainte volonté avec loutos les croix qu'elle présente , que sera-ce des âmes toutes détrempées en l'union de cette volonté ? 0 Dieu ! quelle bénédiction , de rendre toutes nos affections humblement et exactement sujettes à colles du plus pur

» à re 9ajet le saiot éréque de Gencvc. ajoale révéqae de » Betley. en tempi et hors de temps , et notre bleoheu- » reax, qot étolt extrêmement condescendant aux volontés y d'aotrui. se rendit aax persaasioni* de ce irrand préla^. » Hais en consentant à ce chanferaent. S. François de Sales TonUU que les relIfrieuM*!» de la Visitation reçussent parmi elles les personnes Aicées et inllrmes, aflo d'exercer ainsi, dans l'intérieur de leur maison, les œuvres de charité qui •voient clé le pr(^mier liutdc leuriustiiutlon.

Peu d'années après, Luui!>e de Marillao (a), qui avoit proOlé des entretiens du baiut évéque de Genève pendant son séjour u Paris en 1C19. qui depuis avoit été dirigée par levéqne de Uellcy,et remise par ce prolat sons la conduite de S.Vincent de Faule. devint la coopératru-e de ce grand saint pour la fondation des Filles de la Charité, êcrtantes de» panvrt$. « Ainsi, dit 1 auteur de la m vie deLouite de Marillac. le ciel a gagne au chan- » gement de la première Institution des reiiKieuses de l.i » Visitation, et les pauvres n'y ont rien perdu. Ce qu un » ami de saint François de Sales l'a empêché de faire » pour eax , un autre ami du niumo Saint l'a entrepris. » Les deux ouvrages subsistent. Fasse le Dieu de miséri-

• corde qn'ils soient on tout temps ce qu'ils ont été au-

• trefols.et Ils seront a Jnmais la consolation de l'église » adliKée de Jésus-t^hrislt r

(1) Madame deToulongeon, fllle de madame de Chantai, nouvellement mariée.

(a) A'iècê de M. de Marillac, garde-deescêaux.

amour divin ! Ainsi Pavons- nous dit , ainsi a-t-il été résolu; et notre cœur a iwupsa souveraine loi la plus grande gloire de li;mourde Dieu. Or, la gloire de ce Sîiiî.l amour consiste à brûler et consumer tout ce qui n'est pas lui-même, pour réduire et convertir tout en lui. II s'exalte sur notre anéantissement , et règne sur le trône de notre servitude. Mon Dieu 1 ma trèschère mère , que ma volonté s'est trouvée dilatée en ce sentiment 1 Plaise à sa divine bonté continuer sur moi, cette abondance de courage pour son honneur et gloire, et pour la perfection et excellence de cette très-incomparable unité de cœur qu'il Ini a plu nous donner. Amen. Vive Jésus I

Je prie la Vierge Marie qu'elle vous tienne en la protection de sa pitoyable niatornité; et votre bon ange et le mien; qu'ils soient vos conducteurs, afin que vous arriviez en prospérité entre les accueilsde ce pauvre et très-unique père, et de vos chères filles, qui toutes vous attendront avec mille souhaits , et particulièrement moi, qui vous suis en notre Seigneur, ne plus no moins que vous-même. Dieu soit à jamais notre tout. Je suis en lui plus vôtre que je ne saurois dire en ce monde : car les paroles de cet amour n'y sont pas.

Or sus , je crois qu'un bon mois, ou cinq semaines , feront la raison de tous ces détours : mais j'entends toujours qu'il n'y ait I)oint de péril des gens d'armes sur Ik chemins de ces lioux-Ià-, aph>s quoi nou.^ vous dirons pourquoi, et comme à présent je n'ai nuls moyens d'écrire davantage, quoique je me porto bien , î^^races à Dieu. Ce porteur d'un côté me presse infiniment, afin qu'il vous puisse trouver à Dijon. D'ailleurs on me presse aussi pour d'autres bonnes aiTaires, lesquelles je ne pui.^ abandonner. Tout se porte bien ici , et je suis de plus en plus votre très-humble , elc.

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