LETTRE DXXXII
s. FRANÇOIS DE SALES , A UNE SUPÉRIEUBC DE LA VISITATION , SA COUSINE.
Il rcxhorie A aimer Dieu puremenl, et à porter \e^ autres A la mùaie verto.
Annecy, i novembre lea.
Je bénis de tout mon cœur le nom sacr^ de notre Seigneur , de la consolation qu^ sa divme providence donne à votre ama
au lien où vous êtes , et de la constance qu*eUe établit on votre affection. Certes , ma très-chère cousine, ma fille, qui ne veut agréer que ce céleste amant , il est partout très4>ien ; car il a ce qu'il veut. 0 que vous êtes heureuse , et que vous le deviendrez toujours davantage , si vous persévérez à marcher en ce chemin l Et combien vous rende^vous parfaitement agréable à TÉpoux de ces âmes qu'il attire sur votre giron y pour les rendre ses épouses , si vous leur apprenez à regarder seulement 4es yeux de ce Sauveur ; à perdre petit à petit les pensées que la nature leur suggérera d*elle-même, pour les faire penser tout à fait en lui.
O ma très-chère cousine ! que de bénédictions pour votre esprit, que Dieu a destiné pour cultiver et gouverner sa sacrée pépinière I Vous êtes la mère , la nourrice , et la dame d'atours de ces filles et épouses du roi. Quelle dignité 1 A cette dignité quelle récompense, si vous faites cela avec Tamour et les mamelles de mère 1 Tenez votre courage fort et ferme en cette poursuite, et croyez très-invariablement que je vous chéris et affectionne sans condition et réserve , comme ma très-chère cousine et fille bien-aimée.
Je vis il y a seulement un mois notre sœur N., mais je la vis fort peu ; néiinmoins je la vis dedans l'ame, et trouvai qu'elle étoit toute pleine de bonnes affections. 0 quebien avantagées sont les niles de Saintelàarie de la Visitation, parmi tant de moyens et d'occasions de bien aimer et servir notre Seigneur 1 Hélas l ce sont des miracles de voir de ces bonnes filles en ces monastères , exposées à tant de venues et de visites. Ma très-chère cousine , ma fille, Dieu soit loué. Amen. Et je suis votre , etc.
LETTRE DXXXra.