LETTRE DLXI
s. FRANÇOIS DB SALES, A HADiàMB DE CliANTAL.
Le Saiot sa réjouit du rétablissement de la Mftié de madame de Chantai. Il l'eieita à tnir son cœur à Dieu plus que Jamais. SaotuMDt sur Tunion des bienheureux avec Dieii.
Que je suis consolé, ma très-cbère mèrr, de la bonne nouvelle de votre santé I Le grand Dieu , que ma imurre ame et la vôtra
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veulent é jamais servir , 80i( béii i et loué , et veuille de plus en plus fortifier cette chère sanlé , que noua avons dédiée à sa ■ainteté infinie I
Mais cependant notre cher cœur, comme M porie-t-il 1 Hélas i ma très-cbére mère , que je lui dédire de bénédictions 1 Quand SCKH^e que l'amour, triomphant entre toutes 008 affections et pensées , nous rendra tous unis au cœur souverain de notre Sauveur, auquel le nôtre aspire incessamment? O'.i , ma très-chère mère , il aspire incessamment , quoique insensiblement pour la [dupart du temps.
Certes, j'ai étébien marri ce matin qu'il m'ait fallu quitter ma besogne sur le point qu'il m'était arrivé une certaine sfQueQco du sentiment que nous aurons pour la vue de Dieu en paradis ; car je devois écrire cela en notre livre (4 ] ; mais maintenant je ne l'ai plus. Néanmoins, puisque jo me suis diverti seulement pour aller prendre les arrhes de cette même vue en la sainte messe, j'espère qu'il me reviendra quand il en sera temps. 0 Dieu ! ma très-chère unique mère , aimons parfaitement ce divin objet, qui nous prépare tant de douceur au ciel. Soyons bien tout à lui , et cheminons nuit et jour entre les épines et les roses , pour arriver à celte céleste Jérusalem.
La grande fille (la mère Favre ) va par un chemin fort assuré , pourvu que son Aprelé no la décourage. Les voies les plus faciles ne nous mènent pas toujours plus droi tcment ni assurément; ons'amusequclquefois tant au plaisir qu'onya,etàregarderde part etd'aulrc les vues agréables, qu'on en oublie lu diligence du voyage : il faut être court. Voyez ce billet qu'on m'a envoyé ce matin; et i>arce que jo n'ai point vu cette pauvre créature, et que peut-être .vous la verrez devant moi , j'ai pensé que Je ferois bien de vous l'envoyer. Hélas ! ma , très-chère mère , que la vanité (ait de lort
ià ces chétifs petits esprits , qui ne se connoisscnt pas et se mettent parmi les hagards 1 Mais pourtant comme vous savez , en hien remontrant il faut user d'amour et de douceur ; car les averttssemens font meilleure opération comme cela , et autrement on pourroit détraquer ces cŒurs un peu foibles.
Seulement je ne sais ctnnme vous poir< rez dire que vous savez la disaeasioD. Or bien , Dieu inspirera à votre cœur es qs'il dira pource regard , comme je l'en supplie, et de m'inspirer aussi ce que Je préchersi ce soir. J'écris entre plusieurs distrat lions. Bonsoir , ma tr6&.<^ëre mère. Jesuti votre, etc.
LETTRE DLXn
Il Igi procari UDe Dcetiion pour «ccirs i ■•■ Bl
Ma très-chère mère , avec une agréable occasiou, je prends le contentement de von* donner le bonsoir. Un fort honnête gentilhomme me vient demander une lettre ven H. le Grand, pour la recommandation ds quelque affaire qu'il a. l'ai penséquepenlétreauriez-vousplaisird'écriroàvotrecher enfant. Ce n'écoitqueje sais que vous avez peur que l'amour naturel ne soit trop rafroidi, et presque lout éteint, je n'oserois pas vous donner cette atteinte pour le réveiller.
Or sus , si vous écrivez , il faut avoir 11 letlrcencorecGSoir. Hé 1 Dieu vous bénisse, ma très-vraie, très-aimée et très-aimable mère. Jo salue nos filles , notamment la malade; et suis, comme vous savez vousmême, lout vôtre, par notre Seigneur.
Amen.
LETTRE DLXm.
Le Saint n rijou baiiheor de M «MiUDn a [■ ne relLirieuM, eid* la gloire qui reienoil 1 Dieo de leur inïlilut.
A mesure que la très-souveraine bonté de la divine Trinité renvoie l'esprit de «m adoration en la sainte Église, elle renouvelle , ce me semble , celui de la sacrée vocation de mH très-chère , très-bonne et Irè*honorée mère, laquelle sortantdc son pays, sans savoir où elle alloit , mais croyanl à Dieu ()) qui luiavoitdit, tors delaterrt elde ton parcnlage (2), elle vint en la mon-
Lhia : tindan ds ucH M.
{ui avoit pour soq nom Dieu la 4) ; et Dieu Ta vue ; multipliant sa irituelle comme les étoiles du ciel.
Dieu soit à jamais glorifié , ma trësnère , avec laquelle je me réjouis , u cœur de laquelle mon cœur se comme en soi-même 1 Oh ! qu'il soit, r de sa mère , éternellement fiché au mme une belle étoile , qui en ait une troupe autour !
I possible que nous chantions étermt le cantique de gloire au Père ,
et au SaintrEaprit? Oui, Tame de re le chantera es siècles des siècles.
Et Dieu en sera béni en l'éternité mités. Amen.
Jésus! Gloire soit au Père , au Fils aint-Esprit (2) , de l'assemblée qu'il de tous ces cœurs pour son honilais, hélas I que de confusion pour 1 , qui a si peu fidèlement coopéré à uûnte besogne ! Or sus, cette même nte Trinité, qui est une très-souveonté , nous sera propice ; et nous désormais sa volonté. Amen.