‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 313 sur 450 · FRANÇOIS DE SALES , A MADAME DE CHANT AL · texte numérisé non relu

FRANÇOIS DE SALES , A MADAME DE CHANT AL

( Tirée du mooaitère de le VliIUtlon de It rue Salnl-

Antoloe.)

avis de notre saint fondateur i notre digne mère, copiésuri'oriiKinal écrit de la main decette sainte fondatrice, dans le propre liTre de ses consiilutioDs, qui est précieusement gardé en notre second monastère de Rennes.

Je désire que vous soyez extrêmement petite et basse à vos yeux , douce et condescendante comme une colombe ; que vous aimiez votre abjection et la pratiquiez fidèlement. Employez de bon cœur toutes les occasions qui vous arriveront pour cela. Ne soyez pas prompte à parler, ains répondez tardivement, humblement, douce-

ment, et dites beaucoup «n tous taisaiit par modestie et égalité.

Supportez et excusez fort le prodiain, avec grande douceur de coeur.

Ne philosophez point sur les contradictions qui vous arrivent; ne les regardez point, mais Dieu en toutes choses, sannulle exception ; acquiescez à tous ses ordres très^implement.

Faites toutes choses pour Dieu, unîsBan*. ou continuant votre union par de simples regards ou écoulement do votre cœuren loi.

Ne vous empressez de rien, faites toutes choses tranquillement en esprit de repos; pour chose que ce soit, ne perdez votre paix intérieure, quand bien tout boule▼e^ seroit : car qu'est-ce que toutes les choses de cette vie , en comparaison de la piii du cœur?

Recommandez toutes choses à Dieo,eC vous tenez coi et en repos dans le sein de la paternelle providence.

En toutes sortes d'événemens soyei fidèlement invariable en cette résolution de demeurer en une très -simple unité, et unique simplicité de Tadhérence à Dieu, par un amour du soin étemel que la divine Providence a pour vous. Quand vous trooverez votre esprit hors de là , ramene24*y doucement et très-simplement.

Demeurez invariable en la très-sainta nudité d'esprit, sans vous revêtir jamais d'aucuns soins, désirs, afifection ni prétentions quelconques , sous quelque prétexte que ce soit.

Notre Seigneur vous aime, il vous vent toute sienne. N'ayez plus d'au très bras pour vous porter que les siens, ni d'autre sein pour vous reposer que le sien et sa divine Providence. N'étendez votre vue ailIeurSy et n'arrêtez votre esprit qu'en lui seul.

Tenez votre volonté si intimement unie à la sienne , que rien ne soit entre deux; oubliez tout le reste , ne vous y amusant plus, car Dieu a convoité votre beauté et simplicité.

Prenez bon courage, et vous tenez humblement rabaissée devant la divine Majesté ; ne désirez rien que le pur amour de notre Seigneur.

Ne refusez rien, pour pénible qu'il soit; revêtez- vous do notro Seigneur crucifié; aimez-le en ses souffrances, et faites des oraisons jaculatoires là-dessus.

in

Faites bien ceci , ma très-chère mère, I vraie fille ; mon ame et mon esprit vous tût de toute son afieclion ; et Jésus-Christ it celui qui fasse en nous, de nous et par «8, et pour lui, sa très-sainte volonté 1 nen.

J*ai, grâces à Dieu , les yeux fixés sur tte étemelle Providence, de laquelle les icrets seront à jamais les loisde mon cœur.

Page 1