‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 308 sur 450 · LETTRE DLXIV · texte numérisé non relu

LETTRE DLXIV

FRANÇOIS DE SALES , A MADAME DE ClIANTAL.

■ooMlèro d« la TlflUtlon de U TlUe d'AB|tn.)

it loi annonce rarrivée de son fila, et txhorte à le recevoir avec tendreaae.

era moi , je pense , qui le premier énoncerai, ma très-chère fille, la du bien-aimé Celse-Bénigne. Il vint >ir tout tard , et nous eûmes de la à le retenir de vous aller voir dans }ù vous étiez tout indubitablement, suis marri de ne pouvoir être télés caresses qu'il recevra d'une isensible à tout ce qui est de l'amour

I I car je crois que ce seront des caterriblement mortifiées. AhJ non,

Abraham D«nf : ToUe Oliam taam uolfenitam if U. iMao, et vade In terram Tisiuoto. aiqoe ibi im In bolocaattum, loper uunm montlam qnem

«ro tibi appellavllque uomen luci illloa. Do-

itUt. Uode nsque bodle dioiiar. in monte lUhidtbit. VoravU auteo aof elas Doninl Abraham de cœlo. diceni : Par memetiptam Jurarl , dicit : quia feciali banc rem, ei non pepcrciiU fllio tao » propier me. benedic-am tibi, et moltiplicabo ae- ■ aient itellai et veintareuam que est In littore an., G. XXI, ▼. S, etc. *

tria Patrt. et FIllo, et Splrital aaaeto. Doxot. ac-

ma chère fille, ne soyex pas si cruelle; témoignez-lui du gré de sa venue , à ce pauvre jeune Cels^-Bénigne. Il ne faut pas faire ainsi tout à coup de si grands signes de cette mort de notre naturelle passion. Or sus , je vous irai voir , si je puis, mais sobrement ; car auprès d'un objet si aimable , nous ne devons pas bonnement être insensibles, car l'amitié descend plus qu'elle ne monte. Je me contenterai de ne cesser point de vous chérir autant conmie ma fille que vous le chérissez comme votre fils; et si , je vous défie de faire mieux que moi.

LETTRE DLXV.

s. FRANÇOIS DE SALES, A MADAME DE GHANTAL.

Le Saint déclare qae les filles de la YisiUtioB peuvent faire enuer dans leor monastère des dames affligées et antres, pour de Justes raisons, comme on y fait entrer lesoavriers.il ajonte qu'on a bien fait de ne point l'exprimer dans lesoonsUtutions, pour éviter les mauvais discours. U permet d'y ajouter ce qui y manque, ne le pouvant faire lui-même à cause de set embarras.

Ma très-chère mère, je ne fais nulle difficulté que les évèques, et, en leur absence, les pères spirituels des maisons de la Visitation , ne puissent , ains ne doivent charitablement faire entrer les dames en telles occurrences , sans qu'il soit besoin quelconque que cela soit déclaré dans les constitutions, par la douce et légitime interprétation de l'article du concile de Trente (4) qui est mis en la constitution de la clausure ; car on le pratique bien ainsi en Italie , et par tout le monde , même pour des moindres occasions.

Car je vous laisse à penser , si l'on fait bien entrer des jardiniers , non-seulement pour l'agencement nécessaire des jardins , mais aussi pour les embellissemens non nécessaires , ains seulement utiles à la récréation , conune sont les berceaux , les palissades , les parterres ( les entrées de telles gens sont jugées nécessaires , non parce que ce qu'ils font soit nécessaire, ains seulement parce que ces gcns-là sont nécessairement requis pour faire telle besogne) , si nous ne pouvons pas justement * estimer l'entrée des dames désolées par quelque événement inopiné être nécessaire,

(l)8«isloBxxv,chap.ft

UTtRËS

quand elles ne peuvent pM aiséttiéAt trou* ver hors du monastère des soulagemens et consolations si convenables.

En Italie tout communément on fait entrer les Glles desquelles on craint en quel-" que sorte le péril de leur pudicité ; les mal mariées , quand elles sont en doute d'être grandement maltraitées de leurs maris ; les filles qu'on veut instruire , non-seulement en la dévotion , mais aussi à lire , à écrire , chanter. De sorte qu'à mon avis , monseigneur rillustrissime pourra prendre résolution sur cela, qu'il suffit de pratiquer, sans écrire ou ordonner , es occasions de grande piété , qui tiennent lieu de nécessité morale; ce qui, à mon avis, n*a pas dû être exprimé , pour éviter la censure do tant de gens qui ont tant de complaisance à contrôler semblables choses , selon le zèle qu'ils se forment en leur rigueur.

Je vous ai déjà écrit que vous preniez la peine de voir si rien n'aura été oublié es constitutions, afin que vous le fassiez ajouter ; car je ne puis jamais gagner tant de loisir, que tout ce que je fais ne se ressente de mon tracas ; et me semble qu'il va toujours croissant.

Vous pourrez bien , ma très-chère mère , complaire à cette bonne princesse en ce qui regarde l'addition dos commémorations des Saints qui occurrent , et de Paris porter cet usage es moDastèrcs dans lesquels vous passerez venant de Dijon , et do Dijon ici, m'étant avis que la grande pieté et vertu de cette grande princesse mérite que l'on reçoive ses désirs comme quelque sorte d'inspiration.

LETTRE DLXVI.

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